Todo fish ? (Est-ce que ça va)

Sta fish (tout baigne) ! Vous l’aurez compris, si la langue officielle du Cap Vert est le portugais, vous ne l’entendrez que dans les administrations, à la radio ou encore à la télévision. La langue réellement parlée est le créole ou plutôt « les créoles », puisque chaque île possède sa propre variante, assimilable à un patois. La nature même de l’archipel, la chronologie de son peuplement et les différentes influences expliquent cette diversité. S’il n’y avait qu’un seul mot pour décrire le Cap Vert, diversité serait le choix le plus judicieux: diversité de la nature, des rencontres, il y a tellement de contrastes entre les îles et même sur une seule et même île… on change d’univers à chaque fois ! Bienvenus sur Fogo (appartenant au groupe d’îles de Sotavento), île voisine de Santiago, aussi bien géographiquement que par son histoire. Fogo est principalement connue pour son volcan trônant majestueusement au milieu de l’île. Qui n’a jamais rêvé d’être au cœur d’un volcan qui a explosé il y a a peine un an et demi ? Fin novembre 2014/janvier 2015 le stratovolcan Pico (2829 mètres) entrait à nouveau en activité intense (la dernière éruption datait de 1995). Un fleuve de lave s’est déversé de son flanc sud, noyant deux hameaux importants de Cha das Caldeiras, privant 1500 personnes de leur habitat, de l’école et de quelques terres agricoles précieuses. S’il est dangereux de vivre près d’un volcan en activité, il n’en reste pas moins que les éruptions agissent comme un véritable engrais « tombé du ciel ». Les cendres qui retombent, riches en minéraux (fer, magnésium, calcium, phosphore, sélénium, potassium et sodium) servent d’aliments pour les plantes qui repoussent à une vitesse plus rapide que la moyenne.

Fogo Stratovolcan Pico

Fogo Stratovolcan Pico

Ici, tout semble sombre: les roches, le sable de la plage (comme Ponta das Salinas) où l’on rencontre d’étranges baigneurs, les coulées de lave récentes ou plus anciennes… tout cela crée un environnement tellement unique ! On est littéralement happé pour ce paysage surnaturel, un paysage de désolation à l’esthétique si particulière: on se sent définitivement sur une autre planète ! Même la faune locale semble s’adapter au paysage… quoique cette chèvre-là semble aussi être prête pour la prochaine mascarade vénitienne … D’ailleurs en parlant d’animaux, lorsque nous traversions la ville de Mosteiros, un chien a couru après notre aluguer et notre guide lui a dit « je t’ai rendu ta monnaie ». Etonnés par cette anecdote, on a demandé des explications… Quoi, vous ne connaissez pas lnon plus ’histoire de la chèvre, de la vache et du chien qui ont pris un aluguer ? Alors pour votre culture personnelle, voici la petite histoire: une chèvre, une vache et un chien prennent un aluguer. Arrivés à destination, la vache paye rubis sur l’ongle, la chèvre s’enfuit sans payer et le chien a de l’argent mais pas de monnaie. L’aluguer encaisse l’argent du chien et lui dit qu’il va revenir pour lui rendre sa monnaie… Depuis les chiens courent après les aluguers pour récupérer leur monnaie, les chèvres s’enfuient au passage des aluguers de peur d’avoir à payer la course et les vaches les regardent passer avec indifférence…

Fogo - Chèvre

Fogo – Chèvre

Fogo vit au rythme du passage des émigrants capverdiens vivant aux Etats-Unis, une longue tradition existe entre l’île au volcan et le Nouveau Monde, depuis l’époque où les îliens s’embarquaient sur les baleiniers américains venus recruter des volontaires. L’île se développe autour du tourisme, de ses vignobles et de ses plantations de café, un grain dont la réputation commence à dépasser les frontières. Le café de Fogo a été classé récemment 3ème meilleur café du monde, un arabica doux et parfumé d’altitude. Les vignes de Fogo courent au sol librement et cachent des grappes plantureuses qui produisent un un vin rouge puissant et fruité, le Manecom. Il existe aussi du blanc issu du cépage Moscatel Branco (que l’on trouve dans le sud de l’Italie). Sur les pentes du volcan Pico, on trouve aussi du coton (un peu sec !), des grenades, des coings, des pommes, du ricin (ou Djag-Jag) avec lequel on produit de l’huile laxative… Sur la côte, on trouve aussi le Tabac du sorcier (Tòbòk d’fetçêra) ou tabac arbusif qui est utilisé pour le sevrage des fumeurs (il contient moins de nicotine) et une plante endémique le Pelguêra ou Pourghère, pignon d’Inde (en latin, Jatropha curcas) dont la graine était utilisée pour produire de l’huile d’éclairage et du savon. Son rendement en huile est plus important que les colzas et on peut facilement extraire des methylesters, carburants pour moteurs diesel (c’était ma ninute écolo !). Dans ce paysage où le moindre bruit semble être absorbé par les scories du volcan, il n’est pas rare d’entendre le chant du magnifique Passarinha ou Martin chasseur à tête grise. Mais attention… l’heure à laquelle vous entendrez son chant pourrait avoir une grande incidence sur le déroulement de votre journée: selon la rumeur locale il est dit que s’il chante devant chez vous avant 12h, une bonne nouvelle arrivera dans la journée. Par contre s’il chante après 12h… attendez-vous à recevoir une mauvaise nouvelle !

Maio - Regarder la mer

Maio – Regarder la mer

Contraste encore et toujours… on passe du noir au blanc avec une dernière escale… Um lugar p’ra la (Quelque part par-là). Un dernier saut de puce à faire entre les îles de Fogo et de Maio. Nous voici à Maio (appartenant aussi au groupe d’îles de Sotavento), une Île peu connue et aujourd’hui encore peu développée. L’île doit son nom au fait qu’elle a été découverte un 1er mai… De formation très ancienne, elle a subi l’érosion du vent et de la mer qui l’a transformée en île plate, avec de grandes et longues plages de sable (presque) blanc… comme Ponta das Salinas. Que faire sur l’île de Maio ? Comme le chante si bien Alain Souchon et Laurent Voulzy, je dirais simplement : Regarder la mer / Ne pas avoir d’autres envie que / Regarder la mer /Laisser, laisser / Le temps s’en aller là / Laisser aller les voiles rouges / Sur la mer qui bouge / Laisser sur l’eau transparente / Glisser les soucis de la vie (La baie des fourmis)… Un petit coin de paradis diriez-vous ?

C’est avec l’exploitation des salines et sous l’impulsion du commerce du sel que Vila do Maio se développa. Parce les anglais étaient les principaux clients, la ville fut aussi baptisée Vila do Porto Inglese (ville du port anglais). Principal centre urbain de l’île, la petite ville de Vila do Maio s’étend le long de l’une des plus grandes plages de sable blanc de l’archipel du Cap Vert. Cette localité est caractérisée par le calme ainsi que ses maisons colorées et fleuries… On y trouve de magnifiques flamboyants ! Avec une surface d’à peine 269 km2, de formation très ancienne, l’ile a subi l’érosion du vent et de la mer qui l’a transformée en île plate… son point culminant est le Monte Penoso qui culmine à 436 mètres d’altitude.

Maio Salinas do Moros

Maio Salinas do Moros

Promenades pédestres le long des plages comme Praia Preta, baignade et découverte du plaisir de plonger dans des eaux cristallines de couleur turquoise, observation des pêcheurs dont les chiens attendent patiemment de déguster les déchets de poissons qu’ils se disputeront avec les nombreux petits crabes qui courent sur le sable blanc… N’hésitez pas à déguster comme nous la Moreia ou Murène proposée sous différentes préparations, grande spécialité des îles…Le Garôpa ou Mérou à points bleus est aussi un délice… C’est sur ce paysage de carte postale que s’achève cette découverte du Cap Vert. Le temps semble avoir suspendu son vol… tout comme ce Bécasseau qui a décidé de donner du temps au temps… jusqu’au coucher du soleil !

Até manha, s’ Deus kizer !

 

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