Sanibonani, Kunjani ? comme on dit en Swati !

Bienvenus au West Coast National Park – qui entoure le lagon de Langebaan, l’une des plus vastes zones marécageuses d’Afrique du Sud – qui est notamment réputé pour abriter des millions d’oiseaux… petits et grands ! Bien qu’il tente de dissimuler son identité derrière un masque noir (mais où est donc passé « Tornado » ?), nous reconnaissons un Gravelot pâtre (ou Pluvier pâtre) recherchant quelques coléoptères, mouches ou autres punaises pour son déjeuner dans le sol sablonneux. Cet oiseau utilise une méthode originale appelée « foot-trembling » par les anglophones et qui consiste à avancer la patte 45° vers l’avant et à faire vibrer le pied de façon à faire sortir la proie du sol sableux (ok, il faut être souple, je vous l’accorde !). Non loin de là, perché sur une branche, se cache un Souimanga malachite. Il est aisément reconnaissable à son plumage vert bleu irisé et à son long bec noir (30-36mm) courbé vers le bas. Les oiseaux migrateurs sont aussi de la partie, profitant du lagon pour se reposer et trouver une nourriture abondante: mouettes, flamants roses, cormorans, aigrettes… sont facilement observables.

West Coast National Park, Flamands roses

 

Une autre caractéristique de ce parc, en ce début de printemps austral est que la section du Postberg, au nord de la péninsule, est ouverte au public. Elle permet de découvrir des paysages sauvages de toute beauté, et de nombreux animaux tels que les bonteboks, oryx, zèbres et autres antilopes. Mais le clou du spectacle, en cette période de l’année (août et septembre), c’est sans conteste les immenses parterres de fleurs sauvages qui habillent le sol sur des dizaines de kilomètres carrés ; comme le chante Lolo « je m’souviens, on avait des chansons, des paroles / comme des pétales et des corolles »… (Le pouvoir des fleurs – Laurent Voulzy). Avec l’océan d’un côté et des formations rocheuses de l’autre, cela donne un paysage unique au monde.

Mais il est temps de quitter l’océan atlantique pour rallier l’intérieur des terres en direction de la Réserve naturelle du Cederberg, réserve inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004. La région du Cederberg figure à peine sur la carte des hauts lieux touristiques d’Afrique du Sud car pour de nombreux touristes, ce pays reste une destination limitée à deux points d’intérêt: l’un dans une réserve animalière et l’autre au Cap. Pourtant les richesses du Cederberg sont facilement accessibles depuis Le Cap pour ceux que ne rebute pas un trajet de quelques heures en voiture en direction du nord, en partie sur des pistes. Cette région regorge de montagnes escarpées qui se parent d’un orange intense au coucher du soleil: l’atmosphère y est sereine tandis que la lumière tombe lentement…

Réserve naturelle du Cederberg, coucher de soleil

C’est un véritable paradis pour les randonneurs: vallées et pics se succèdent du nord au sud sur une centaine de kilomètres. Les formations de grès, érodées par la pluie et le vent, ont des formes parfois étranges et fascinantes (notamment du côté de The Stadsall). Quel beau décor pour le cinéma ! On s’attendrait presque à revivre la scène avec Rachel Welch dans « Un million d’années avant J.C »… Et là-bas cette étrange forme, ne serait-ce pas Elephant Rock ? Si les paysages sont magnifiques, la flore n’est pas en reste et offre un spectacle multicolore; alors préférez-vous l’orangé de la Gladiolus equitans ou le violet de la Sparaxis metelerkampiae ou encore le rose éclatant de Jordaaniella spongiosa ? Autre fait marquant, le Red Bush ou Roobois (« buisson rougeâtre » en Afrikaans) ou encore Aspalathus linearis linearis pousse à l’état sauvage dans cette région et est cultivé uniquement dans cette région et nulle part ailleurs au monde… Cet arbuste de la famille des acacias a des fidélités arrêtées: il est farouchement ancré à son terroir ! Etats-Unis, Australie ou Chine, les tentatives de culture de l’arbuste ont été vaines. Il existe de nombreuses recettes de cuisine incluant cette herbe rouge (Non, elle ne se fume pas !). Ses fines feuilles teintées de rouge-brun par l’oxydation produisent une infusion aux vertus médicinales Ce « thé rouge » était moins onéreux que le « thé noir » apporté d’orient par les navires… il offrait aux résidents une boisson « nationale » officieuse rivalisant avec celle que prisait Londres. Concernant la faune, le léopard est le plus grand prédateur de la réserve, mais il est difficile à voir sauf s’il est placardé

Namaqualand, tapis de fleurs sauvages

Dernière étape florale avant de partir en direction d’Augrabies, encore plus au nord: le Namaqualand (Namakwaland en afrikaans). Cette région étale ses étendues désertiques; c’est un des paysages les plus arides de l’Afrique du Sud-Ouest. Mais cette contrée de plaines desséchées et de montagnes granitiques particulièrement désolées subit une fois par an une métamorphose telle la larve se changeant en papillon ! A partir du mois d’août et jusqu’à septembre, la plaine aride se couvre d’un tapis de fleurs sauvages multicolores (Orange is the New Black ?): les fleurs de printemps comme s’épanouissent sur le sable et des couleurs modifient toute la surface monochrome de ce désert. Un phénomène qui s’explique par la survivance de plantes qui parvinrent à résister aux étés brûlants lorsque cette côte, auparavant humide, devint désertique à la suite d’un changement climatique, il y a cinquante millions d’années (c’est pas tout jeune ça !).

Namaqualand, l’oryx gazelle ou gemsbok

C’est dans cet environnement magique que sont apparues les dignes descendantes des licornes (mais avec 2 longues cornes annelées – de 60 à 120 cm – en forme de V lorsque l’animal vous regarde de face !): l’oryx gazelle ou gemsbok, parfois considéré comme une antilope même s’il ne fait pas parti des antilopinés. Ses principaux prédateurs sont les lions et les léopards… ceci étant, même les lions, s’ils sont amateurs de leur chair, abordent les gemsboks avec prudence car leurs charges et leurs armes constituées de leurs cornes sont plus que redoutables !

Hambakahle


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