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Autrefois quasi- inconnu, dans le nord-ouest du Costa Rica, le parc national du volcan Tenorio abrite un étonnant trésor naturel: une rivière et une cascade sublimes, entièrement bleu turquoise, comme vous n’en avez certainement jamais vu auparavant en Amérique Centrale ou ailleurs dans le monde ! Sur la cordillère de Guanacaste, non loin de l’extrémité nord du lac Arenal, le volcan Tenorio s’élève à 1916 mètres d’altitude tandis que son proche voisin, le volcan Miravalles est légèrement plus élevé (2018 mètres). Le Parque Nacional Volcán Tenorio était au départ une zone protégée, créée en 1976. Il est devenu parc national en 1995 puis il s’est agrandi pour couvrir aujourd’hui une superficie de 184 km2. Le sentier de randonnée « Misterios del Tenorio » permet de découvrir la plupart des merveilles du parc agrémenté de rencontres parfois piquantes avec les habitants des lieux. Attention « Cruce de fauna »: les vallées et les montagnes du parc regorgent de biodiversité !

Le Rio Celeste est une rivière naturelle sublime, entièrement bleu turquoise. La couleur de l’eau est plus que magnifique, presque irréelle !

 

Randonnée du Rio Celeste dans le parc national du volcan Tenorio

Le sentier « Misterios del Tenorio », longe le Rio Celeste ainsi nommé en raison de ses eaux d’un bleu turquoise (« Celeste » signifiant bleu ciel en espagnol). La randonnée de 7 kilomètres aller/retour commence sur les flancs du volcan Tenorio recouvert d’une forêt à la végétation dense sur un sentier souvent boueux. Pour celles et ceux qui auraient malencontreusement oublié leurs imperméables et leurs bottes de pluie (en Bretagne lors de leurs dernières vacances), la location de bottes est toujours possible à l’entrée du parc ! Vous l’aurez compris, le charme du Rio Celeste est sa couleur bleu turquoise. Attention, même si vous avez admiré un magnifique coucher de soleil la veille au soir, de fortes pluies peuvent tomber pendant la nuit et vous risquez donc de passer à côté de cette magnifique couleur pour ne voir que des eaux d’une couleur terreuse.

Le lagon bleu ou « Laguna Azul » du Rio Celeste est tout en contraste avec le vert de la forêt. Le bleu incroyable de la Laguna Azul dû aux eaux du Rio Celeste.

Sur le sentier, nous laissons volontairement de côté les marches d’escalier qui descendent à la cascade – car c’est le clou du spectacle, nous confie notre guide – et nous continuons notre ascension jusqu’au mirador pour admirer le maître des lieux, le volcan Tenorio. Quelques centaines de mètres plus loin, la sublime Laguna Azul (lac bleu) se dévoile ! On se laisse facilement envoûter par la féérie du lieu, si bien que l’on en oublierait presque l’observation de la riche faune qui peuple la forêt tropicale. Vous voyez là-bas sur la branche au bord de l’eau ? Heu, non je ne vois rien à part une branche qui se reflète dans les eaux turquoise… Mais si, il y a un couple de lézards camouflés dans les arbres, chacun se prélassant sur sa branche en bordure du Rio Celeste… Mais ne serait-ce pas le fameux basilic vert ? Aie, aie que va-t-il se passer lorsque nous croiserons son regard ?

« De tous les monstres et créatures qui hantent nos contrées, il n’en est guère de plus étrange ni de plus mortel que le Basilic, connu également sous le nom de Roi des Serpents. Ce reptile, qui peut atteindre une taille gigantesque et vivre plusieurs centaines d’années, naît d’un œuf de poulet couvé par un crapaud. Pour tuer ses victimes, la créature recourt à une des manières les plus singulières: outre ses crochets venimeux, le Basilic possède en effet des yeux meurtriers qui condamnent à une mort immédiate quiconque croise son regard ».
(Page arrachée par Hermione d’un livre de Poudlard citant le Basilic dans la Chambre des Secrets)

Nous avons beau scruter avec beaucoup d’attention la dense forêt tropicale, pas le moindre « Fumseck » à l’horizon pour venir à notre secours…  Mais où se cache donc le satané Phénix d’Albus Dumbledore ? Attirés par un tambourinage sur un arbre isolé situé de l’autre côté du Rio Celeste, nous reprenons espoir. Mais ce n’est qu’un Pic Ouentou (Dryocopus lineatus) avec sa magnifique crête rouge… Un peu plus loin, nous apercevons un oiseau au plumage entièrement noir et au bec noir rainuré: l’Ani à bec cannelé(Crotophaga sulcirostris). Ce n’est assurément pas « Fumseck », qui arbore un plumage rouge et or ! Il y a quelques mouvements dans le feuillage sur notre droite; nous distinguons un plumage orange et noir. Caramba, encore raté ! … C’est juste un Oriole de Baltimore(Icterus galbula).

Le pic ouentou est un pic de grande taille. L’abdomen, les flancs et le bas-ventre sont blanc chamoisé barré de noir. Sur la tête, la calotte présence une crête rouge importante.

Heureusement pour nous, contrairement au monstre décrit dans le monde magique d’Harry Potter, le basilic vert (Basiliscus plumifrons) est seulement un petit lézard arboricole coloré. Un mâle adulte peut quand même atteindre 80 centimètres dont un peu plus de 2/3 de longueur de queue pour un poids de 200 grammes. Outre cette longue queue, ce reptile aux écailles brillantes d’un vert émeraude possède un corps svelte et des pattes arrière palmées. Il arbore une crête sur la tête et 2 autres sur le dos et la queue (chez le mâle uniquement). Mais il possède surtout l’incroyable faculté, digne d’un miracle biblique, de courir sur l’eau en se dressant sur ses pattes arrière, ce qui lui vaut le surnom de lézard Jésus-Christ ou encore Basilic Jésus. Sa vitesse de course, environ 10 km/h, combinée à la forme et la structure particulière des doigts de ses pattes postérieures, fait qu’il est capable de courir sur l’eau sur plusieurs mètres. Il échappe ainsi à ses prédateurs après s’être littéralement jeté à l’eau. Mais quel est donc le secret de ce lézard (presque) divin ?

L’oriole de Baltimore est orangé vif tout le dessous. Sa tête et son cou sont complètement noirs. Les ailes sont noires avec des bandes blanches. Le bec est fort et pointu.

Je vous l’accorde, le lézard Jésus-Christ ne change pas l’eau en vin et ne marche pas vraiment sur l’eau: il court. Pourtant, ce sprint aquatique semblerait presque miraculeux au premier abord. Les scientifiques (notamment Tonia Hsieh et George Lauder, biologistes à l’Université d’Harvard), qui ont étudié avec attention chaque foulée des pattes arrière de ce reptile ont, quant à eux une explication toute rationnelle: un parfait équilibre entre masse, vitesse, et force ! Lorsque le basilic vert court sur l’eau, les biologistes ont observé que le mouvement de ses pattes palmées se divise en 3 séquences. Tout d’abord, la patte du lézard frappe l’eau sur une large surface de contact (5cm2), en arrivant sur celle-ci bien à plat. La patte s’enfonce ensuite dans l’eau, créant ainsi une cavité d’air. Simultanément, la patte effectue un mouvement similaire à celui d’une rame propulsant le lézard vers l’avant comme le ferait un nageur de crawl avec ses bras. La rétraction de la patte avant la fermeture de la cavité d’air constitue la clé de la course sur l’eau. Le basilic vert est capable de rétracter sa patte en moins de 25 millisecondes. Ainsi, l’intervalle de temps entre deux foulées n’est que de 70 millisecondes environ. Pour simplifier à l’extrême, on pourrait dire que les deux pattes arrière palmées du basilic lui permettent de créer des coussins d’air sur lesquels il vient s’appuyer pour marcher sur l’eau… Le miracle du ballet aquatique du lézard Jésus-Christ n’a donc rien de biblique. Pour preuve, si ce lézard sprinteur s’arrête de courir, il coulera comme une pierre !

Le basilic vert mâle ou lézard Jésus-Christ est un reptile aux écailles d’un vert émeraude. Il arbore une crête sur la tête et 2 autres sur le dos et la queue et possède des pattes palmées.

Je vous vois venir avec LA question… Est-ce que l’homme pourrait courir sur l’eau avec une simple paire de palmes et ainsi se prendre pour le Messie ? Et bien des chercheurs (sans doute un peu désœuvrés reconnaissons-le) ont fait des calculs… Si vous avez des pieds ½ m2 chacun (soit la taille d’une petite planche de surf) et que vous rivalisez avec la vitesse de pointe de Usain Bolt (c’est-à-dire 44,72 km/h) au 100 mètres, alors vous avez toutes vos chances… Sinon optez plutôt pour des cours de natation !

 

Le lieu de naissance du Rio Celeste: le Teñidero 

Nous nous arrachons finalement à la contemplation de la Laguna Azul pour poursuivre le sentier « Misterios del Tenorio ». Quelques bains bouillonnants et des émanations de gaz apparaissent ici et là le long du Rio Celeste, comme l’unique manifestation visible de l’activité du volcan Tenorio. Cette randonnée est aussi l’occasion de s’immerger dans l’exubérante végétation tropicale. Les arbres montent vers le ciel, colonisés par des broméliacées et d’autres plantes épiphytes. Au milieu de la mousse et des lichens se dressent des fougères arborescentes géantes. On dit localement que cette forêt renferme 600 nuances de vert. Heureusement, quelques touches colorées viennent égayer cet Éden vert: ici des fleurs de Monnina aux couleurs oscillant entre le bleu et le violet groupées en inflorescences ou là des Centropogon granulosus au rouge flamboyant. Un peu plus loin, une plante au port dressé et aux feuilles épaisses mesurant plus d’un mètre de hauteur attire l’œil, sans doute à cause de ses baies ovoïdes d’un beau rouge vif, assez similaires à celles de ses cousins les caféiers: c’est un Notopleura uliginosa. Allez, un dernier petit pont de bois à traverser et nous voilà où tout commence: le lieu de naissance du Rio Celeste aussi appelé le Teñidero (« les teinturiers »).

Un dernier petit pont en bois enjambe les eaux bleu turquoise pour arriver sur le lieu de naissance du Rio Celeste aussi appelé le Teñidero (« les teinturiers »).

Comment ne pas croire en la magie de Mère Nature, lorsque que l’on voit le río Buenavista et la Quebrada Agria, deux rivières à l’eau transparente, qui s’unissent pour créer un cours d’eau de couleur turquoise: le Rio Celeste. Ou comment ne pas croire à la légende des Indiens Malekus qui racontent qu’en finissant de peindre le ciel et les étoiles, les Tócu maráma, leurs dieux suprêmes, ont rincé leurs pinceaux dans le courant de la rivière, qui serait devenue bleu turquoise… Le Rio Celeste serait donc un petit bout de ciel sur la terre ? Mais comme dirait l’écrivain français, André Gide:

« Cesse de croire et instruis-toi ».
(André Gide – Les Nouvelles Nourritures)

Rentrons donc dans le vif du sujet et répondons de suite à LA question que se posent tous les voyageurs qui ont eu un jour la chance de voir le phénomène de près: d’où vient la couleur bleu du Rio Celeste ? C’est en 2013 qu’un petit groupe de chercheurs de l’université du Costa Rica décida de percer le secret de ce bleu céleste. Après différent prélèvements effectués dans les trois rivières (Rio Celeste, Quebrada Agia et Río Buena Vista), une première énigme s’est présentée: les échantillons d’eau couleur bleu turquoise du Rio Celeste prélevés sur le terrain sont devenus transparent en laboratoire… Face à ce mystère de la rivière bleue, les scientifiques sont revenus sur le terrain pour étudier d’autres facteurs.

Le Teñidero ou le lieu de naissance du Rio Celeste: le río Buenavista et la Quebrada Agria, deux rivières à l’eau transparente, qui s’unissent pour créer un cours d’eau de couleur turquoise: le Rio Celeste.

La Quebrada Agria possède un pH acide et le Rio Buenavista est chargé en particules d’aluminosilicates. Le changement de pH (acidité) au point de rencontre des deux rivières augmente la taille des particules d’aluminosilicates de 184 nanomètres à 570 nanomètres. Une fraction de ces particules minérales sédimente et un dépôt blanc est visible au fond de la rivière. Cependant, la majorité des particules restent en suspension dans l’eau ce qui explique la couleur bleu turquoise de la rivière. Les particules minérales en suspension dispersent la lumière du soleil de la même manière que lorsque les gouttes de pluie forment un arc-en-ciel. Dans l’arc-en-ciel, les gouttes d’eau agissent comme des prismes décomposant la lumière blanche en différentes couleurs. Dans le Rio Celeste, la taille spécifique des particules d’aluminosilicates fait que seuls les tons bleutés de la lumière blanche sont dispersés. Ce phénomène optique est appelé la diffusion de Mie (théorie de Lorenz-Mie).

Un toucan tocard est perché dans les hauteurs de la canopée à la recherche de quelques fruits. Il est reconnaissable à son bec noir avec une très large bande supérieure citron.

Magique ou scientifique, chacun choisira l’interprétation qui lui convient pour le Teñidero. Pour ma part, entre les deux mon cœur balance… Il est temps de rebrousser chemin et de revenir sur nos pas. Soyons un peu plus attentifs à la faune sur notre chemin du retour. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un zoo et l’observation est très aléatoire selon l’heure de la journée, la saison et le temps: une grenouille colorée se cache dans les feuilles mortes, un Anole brun mâle (Anolis sagrei) tranquillement installé sur une branchedéploie son fanon gulaire, un toucan tocard est perché dans les hauteurs de la canopée à la recherche de quelques fruits, une araignée néphile clavipes tisse sa toile indestructible… Saviez-vous que les néphiles sont les plus grandes tisseuses de toile au monde ! La néphile clavipes femelle mesure environ dix centimètres d’envergure. Elle possède de longues pattes, des couleurs vives et un abdomen étiré amenant le regard de l’observateur vers un dessin semblable à une tête de mort… Elle tisse une toile dont les fils de soie ont des reflets dorés et collent fortement. Son ouvrage dépasse souvent un mètre de diamètre ! Les insectes qui se font piéger n’ont aucune chance: la néphile mord sa proie et injecte un venin qui prédigérera la victime avant de l’enrouler dans la soie.

« Toile d’araignée
Lourde de rosée
Dans le matin blanc !

Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie,
Ô maison de fil,
Escalier de soie !

Araignée grise,
Araignée d’argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent ».
(Madeleine Ley – Petites voix)

Si par mégarde, un peu distrait lors de votre balade, vous prenez une telle toile dans le visage, vous verrez que les fils de soie ont une incroyable ductilité (se déforment sans se rompre). Bien avant l’arrivée de Spiderman, les araignées et leurs toiles complexes fascinaient déjà les scientifiques. L’industrie textile et la biotechnologie s’intéressent de près aux propriétés du fil de soie de néphiles, parmi les plus résistantes sur Terre. La soie d’araignée est une fibre naturelle protéique, un matériau polymère constitué de protéines longues et filamenteuses (fibroïnes) principalement composées d’acides aminés (glycine et alanine). Le degré de solidité, de souplesse et d’extensibilité de cette fibre protéique en fait un matériau plus performant que les meilleures fibres synthétiques et plus résistant à la rupture que l’acier (5 fois plus résistante) ou le Kevlar (3 fois plus résistante). En 2018, l’armée américaine a testé les performances balistiques de la fibre Dragon Silk (ou Soie de Dragon) constitué de fils de soie d’araignée produits par des vers à soie génétiquement modifiés. Cette fibre est si légère et résistante qu’elle s’avère une candidate idéale pour confectionner des gilets pare-balles.

Une araignée néphile clavipes tisse sa toile aux reflets dorés indestructible. C'est une araignée facilement reconnaissable à sa couleur dorée et aux élargissement plumeux de deux des segments de chacune de ses pattes.

 

La cascade du Rio Celeste: un lieu sacrée pour le peuple Maleku

Il parait que le magazine Paris Match a élu la cascade du Rio Céleste comme la plus belle cascade au monde ! C’est vrai que qu’elle est belle ! D’origine tectonique, la Catarata del Rio Celeste plonge d’une hauteur de 30 mètres dans un bassin circulaire de 17 mètres de profondeur, bordé d’une végétation luxuriante. On se croirait presque au paradis… Selon la croyance du peuple Maleku, la cascade donnait naissance aux membres de la communauté jusqu’au jour où un Ara Macao (Ara rouge) arriva et déploya ses ailes pour stopper les naissances. Malheureusement pour les Malekus, peu de visiteurs, arpentant aujourd’hui le parc du volcan Tenorio, reçoivent les informations culturelles sacrées qui les sensibiliseraient au respect spirituel de ce lieu.

La Catarata del Rio Celeste plonge d’une hauteur de 30 mètres dans un bassin circulaire de 17 mètres de profondeur, bordé d'une végétation luxuriante.

Le Rio Celeste est un lieu sacré pour la communauté indigène Maleku (encore appelés Guatusos) qui ne compte aujourd’hui guère plus de 500 à 600 membres (1200 si on compte les métis). Peuple parmi les plus anciens du pays, ces hommes et ces femmes très respectueux de la nature pratiquent toujours leurs rituels ancestraux. Ils ont réussi, mieux que les autres groupes amérindiens, à conserver leur langue et leurs traditions. Bien qu’adaptés au monde moderne, ils entretiennent une mémoire culinaire (cuisine de la viande au feu de bois ; boisson sacrée, le « sang du cacao ») et s’efforcent d’entretenir la langue ihaïca en famille. Une station de radio (Radio Sistema Cultural Maleku) diffuse des programmes quotidiens en maleku. Si comme eux vous êtes respectueux envers la nature, voici quelques mots-clés à retenir:

  • eau = tii,
  • terre = laká,
  • pierre = oktara,
  • arbre = koora.

« La nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guérit, émerveille l’âme, le cœur et l’esprit. »
(Pierre Rabhi, le paysan philosophe – poète, essayiste et romancier français d’origine algérienne)

Vivant principalement de l’agriculture (cacao, palmier), de la pêche et de la chasse (à la tortue, au jaguar et à l’iguane), la science botanique des Malekus leur permet de soigner et de fabriquer des objets. N’hésitez pas à vous initier, lors de balades en forêt, aux propriétés médicinales des plantes, écorces et racines qu’ils connaissent mieux que personne… Tenez, goûtez donc le suc provenant de cette tige de feuille inconnue… Hum, le goût est amer et provoque un rapide endormissement de la langue ainsi que de la lèvre: c’est le remède pour calmer les douleurs dentaires ! La connaissance des propriétés des plantes transforme aussi les Malekus en créateurs de mode… Vous rêvez d’un vêtement que vous ne trouverez nulle part en magasin ? Alors optez pour un style de vêtement unique fait à partir de tana, une matière issue d’une écorce d’arbre trempée dans l’eau et pilonnée sur des blocs de bois. Après avoir été séchée et blanchies au soleil, elle peut être cousue comme du cuir. Son aspect doux évoque le daim.

Les eaux de la cascade du Rio Celeste tombent de 30 mètres de hauteur dans un large bassin couleur turquoise.

 

Quand les animaux jouent à cache-cache dans le parc du volcan Tenorio: l’art du camouflage

Lorsque vous vous promenez dans le parc du volcan Tenorio, vous remarquerez que certains animaux semblent invisibles à nos yeux, alors même qu’ils ne sont pas cachés. On peut dire qu’ils ont le chic pour se fondre dans le décor grâce à leurs techniques de camouflage. En se fondant dans leur environnement, les animaux peuvent passer inaperçus vis-à-vis de leurs prédateurs… ou de leurs proies ! Le camouflage est une question de survie dans la nature. Et quand il s’agit de survie, la nature montre une ingéniosité impressionnante…

Ce petit anole vert (encore appelé caméléon américain), immobile dans le feuillage de la forêt tropicale. Il doit se croire invisible sur son support !

 

L’art du camouflage chez l’anole vert: un exemple d’homochromie

L’homochromie est sans doute la forme la plus connue de camouflage et la plus répandue dans le monde animal: c’est la capacité de certains animaux à changer la couleur en fonction de leur environnement. C’est le cas de ce petit anole vert (encore appelé caméléon américain), immobile dans le feuillage de la forêt tropicale. Il se laisse approcher sans difficulté tant il doit se croire invisible sur son support ! On peut facilement lui tirer le portrait. La coloration verte lui permet de se camoufler dans la végétation feuillue tandis que le marron lui permet de ne pas être vu dans un milieu sombre tel que le tronc des arbres. Mais ce changement de couleur peut aussi être induit par d’autres facteurs tels que la température ou les émotions:

  • Lorsqu’il veut se réchauffer, l’anole tourne au marron foncé, ce qui lui permet de capter davantage de rayons solaires.
  • Les mâles sont très territoriaux et n’hésitent pas à combattre leurs congénères masculins pour défendre leur territoire. Lors d’un combat entre deux anoles, le vainqueur arbore une vive couleur verte tandis que le vaincu devient marron terne.

La sauterelle-feuille est la reine du camouflage. Elle imite même le motif complexe de veines sur la surface de la feuille. Il faut l'isoler de son milieu naturel pour que ses formes d'insecte apparaissent.

 

L’incroyable capacité de camouflage de la sauterelle-feuille: un exemple d’homotypie

Un animal qui a recours à l’homotypie adopte non seulement les couleurs de son environnement, mais il en prend aussi la forme ! La plupart des animaux utilisant cette méthode sont des insectes comme notre sauterelle -feuille. Difficile de voir qu’elle est là, devant nous, et pourtant, elle est bien là, sereine et immobile. La ressemblance est précise car elle imite même le motif complexe de veines sur la surface de la feuille. Reine du camouflage, il faut l’isoler de son milieu naturel pour que ses formes d’insecte apparaissent. La sauterelle-feuille possède un corps étiré, de grandes antennes et des pattes postérieures très longues qui lui permettent de faire des sauts exceptionnels. Chaque apparence d’une sauterelle-feuille est unique en son genre et dépend de son milieu de vie: il n’y a pas deux individus qui se ressemblent ! L’imitation d’une sauterelle-feuille est poussée à un très haut niveau: la forme du corps de l’insecte jusqu’aux couleurs représente à l’identique son milieu ambiant, copiant mêmes les symptômes uniques des végétaux qu’elle imite. Ainsi, elles peuvent devenir des répliques quasi parfaites de feuilles mâchées, déchirées, pourries, asséchées, partiellement décomposées, ou couvertes par des champignons. Certaines ont même des faux trous dans les ailes.

Le phasme bâton est un insecte dont le corps ressemble à un petit morceau de bois très allongé. Cet insecte est passé maître dans l’art du camouflage.

 

Les phasmes: des professionnels du camouflage en milieu naturel

Comptant plusieurs milliers d’espèces, les phasmes sont capables d’imiter une grande variété de parties végétales, comme les branches, les feuilles mais aussi les écorces. Le nom « phasme » n’est d’ailleurs pas anodin: en grec, phásma (ϕάὓμα) signifie « vision, spectre, fantôme ». Ces insectes sont passés maîtres dans l’art du camouflage et ils portent bien leur nom: les « phasmes-bâtons », « phasmes-ronces » et « phasmes-feuilles » prennent respectivement l’aspect d’une brindille, d’une tige épineuse ou d’une feuille. Ils imitent même les mouvements naturels de leur environnement: par exemple le végétal qui frémit sous le vent… en tremblant sur leurs pattes ! Cet insecte particulier est une véritable curiosité de la nature. Face à un prédateur, le phasme a recourt à la thanatose: tel un acteur hollywoodien, il simule artistiquement sa mort en se laissant tomber de sa feuille ou de sa branche. Il peut aussi se libérer du prédateur en s’amputant un appendice entier. Lors de la prochaine mue, il pourra récupérer progressivement ce membre. Cependant cette faculté semblerait diminuer avec l’âge. Certains phasmes ont la particularité de secréter des substances désagréables pour mettre un mauvais goût dans la bouche d’un prédateur affamé tandis que d’autres peuvent diriger une pulvérisation chimique, un peu comme des gaz lacrymogènes, sur l’attaquant. Autre fait fascinant sur ces maîtres de l’illusion: les phasmes vivent comme des Amazones ! Ils capables de se reproduire presque entièrement sans mâles, en utilisant un processus connu sous le nom de parthénogenèse . Les femelles non accouplées produisent des œufs qui, à maturité, deviennent des phasmes femelles. Lorsqu’un homme parvient à s’accoupler avec une femelle, il n’y a que 50/50 de chances que la progéniture de cette union soit de sexe masculin. Du fait de sa parenté en grec avec phantasma, le phasme serait-il un fantasme de la nature ?

 

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