Totsiens, Hoe gaan dit ? comme on dit en Afrikaans !

Entre océans, montagnes, déserts et fleuves, villes prospères et townships, la République d’Afrique du Sud est définitivement une nation aux couleurs de l’arc-en-ciel. Les vignobles et les plages du Cap, les sommets du Cederberg, les terres desséchées du Namakwa, les dunes rouges du Kalahari, tout ceci n’est qu’un aperçu de la grande et belle diversité (bien que fragile) du pays… Alors pour profiter au maximum de votre découverte, débarrassez-vous de vos idées préconçues sur l’histoire et la société sud-africaine, munissez-vous d’une bonne paire de jumelles (pour tenter de repérer « Cheetah »… et non, ce n’est pas le fidèle compagnon de Tarzan) et préparez-vous à sillonner une terre qui n’aura de cesse de vous surprendre… autant du point de vue paysage que par la diversité de sa faune et de sa flore !

Tsitsikamma National Park, rivage rocheux

C’est sur la côte sud, au bord de l’océan indien que se niche Le Tsitsikamma National Park. Le Tsitsikamma est un mot khoisan signifiant « endroit d’eau abondante »… On est tout d’abord subjugué par le rivage rocheux millénaire, formé de calcaire et de quartz bordant l’océan indien. La vue sur la côte depuis le Tsitsikamma National Park est spectaculaire, surtout quand les flots se déchaînent. C’est dans ce décor rocheux que nous avons fait connaissance avec un proche cousin de l’éléphant (enfin, ce n’est pas évident à vue de trompe !). De la taille d’un lièvre, le daman des rochers (appelé « Dassie » en Afrique du Sud et « Pimbi » en swahili) ressemble à une grosse marmotte – et il passe la plupart de son temps à se prélasser au soleil et à jouer avec ses congénères (dure vie de marmotte de plage !!). Il semblerait que ce soit l’animal qui soit génétiquement la créature la plus proche de l’éléphant : je sens votre perplexité mais c’est l’ADN… qui le dit ! De nombreux chemins de randonnées, dont le célèbre Otter Trail (42 kms) permettent de découvrir le parc.

Outre, les magnifiques paysages côtiers, ce parc naturel se compose de rivières (7 rivières en tout dont les plus connues sont Stroms River et the Bloukrans) où se baignent des cormorans et où viennent s’amuser des loutres, de ravins profonds, d’une forêt endémique dense (116 espèces d’arbres géants dont le virgilier à bois jaune d’Outeniqua) où se cache la plus petite antilope d’Afrique du Sud le Céphalophe bleu qui atteint 35 cm au garrot pour environ 4 kg. Sa robe est brune avec un reflet bleuté… d’où son petit nom ! Et dans la même famille, des proches cousines, de taille plus imposante, que nous avons croisé au retour de balade.

Céphalope Bleu

En route pour la ville de Knysna (prononcez « ni-zna »), lieu bien (mé)connu de amateurs du ballon rond et supporters de l’équipe de France de foot ! Knysna est aussi un mot khoisan qui pourrait venir d’Afrique centrale et signifierait « une grande étendue d’eau »… faisant référence à des noms similaires de lacs: Nyanga et Nyassa. La ville de Knysna est surtout fameuse pour ses huitres et aucune visite n’est complète sans avoir savouré ces succulents fruits de mer, lavés à grande eau, servis avec la bière locale brassée… La ville se niche au bord d’un magnifique estuaire, entourée par une paradisiaque forêt naturelle, par les montagnes Outeniqua et un littoral abrupt. La lagune de Knysna s’ouvre entre deux falaises de grès appelées « the Heads » (les têtes ) autrefois considérées par la marine royale britannique comme l’entrée à un port la plus dangereuse du monde: « those twin pyramidical rocks defining the entrance to the Knysna lagoon form a Scylla & Charybdis, whence issues the stuming thunder of never-ceasiing breakers »– Captain William Cornwallis Harris, 1840. Il semble en effet que le littoral surveille les aventuriers imprudents du large… certaines structures rocheuses ressemblent à des châteaux forts quasi-imprenables… on s’attendait presque à voir surgir Passe-partout avec son trousseau de clés pour nous ouvrir la grille et nous inviter à visiter la forteresse pour rencontrer le fameux père Fouras… avec sa petite énigme « L’autruche ne rugit pas, ne hennit pas, ne barrit pas, ne caquette pas et ne zozote pas : elle rit. Quelle BD suis-je ? »– Allez, ne faites pas l’autruche et sortez votre tête du sable et réfléchissez un peu !

Habile transition, n’est-ce pas ? Nous nous dirigeons maintenant vers Oudtshoorn, LE pays de l’autruche ! Des centaines de fermes d’autruches, il y en a partout. Oudtshoorn demeure la capitale mondiale de l’autruche et constitue le centre touristique prospère du Petit Karoo. Sur ces immenses étendues, on reconnaît le mâle à son plumage noir avec l’extrémité des ailes blanches tandis que la femelle a un plumage tirant sur le gris… Les autruchons ont, quant à eux, un plumage marron clair, noir, et pailleté d’argenté.

Femelles autruche

Si jamais une autruche décide de vous courser, même si votre nom est « Ben Johnson », c’est peine perdue … elle peut soutenir un rythme de 50 à 70 km/h sur une distance de 3 kilomètres ! Quant à savoir si cet oiseau possède une étincelle d’intelligence… je répondrais à la question par une comparaison de poids (non, pas de pois chiche): ses yeux pèsent 60g et son cerveau 40g… voilà c’est dit ! A la question, « To beef or not to beef », la viande d’autruche apporte plus de protéines et de fer et contient moins de graisses que la viande de bœuf et contient peu de cholestérol ; à consommer sans modération donc ! Et dans l’autruche tout est bon…. le cuir d’autruche, doux et ponctué de perles (marques d’insertion des plumes) est recherché en maroquinerie car très onéreux ; les plumes sont utilisées pour les costumes et accessoires… (Vous savez « mon truc en plumes »…) ; mêmes les œufs (attention un œuf d’autruche pèse 1.6 kg et équivaut à environ 27 œufs de poule) constituent une sacré omelette le matin au p’tit déj. Bon tiens, après une tronche d’autruche, si on s’en payait une bonne tranche au braai ?

Swartberg Pass

Mais Oudtshoorn, on l’oublierait presque, c’est aussi une base idéale pour découvrir le Petit Karoo et ses paysages semi-arides semés de cactées. Le Swartberg pass est une route incroyable à travers le Karoo tracée par des bagnards qui en vinrent à bout en 1888. La route est étroite non bitumée et surplombe le ravin tout en offrant des paysages très changeants. A 1600 m d’altitude, les espaces verdoyants alternent avec les versants rocheux dressés à la verticale. Au col, il y a une simple plaque où l’on peut lire November 1881-December 1887 – this pass was planned and the greater portion built by Thomas Bain, the Bainskloof pass engineer, with the aid of 240 prisoners, mostly from George/Knysna area… the 24 km road was opened to the public during the month of January 1888. Cet ouvrage laisse même un babouin béat d’admiration, c’est vous dire !

Allez, à bientôt pour la suite de la découverte d’animaux étranges… et pour la BD, c’est « Le cri de l’Autruche » de Nicolas Poupon.

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