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Situé dans la province de Puntarenas, Monteverde fait partie de ces endroits immanquables lors d’un séjour au Costa Rica. Fondée par les quakers américains dans les années 1950, la Réserve de Monteverde subjugue par sa beauté et sa grande biodiversité. A environ 1400 mètres d’altitude, les montagnes et les collines sont d’un vert intense et la végétation se densifie au fur et à mesure que l’on grimpe. Il s’agit d’une forêt tropicale de montagne, très humide, baignant dans une brume quasi permanente, aussi connue sous le doux nom de forêt de nuages. Pour vous y rendre, il faudra vous armer de patience car la route 606 via Sardina n’est pas une partie de plaisir. Il faut savoir qu’il n’existe aucune route goudronnée qui permet de rallier Santa Elena (chef-lieu du district de Monteverde)… Vous l’aurez compris, se rendre à Monteverde n’est pas chose facile, et ça fait beaucoup rire les Ticos !

Nichée à 1500 mètres d’altitude, la forêt de nuages de Monteverde est dense, brumeuse et mystique surtout au coucher du soleil.

À 1500 mètres d’altitude, les arbres et les nuages de Monteverde sont fantomatiques au coucher du soleil.

 

Petite halte à la cascade Llanos del Cortés: une chute d’eau aussi belle que rafraîchissante

Les Cataratas Llanos de Cortés (Chutes d’eau Llanos de Cortés) sont devenues l’une des attractions touristiques les plus visitées du canton de Bagaces dans la province de Guanacaste au Costa Rica. La cascade de Llanos de Cortés se trouve juste à 4 kilomètres au nord de Bagaces. Un court sentier très facile vous mènera d’abord à une piscine naturelle d’eau entourée de rochers et d’une végétation abondante. L’eau de la piscine est claire et d’une température agréable, propice à la baignade.

Près de la cascade de Llanos de Cortés se trouve une piscine naturelle entourée de rochers et d’une végétation abondante.

Près de la cascade de Llanos de Cortés, une piscine naturelle est entourée de rochers et de végétation.

Nous résistons cependant à la tentation de faire une halte prolongée et nous continuons notre chemin vers la cascade Llanos de Cortés sous l’œil indifférent d’une chouette à lunettes aisément reconnaissable à ses « lunettes » noires soulignant ses magnifiques yeux jaunes ! Ce rapace n’est pas strictement nocturne et se repose en solitaire dans les arbres de la forêt tropicale pendant la journée. Encore quelques pas et nous débouchons dans un bel espace ombragé sur une plage de sable: face à nous, la chute d’eau Llanos de Cortés !

La cascade Llanos de Cortés mesure de 12 mètres de haut sur 15 mètres de large. L’eau tombe paisiblement dans un bassin naturel assez grand et peu profond.

La cascade Llanos de Cortés mesure de 12 mètres de haut sur 15 mètres de large.

La cascade Llanos de Cortés mesure de 12 mètres de haut sur 15 mètres de large. L’eau tombe paisiblement dans un bassin naturel assez grand et peu profond, en formant un rideau transparent qui laisse entre-apercevoir les rochers. C’est incontestablement un lieu très photogénique ! Vous pouvez vous rafraîchir dans ce bassin naturel et nager jusqu’à la cascade pour profiter d´un petit moment de détente et de relaxation derrière le rideau d’eau ou carrément dessous !

« Au cœur d’une forêt de verdure
Sur une roche couverte de meurtrissures
Ruissellent des perles d’eau
Provenant d’un petit ruisseau
Elles glissent sur cette grise roche
Lentement, sans aucune anicroche
Comme un voile de larmes
Cette chute d’eau nous charme »

 

Monteverde: la Réserve Santa Elena, un écosystème foisonnant de biodiversité

Si vous vous demandez à quoi peut ressembler une forêt tropicale nichée à 1500 mètres d’altitude aussi connue sous le nom de forêt de nuages, vous êtes au bon endroit. Au-dessus de la région de Monteverde, la végétation dense et les conditions atmosphériques forment une véritable forêt de nuages. Ce brouillard dense donne un petit côté mystique aux différentes réserves nationales que l’on peut visiter. La région de Monteverde abrite près de de 2500 espèces de plantes: les arbres sont festonnés d’orchidées et de broméliacées, de mousse, de fougères et de toutes sortes de plantes grimpantes qui poussent de partout grâce au fort taux d’humidité que contient l’air ! On y trouve aussi 400 espèces d’oiseaux, plus d’une centaine de mammifères et environ 120 espèces de reptiles. Amoureux de randonnée, nous avons opté pour la Réserve Santa Elena où cinq sentiers balisés permettent de parcourir la réserve à son rythme…

La forêt dans les nuages. Monteverde est l'un des endroits les plus visités au Costa Rica. La région est connue pour sa magnifique forêt

La forêt dans les nuages du Monteverde est un des lieuxs les plus visités au Costa Rica.

Située à 6-7 kilomètres au nord-est village de Santa Elena, la Réserve Santa Elena de son nom officiel « Reserva del Bosque Nuboso del Colegio Técnico Profesional » est facile d’accès. Créée en 1977, cette réserve n’a été ouverte au public qu’en 1992. Beaucoup moins connue et visitée que sa voisine la Réserve de Monteverde, elle est aussi plus petite avec une superficie de 3 km2. Pourtant, elle offre un impressionnant réseau de sentiers dont le Sendero Encatado (3,4 km) et le Sendero Del Bajo (2,6 km) permettant de découvrir une végétation d’altitude: fougères arborescentes, broméliacées, mousses et une incroyable diversité d’épiphytes qui poussent sur chaque espace disponible de la forêt.

La forêt semble dense et jointive vue depuis le sol alors qu’en réalité, les cimes des arbres ne se touchent pas. C’est ce que les scientifiques appellent « timidité des cimes ».

Les cimes des arbre semblent se rejoindre, mais ne se touchent pas. C’est ce que les scientifiques appellent « timidité des cimes ».

Pour profiter au mieux de la biodiversité de cette réserve naturelle, nous sommes partis tôt le matin en nous joignant à un petit groupe accompagné d’un guide naturaliste anglophone. A cette heure matinale, nous n’étions que 5 personnes, ce qui augmente les chances de faire de belles rencontres. La forêt de nuages de Santa Elena est semblable à celle de Monteverde. On évolue au milieu de gratte-ciels végétaux. Des arbres au tronc énorme supportant le double de leur poids en mousses et en épiphytes. La forêt secondaire comporte des arbres plus jeunes et comprend des zones plus dégagées et ensoleillées, propices à l’observation des oiseaux. Notre guide nous fait un magnifique cours de sciences naturelles: les plantes, les insectes et les nombreuses relations qui unissent tous les constituants de ce biotope fascinant. Les arbres sont immenses, s’enchevêtrent sans jamais se toucher, formant un tapis végétal qui parait impénétrable. Tous les étages sont occupés par la végétation, du sol jusqu’aux cimes. On avance à pas de loup, en scrutant mètre après mètre les tiges et les feuilles dans l’espoir de tomber sur un habitant de cette forêt de nuages. Il faudra être silencieux et très patient…

« Si ce n’est aujourd’hui, ce sera pour demain: rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse, et que malgré tout, nous florissons, quand nous nous armons de patience.»
(Frédéric Mistral – Les Olivades, recueil de poésies provençales)

Le « Phytolaque » est une grande plante de trois à quatre mètres de haut avec des tiges roses et des baies semblables à de grosses myrtilles.

Le « Phytolaque » peut atteindre trois à quatre mètres de haut.

En se baladant sur le Sendero Encatado, notre chemin croise celui d’étranges plantes aux tiges roses à violacées et aux baies toxiques. Le Phytolacca ou « Phytolaque » est une grande plante de trois à quatre mètres de haut. Son nom anglais « pokeweed » vient de l’indien « pok » qui signifie sang, rapport à la couleur des tiges et des baies, semblables à de grosses myrtilles. Le jus des baies peut être employé comme teinture violette pour les tisserands. Malheureusement, il a aussi parfois été utilisé pour rehausser la couleur de vins de mauvaise qualité… Dans cette jungle, toutes sortes de plantes poussent de partout grâce au fort taux d’humidité que contient l’air. Au total, près de 2500 espèces de plantes ont été identifiées dans la région de Monteverde. En marchant dans cette forêt, chaque plante nous parait totalement insolite. Ici on trouve des Piperaceae à l’inflorescence unique: un long épi de fleurs très réduites, souvent comparées à une queue de rat et produites à partir de l’aisselle de la feuille. Les pipéracées ont une odeur forte et caractéristique, quelque part entre une senteur poivrée ou camphrée. Et là c’est une espèce à feuilles géantes appelée « oreilles d’éléphant », « Taro » ou encore Alocasia. Les feuilles géantes, en forme de cœur, sont épaisses avec des nervures très marquées apportant un relief très esthétique.

Dans la Réserve Santa Elena, on trouve des Piperaceae à l’inflorescence unique : un long épi de fleurs très réduites, souvent comparées à une queue de rat.

Les Piperaceae ont une inflorescence unique en forme de long épi de fleurs très réduites, souvent comparées à une queue de rat.

Dans cet eden ou enfer vert (tout dépend de votre point de vue), on ne peut qu’admirer les fleurs colorées qui contrastent avec les différentes nuances de vert autour de nous. Très fréquent dans toutes les zones humides de forêt, le Faux arum (Spathiphyllum), aussi appelé Voile blanche ou Fleur de lune, a un magnifique feuillage vert brillant d’où s’échappent des inflorescences très originales. Au bout d’une longue tige, tel une voile, une élégante bractée blanche (spathe) entoure des inflorescences blanches parfois teintées de vert ou de crème. Vous avez peut-être cette plante tropicale en pot chez vous car notre Spathiphyllum fait partie des plantes dites « dépolluantes » de par leur capacité à absorber les substances volatiles nocives présentes dans nos appartements. Tout aussi élégante, la Kohleria tigridia possède des fleurs mouchetées en forme de clochette de 2 à 3 centimètres de long. Son feuillage duveteux lui permet de capturer l’humidité. Quant au Columnéa (Columnea microphylla), ses fleurs tubulaires de grande taille et d’une couleur jaune, orange ou rouge vif ressemblent presque à un poisson (rouge)… avec un peu d’imagination. Les columnéas se distinguent par un caractère épiphyte, poussant sur les arbres qui leur servent de support.

Le Columnéa (Columnea microphylla) arbore de fleurs tubulaires de grande taille et d’une couleur jaune, orange ou rouge vif ressemblent presque à un poisson (rouge)

Le Columnéa (Columnea microphylla) arbore de fleurs tubulaires de couleur jaune, orange ou rouge vif ressemblant presque à un poisson (rouge).

 

A la recherche du Quetzal resplendissant, l’oiseau sacré de… Monteverde

A quoi peut bien ressembler le Quetzal Resplendissant, l’un des plus beaux oiseaux au monde ? Il paraît que les ornithologues du monde entier se pressent à Monteverde pour observer cette espèce emblématique des civilisations Mayas et Aztèques ! Croiser le chemin du Pharomachrus mocinno (le Quetzal resplendissant) dont la queue du mâle peut mesurer jusqu’à 65 centimètres est parait-il un signe de chance mais que le blesser ou le capturer frappe de malédiction. Bref vous l’aurez compris, voir un Quetzal resplendissant dans son milieu naturel (la haute canopée tropicale, à 1000 à 2000 mètres d’altitude) c’est un très rare privilège, vous vous sentirez « l’élu », comme choisi parmi les dieux…

« Promenons-nous dans les bois
Pendant que le Quetzal n’y est pas
Si le Quetzal y était
Il nous éblouirait
Mais comme il n’y est pas
Il ne nous éblouira pas
Quetzal, y es-tu ? Entends-tu ? Que fais-tu ? »

Star de Monteverde, le Quetzal resplendissant est un oiseau au plumage vert émeraude avec une poitrine rouge rubis. Il est considéré comme l’un des plus beaux oiseaux du monde.

Star de Monteverde, le Quetzal, oiseau resplendissant au plumage vert émeraude et une poitrine rouge rubis, est considéré comme l’un des plus beaux oiseaux du monde.

Le Quetzal est un oiseau d’une trentaine de centimètres appartenant à la famille des Trogonidae. Il est aussi connu sous le nom de « tepeaguacate » en raison de sa prédilection pour les avocats. Grâce à son plumage exotique vert émeraude et une poitrine rouge rubis, le Quetzal resplendissant est considéré comme l’un des plus beaux oiseaux du monde. C’est un véritable symbole dans les pays d’Amérique Centrale: il donne son nom à une monnaie (le quetzal guatémaltèque) et il était considéré comme un animal sacré par les Mayas et les Aztèques. Les Aztèques avaient établi un lien entre cet oiseau et Quetzalcóatl tandis que les Mayas l’avaient associé à Kukúlkan, c’est-à-dire pour ces deux anciennes civilisations: la divinité du serpent à plumes. Étymologiquement, le mot « quetzal » vient du Nahuatl mexicain quetzalli, qui signifie « belles plumes brillantes ». Le grand empereur aztèque Moctezuma avait des plumes de quetzal qui décoraient ses vêtements ! La valeur sacrée des plumes était telle que seuls les prêtres et les hauts gouverneurs pouvaient les porter.

Le mâle Quetzal possède quatre plumes supra-caudales vert émeraude et iridescentes. Son plumage est majoritairement de couleur vert émeraude et change en fonction du rayonnement lumineux.

Le mâle Quetzal possède quatre plumes supra-caudales vert émeraude et iridescentes et un plumage majoritairement vert émeraude.

Les plumes caudales (la queue) sont les plus précieuses étant donné leur dimension et leur pigmentation éclatante. Les mâles possèdent quatre plumes supra-caudales vert émeraude et iridescentes. Comme souvent chez les oiseaux, en raison du dimorphisme sexuel, les mâles sont considérablement plus attirants que les femelles qui ont des couleurs plus ternes (une coloration verte et grisâtre) et ne développent pas de queue. Le plumage du mâle est majoritairement de couleur vert émeraude et change en fonction du rayonnement lumineux. En fait, en fonction de la lumière du soleil, on peut observer des nuances bleues ou dorées. La magie vient des bandes de pigments de mélanine régulièrement à 5 400 angströms, provoquant des interférences qui « piègent » la plupart des couleurs de la lumière mais réfléchissent la lumière verte, qui rebondit vers notre œil.

« Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. »
(Fables de Jean de La Fontaine, Livre premier, II, le Corbeau et le Renard)

Bien que le quetzal soit considéré comme l’un des plus beaux oiseaux du monde, il est en danger dans toute son aire de répartition du sud du Mexique au nord-ouest du Panama en raison notamment de la perte de son habitat lié à la déforestation. Le changement climatique et la destruction de son habitat ont contribué à la disparition de plus de la moitié de ses lieux de nidification, avec toutes les répercussions que cela entraîne pour les populations futures. L’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) l’a inscrit sur la liste rouge dans la catégorie des espèces quasi-menacées. De plus, l’attrait et le poids mythologique du quetzal font qu’il est victime du braconnage et de commerce illégal. Mais le taux de perte est épouvantablement élevé puisque une fois capturé, le quetzal est incapable de vivre en captivité: il meurt donc peu de temps après !

 

L’Araponga blanc: l’oiseau de plus bruyant de Monteverde… et du monde

Tout comme chez les humains, la faune qui peuple notre planète regorge de records en tous genres. L’Araponga blanc, de son nom scientifique Procnia albus, a été désigné par des biologistes américains comme l’oiseau le plus bruyant du monde (étude du magazine Current Biology). Il domine de justesse le Piauhau hurleur selon des enregistrements scientifiques. Le cri du mâle pour séduire la femelle frise les 116 décibels, autant qu’un concert de rock ! Comment ce petit volatile qui chante par amour peut-il atteindre un tel volume à vriller les tympans ou à faire battre le cœur de madame ? Et comment madame fait-elle pour le supporter ? Un mystère que nous allons tenter d’élucider…

De la taille d’une colombe (250g en moyenne), le mâle Araponga blanc est facilement reconnaissable puisqu’il arbore un joli plumage blanc avec une queue assez courte.

De la taille d’une colombe (250g en moyenne), le mâle Araponga blanc est facilement reconnaissable à son plumage blanc et sa queue assez courte.

L’Araponga blanc est une espèce d’oiseaux endémique d’Amérique du Sud, appartenant à la famille des cotingidae, autrement dit les passereaux. Il y vit dans la canopée, où il se nourrit essentiellement de fruits qu’il peut engloutir entiers. Chez l’araponga blanc, le mâle est facilement reconnaissable puisqu’il arbore un joli plumage blanc avec une queue assez courte. La femelle est quant à elle de couleur vert olive. Mais le plus étonnant chez le mâle c’est une longue excroissance de chair noire, appelée caroncule, qui pend sur le côté de son bec. De la taille d’une colombe (250g en moyenne), ses côtes, tout comme ses muscles abdominaux, sont particulièrement développés ce qui permettrait à l’oiseau de crier aussi fort: tellement de décibels dans aussi peu de volume ! Qui imaginerait que du gosier de ce petit oiseau blanc sorte un son aussi puissant, industriel et métallique…

L’Araponga blanc a un chant puissant et métallique.

Là où d’autres oiseaux font la roue, mettent leurs plumages en valeur, ou chantent mélodieusement, l’araponga blanc fait la cour en hurlant sa sérénade à la face de ses prétendantes. Selon les scientifiques, le cri de l’araponga atteint en moyenne 116 décibels (dB), frisant même parfois les 125 décibels. Pour avoir une idée plus précise de ce que cela représente, sachez qu’au-delà de 85 dB, un son est considéré risqué pour l’oreille humaine, avec un seuil de douleur déterminé à 120 dB. En comparaison, le bruit fait par un marteau-piqueur est d’environ 100 décibels. Celui fait par une tronçonneuse ou un coup de tonnerre est de 120 décibels… Autant dire que ce petit passereau qui semble discret, peut réveiller toute une forêt quand il se met à crier !

« Dans son cri, il y a tout. L’espoir, la nostalgie, le printemps. »
(Le caveau de famille – Katarina Mazetti)

L’araponga blanc commence par chanter la première note vers l’extérieur, avant de se tourner de manière assez théâtrale vers sa prétendante. Il se gonfle alors d’air comme une cornemuse, ouvre son bec et envoie ses 116 décibels pour vriller les tympans ou faire battre le cœur de sa belle… Un mystère reste cependant entier: pourquoi les femelles se tiennent-elles aussi près des mâles lorsqu’ils crient, risquant ainsi des dommages auditifs ? Certains scientifiques émettent l’hypothèse que celles-ci soient tout simplement sourdes… Mais à ce jour, rien n’a pas encore été étudié ou prouvé. Peut-être que la femelle fait simplement la sourde oreille ?

Désigné comme l’oiseau le plus bruyant du monde, le mâle Araponga blanc arbore une longue excroissance de chair noire, appelée caroncule, qui pend sur le côté de son bec.

Le mâle Araponga blanc connu comme l’oiseau le plus bruyant du monde arbore une longue excroissance de chair noire, appelée caroncule pendant sur le côté de son bec.

 

Le « Café Colibri » de Monteverde: l’étonnant ballet des colibris

Peu après la sortie de la Réserve Santa Elena, se trouve le « Café Colibri ». Tout en dégustant des Chorreadas (crêpes traditionnelles du Costa Rica préparées avec du maïs frais) accompagné d’un café provenant des plantations de Monteverde, vous pourrez observer l’étonnant ballet des colibris qui envahissent les alentours attirés par de l’eau sucrée. Observer cet oiseau est vraiment fascinant. En revanche, il est beaucoup moins aisé à prendre en photo, surtout en vol ! On rencontre le colibri sur presque tout le continent américain, en Amérique du nord comme en Amérique du sud. On le trouve dans des environnements très variés, allant des régions arides, aux plaines, en passant par la haute montagne et la forêt vierge. Le Costa Rica compte 46 espèces de colibris sur les 340 espèces réparties sur continent américain. Les colibris, au même titre que le papillon morpho, le toucan, les tortues marines et bien d’autres, font partie des animaux emblématiques du Costa Rica, à tel point qu’il figure sur le billet de 20 000 colons.

Parmi les petits colibris du Costa Rica le colibri de Mitchell a la taille d’un bourdon géant.

La taille du colibri de Mitchell du Costa Rica peut être comparée à celle d’un bourdon géant.

 

Le Colibri est le seul oiseau au monde à pouvoir voler en arrière

Chez les colibris parfois aussi appelés oiseaux-mouches à cause de leur taille lilliputienne – comme ce minuscule colibri de Mitchell (3 grammes) – et de leurs mouvements d’ailes rapides, on a l’impression que tout n’est que record. Considéré comme le plus petit oiseau au monde, le colibri d’Elena (Mellisuga helenae) ou colibri-abeille ne pèse que 1,5 à 1,9 grammes pour environ 5 centimètres soit le poids d’une amande ! Il faut dire qu’outre sa beauté qui fait l’unanimité, le colibri impressionne par sa grande agilité. Appartenant à la famille des Trochilidés, ces acrobates du ciel sont des champions question vol. Ils sont célèbres pour leurs incroyables facultés à faire du surplace tout en battant des ailes: jusqu’à 100 battements d’aile par… seconde avec un cœur qui bat à 1.000 battements par minute ! Les colibris sont capables d’effectuer des vols extrêmement rapides, de voler de haut en bas ou de voler à reculons comme ceCampyloptère violet mâle. Si le colibri bat des ailes de haut en bas comme les autres oiseaux, il est aussi capable de faire l’inverse, avec un mouvement de bas en haut à l’instar de certains insectes. Cela lui permet de reculer, une aptitude que lui seul possède. Des observations menées dans une soufflerie en Californie, ont montré que le colibri se déplace en moyenne à 56 km/h mais qu’il peut atteindre les 97 km/h notamment lors de piquets acrobatiques visant à séduire une partenaire. Même à grande vitesse, le colibri possède une agilité hors norme qui serait dû à son cerveau très développé. Proportionnellement à sa taille, son cerveau est l’un des plus gros du règne animal: il représente 4,2 % de son poids total. Si l’on ose la comparaison avec le plus grand oiseau actuel, le cerveau de l’autruche représente 0,02% de son poids total. Maintenant, on peut se demander qui de ces 2 oiseaux « a une cervelle d’oiseau » ?

Le Campyloptère violet arbore un magnifique plumage violet et métallique. Son bec noir et très fin lui permet d’atteindre les profondeurs de la fleur et d’aspirer le précieux nectar.

Pourvu d’un bec noir et très fin, le Campyloptère violet arbore un magnifique plumage violet et métallique.

 

Le colibri, un petit oiseau amateur de nectar

Autre record à son actif, le colibri possède le taux de métabolisme le plus rapide de tous les vertébrés. Dans une étude publiée en 2013, les scientifiques ont estimé que si le colibri avait la taille d’un être humain, il lui faudrait boire plus d’une canette de soda pour chaque minute de vol. Pour compenser cette activité volante très énergivore, le colibri se nourrit du nectar des fleurs: nectarivore à 90%, il peut ainsi visiter jusqu’à 1 000 fleurs en une seule journée ! Grâce à son bec très fin, il peut atteindre les profondeurs de la fleur et aspirer grâce à sa langue fourchue (en forme de W et pourvue de poils) le précieux nectar. Le colibri porte-épée (Ensifera ensifera) est d’ailleurs le seul oiseau dont le bec est plus long que le corps, avec 8 cm de longueur. Il faut aussi savoir que le colibri est du genre petit mais costaud… et plutôt bagarreur. Souvent très territoriaux, les colibris mâles ne supportent pas de concurrence sur leur territoire peuvent se battre, en vol bien entendu: autour d’un arbuste en fleurs, quelques cris retentissent parfois, pour savoir à qui sera la fleur…

Le colibri à gorge pourprée mâle a un plumage essentiellement vert avec la gorge violette et la queue noirâtre.

Le colibri à gorge pourprée mâle a un plumage un peu ébouriffé composé de vert, avec la gorge violette et la queue noirâtre.

 

L’étonnant plumage du colibri: un oiseau de lumière

En plus de leurs prouesses de voltige et de ravitaillement en vol, les colibris nous offrent un spectacle haut en couleurs: leurs plumes oscillent entre le jaune, le vert, le mauve et le bleu. Comme d’autres oiseaux, le colibri présente ce qu’on appelle un dimorphisme sexuel. En résumé: le mâle et la femelle n’ont pas la même apparence. Chez le colibri à gorge pourprée, le mâle a un plumage essentiellement vert avec la gorge violette et la queue noirâtre tandis que la femelle a le dessous roux et l’extrémité de la queue blanche.

Le colibri à gorge pourprée femelle arbore un plumage essentiellement roux au-dessous et l'extrémité de sa queue blanche.

Le colibri à gorge pourprée femelle se pare d’un plumage roux au-dessous et à l’extrémité de sa queue blanche.

Le colibri arbore de superbes couleurs aux reflets métalliques (comme ce colibri insigne mâle) qui sont dues à la diffraction des rayons lumineux produite par la structure particulière des cellules ses plumes: les plumes irisées d’un colibri peuvent tantôt paraître éclatantes, tantôt demeurer sombres et ternes en fonction de l’angle de vue. En fonction de la position de l’oiseau, comme ce Colibri thalassin, les couleurs changent complètement. Les teintes changent au fur et à mesure que l’oiseau bouge. Le résultat est tout à fait hypnotisant.

Le colibri thalassin arbore un plumage essentiellement vert avec des joues bleu violacé et une bande sombre sur la queue.

Le colibri thalassin du Costa Rica à fier allure avec son plumage vert et ses joues bleu violacé.

Afin de profiter pleinement des couleurs iridescentes, l’observateur doit être le plus possible au même niveau que la source de lumière. Cette iridescence est rendue possible non par la pigmentation mais par la structure particulière des plumes: elle est responsable des reflets vert bouteille, des reflets dorés et cuivrés et des myriades d’autres couleurs sur certains colibris ! Et cette explosion de couleurs est quelquefois doublée d’ornements plumeux, qu’il s’agisse de huppes ou d’appendices au niveau de la gorge, des oreilles ou de la queue. Des oiseaux fascinants, il en existe des tas. Mais des oiseaux aussi magiques que les colibris, on n’en avait encore jamais croisé !

 

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