Salàma,

Exit la barrière de corail, les pirogues Vezo et les plages de sable, nous reprenons la piste (I like to move it move it / I like to move it move it / I like to move it move it / You like to move it – Madagascar) puis la fameuse RN7 (surnommée « la route du Sud ») pour rejoindre un des parcs incontournables de Madagascar: le parc national de l’Isalo (prononcer « ichal« ) créé en 1962. Ce parc naturel de 82 000 ha est situé sur un massif de grès, datant du Jurassique, qui a été façonné par l’érosion différentielle créant des grottes, des cheminées de fée ou encore de nombreux canyons .. Isalo signifie « où les vaincus furent dépouillés », en référence à une légende liée au caractère mystérieux du massif;  celui-ci aurait abrité des bandits qui attaquaient et dépouillaient les imprudents voyageurs…

Parc Isalo

Parc Isalo

Au lever du soleil, le parc se réveille sous de douces couleurs orangées, Tsara ny andro izany, Mipoaka ny masoandro (Quelle belle journée, le soleil brille) ! Un départ matinal nous permettra d’arpenter tranquillement le parc, en commençant par le canyon des Makis à 10 kilomètres au nord-ouest de Ranohira (qui signifie « L’eau qui chante » ou « L’eau, chant de joie des lémuriens »). On se faufile dans ce dédale de roches érodées et chaque point de vue nous révèle un nouveau panorama étonnant et un silence absolu. La roche a un aspect, une forme et une composition très variables qui n’est pas sans rappeler des paysages de western que l’on trouve dans l’ouest américain, d’où le surnom du parc: « le Colorado malgache ». La roche est par endroit très fragile et friable mais aussi sonore; frapper certaines cavités produit un surprenant son métallique. On se met à rêver d’un ensemble de percussionnistes qui s’installeraient là au cœur du parc pour un concert improvisé sous les étoiles…

Parc Isalo - Roches érodées

Parc Isalo – Roches érodées

En contemplant ce paysage insolite, on remarque des rochers aux formes insolites sur lesquels s’accrochent des plantes bizarroïdes: les Pachypodium rosulatum gracilis, communément appelés « Pied d’éléphant », une plante endémique de Madagascar. Côté flore, le parc compte plus de 400 espèces floristiques dont beaucoup sont endémiques bien sûr ! Le parc est sillonné de rivières, de canyons, et de cascades (dont la célèbre cascade des Nymphes – pas la peine de rêver, le nom de nymphe signifie grenouille… hé oui, dans certaines cartes de restaurant, les cuisses de nymphes sont au menu !). Dans ce paysage verdoyant digne de Jurassic Park, la moindre fissure rocheuse abrite des plantes dont les racines emmagasinent les eaux de ruissellement. L’eau coule des parois le long des lichens et finit sa course dans des petites lagunes, comme la lagune noire.

Lemur Catta

Lemur Catta

Les animaux de l’Isalo sont typiques du climat, de la végétation et de la géomorphologie du parc. Ainsi nous allons enfin faire la connaissance de Fidel la sauterelle, et Firmin le lémurien (merci au groupe de rock parodique Les Fatals Picards- La Ferme)… Nous ne croisons pas le chemin de Firmin (ça rime) mais son proche cousin le « fameux » Varika, un lémurien endémique du Sud / Sud Ouest de l’île connu sous le nom scientifique Lemur catta (si, si vous allez immédiatement le reconnaitre en regardant sa photo !)… mais aussi son copain le Lemur Fulvus… ou encore le phasme (insecte branche) ou le Phymateus saxosus (magnifique criquet rouge, jaune et bleu surnommé Fidel mais qui est une espèce toxique, totalement indigeste). Madagascar est assurément la destination pour se lancer tête baissée dans la savane à la rencontre des bébêtes que l’on ne trouve nulle part ailleurs (80 % de la faune étant endémique)… Tiens, en parlant de Z’animaux d’ici et d’ailleurs, un caméléon somnolant sur un arbuste me remet en mémoire la comptine: Le Caméléon / Change tout le temps de couleur / Sur un bâton, une fleur /Il patient’rait des heures / La queue en serpentin / Guettant sa proie comme un chasseur / Le Caméléon / Change tout le temps de couleur… (Les Dagobert – Le caméléon)

Plateau de l'Horombe

Plateau de l’Horombe

Après cette visite du parc, nous repartons en direction d’un autre parc beaucoup moins touristique – le parc de l’Andringitra. Nous traversons le plateau de l’Horombe, aride et désolé digne des steppes africaines. On s’attendrait presque à voir surgir un troupeau d’éléphants, de girafes ou de lions… mais ici, seul un troupeau de zébus surgit de cette steppe !

Aoriana indray.


Si vous aimez cet article, n’hésitez pas à le partager et à l’épingler sur Pinterest !

fringilla ut accumsan mi, tristique massa quis Praesent libero