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L’état du Maine dont les plaques d’immatriculation claironnent « Vacation Land » est très majoritairement recouvert de vastes forêts et ponctué de plus de 6000 lacs. Le Maine est aussi l’état qui fournit, à lui seul, 90% de la production nationale de homard. En version grillée, au court-bouillon ou à la vapeur, vous trouverez du homard en gratin, en sandwich ou en salade, voire même dans un cornet à glace… il fallait oser ! Pour le dessert, pas d’hésitation, on préfèrera les myrtilles sauvages, autre spécialité locale. En effet, 99% des myrtilles sauvages récoltées aux États-Unis proviennent du Maine. N’hésitez pas à tester le cocktail local: le Blueberry Daiquiri. Mais outre l’intérêt gastronomique, la découverte du Maine passe aussi par son incroyable diversité naturelle: des falaises longeant l’océan, des étangs scintillants, des lacs aux eaux cristallines, des plages rocheuses et la possibilité d’apercevoir de nombreux animaux sauvages. Au large de la côte Atlantique, le parc national d’Acadia est l’un des plus beaux lieux naturels de l‘est des États-Unis et du continent nord-américain.

 

Le parc d’Acadia : un petit parc national du nord-est des États-Unis

Le parc national d’Acadia est l’un des plus vieux parcs nationaux et l’unique parc national du nord-est des États-Unis, à trois heures de route de Boston et cinq heures de Québec. La zone était jadis le site de pêche et de chasse du peuple amérindien des Abénakis (ou Wabanaki). Le nom Abénakis provient des termes « waban » (aurore) et « Aki » (terre), signifiant « peuple du soleil levant ». La région fût découverte par des colons français au début du 17ème siècle et fût baptisée « l’île des Monts Déserts » (Mount Desert Island) en 1604 par Samuel de Champlain lors de son exploration de la province française d’Acadie. Véritable point de rencontre entre l’océan et la montagne glaciaire, le parc regroupe le Mount Desert Island et les petites îles associées au large de la côte Atlantique. Il fût créé le 8 juillet 1916 sous le nom de « Sieur de Monts National Monument » (en l’honneur de Pierre Dugua de Mons ou Du Guast, sieur de Monts, fondateur de l’Acadie et du Canada). Il fût rebaptisé trois ans plus tard (le 26 février 1919) en « Lafayette National Park » en l’honneur cette fois du marquis de Lafayette, fervent partisan français de la Révolution américaine. C’est seulement le 19 janvier 1929 par décision du Congrès que le parc devient officiellement « l’Acadia National Park », un lieu de conservation de la Nature au cœur du Maine. Océan, plages, montagnes, immenses forêts parsemées de lacs et prairie font le décor de ce parc national: un pur plaisir pour les yeux.

« Aussi longtemps que je vivrai, j’entendrai les chutes d’eau, le chant des oiseaux et du vent, j’apprendrai le langage des roches, le grondement des orages et des avalanches et je resterai aussi près que possible du cœur du monde ».
(John Muir – Un été dans la Sierra)

Le parc national d’Acadia est l’un des plus petits en surface des parcs nationaux américains; il se classe cependant dans la liste des 10 parcs américains les plus populaires. En plus de Mount Desert Island (122 km2), le parc comprend l’Isle au Haut (11 km2), une petite île située au sud-ouest de Mount Desert Island. A l’est du parc, sur le continent cette fois, une partie (9,6 km2) de la péninsule de Shoodic – au sud de Winter Harbor – fait aussi partie du parc.

Sur les carriage roads du parc national d’Acadia se trouvent 17 ponts en béton armé recouverts de granit. La Park Loop Road croise quelques-uns de ces ponts.

Au milieu des années 1800, les riches familles Rockfeller, Morgan, Ford ou encore Vanderbilt viennent passer leur été à Mount Desert Island. Si la seconde Guerre Mondiale ainsi qu’un grand incendie mettent fin à cet engouement, le charme élégant de la Nouvelle-Angleterre et l’ombre du philanthrope John D. Rockefeller Jr. planent encore sur le parc. C’est en grande partie dû aux fameuses « carriage roads », 70 kilomètres de routes carrossables créées entre 1913 et 1940, à l’origine pour les calèches. On imagine sans peine les dames vêtues de leur élégante capeline et les messieurs en costume, arborant une fine moustache, en grande conversation dans une calèche protégés par l’ombre des grands conifères. Si vous n’aimez pas le vélo ou la marche à pieds ou si vous êtes simplement amateurs de sensations d’antan, vous pourrez louer des chevaux ou des carrioles pour une promenade sur cette route gravillonnée. Vous adorerez ce sentier qui serpente au milieu des arbres, émergeant de temps à autre sur l’un des 17 ponts en béton armé recouverts de granit qui jalonnent le parcours. On sillonne les flancs de colline et les fonds de vallées luxuriantes; la vue occasionnelle sur l’océan permet même de surplomber de minuscules ports qui abritent les flottilles de homardiers. Il est possible de faire des arrêts pour découvrir les nombreux lacs comme le Eagle Lake, l’un des plus grands lacs d’eau douce du parc. Baptisé à l’origine « Great Pond and Young’s Pond », Eagle Lake a été renommé par le peintre paysagiste Frederic Edwin Church au milieu des années 1800. Sa peinture « Eagle Lake Viewed from Cadillac Mountain » est une magnifique représentation du lieu.

Dans le parc national d’Acadia, une magnifique vue sur Eagle lake au petit matin alors que le soleil vient tout juste de se lever. Les montagnes arrondies se reflètent dans les eaux du lac.

Longue de 43 kilomètres, la Park Loop Road (route à sens unique) permet de découvrir en voiture l’essentiel du parc et de ses différents panoramas: la côte, les forêts et les montagnes. Pour une visite express et sans effort, les curieux peuvent opter pour la balade en auto en s’arrêtant aux différents points de vue ! Mais bien entendu, c’est en randonnant que l’on s’imprégnera véritablement de la magie des lieux. Le parc dispose d’un réseau de plus de 200 kilomètres de sentiers pédestres en bord d’océan et dans les terres.

Le jour se lève sur les eaux calmes de la Frenchman Bay dans le parc national d’Acadia. Une mince brume enveloppe les Porcupine Islands.

 

Cadillac Mountain: le point culminant du parc national d’Acadia

Le parc national d’Acadia a pour sommet Cadillac Mountain qui culmine à 466 mètres d’altitude. Le mont Cadillac, du nom de l’explorateur français Antoine de la Mothe Cadillac, est la plus haute montagne de toute la côte Est des États-Unis. Un chemin de fer à crémaillère, la Green Mountain Railway Company, reliait dans les années 1880, la rive du lac Eagle au sommet de Green Mountain (aujourd’hui connu sous le nom de Cadillac Mountain). Des visionnaires audacieux voulant tirer profit de la foule croissante de visiteurs, ont donné vie à cette curieuse attraction et ont permis à des milliers de personnes de s’émerveiller devant le panorama de Mount Desert Island. Malheureusement, son existence fût relativement brève et son activité cessa dès 1895. Aujourd’hui, une route sinueuse de 5,5 kilomètres permet de relier le sommet du Mont Cadillac. Du sommet, on une vue à 360° sur les montagnes arrondies, sur l’océan et les îles particulièrement magique à l’aube, lorsque le soleil de lève sur la Frenchman Bay.

Le soleil apparait enfin derrière le léger voile de brume et embrase d’orange et de rouge le ciel et les eaux de la Frenchman Bay.

Compte tenu de son altitude et de sa position très à l’Est sur le continent, le Mont Cadillac est réputé pour être le premier point des États-Unis éclairé par le soleil du matin. C’est en partie vrai: à cet endroit d’octobre à mars il est possible d’apercevoir le lever du soleil en premier aux États-Unis ! Le reste de l’année, cet honneur revient aux villes côtières du nord en raison de l’inclinaison de la Terre. Premier rayon de soleil ou non, cela vaut vraiment la peine de se lever et d’arriver très tôt (même si la montée en voiture vers le MontCadillac peut ressembler à l’heure de pointe). Pour les touristes, les randonneurs intrépides et les photographes qui n’ont pas peur de se réveiller à 4 heures du matin, on profite de ce magnifique rituel de la Terre qui se réveille sur la Frenchman Bay et les Porcupine Islands: un lever du soleil dans un paysage du bout du monde !

« Abigail s’éveilla avant l’aube, prit sa voiture et emprunta la route en lacet qui menait à Cadillac Mountain. Arrivée au sommet, tout de granit rose, elle s’arrêta et sauta d’un bond hors du véhicule. Le lever de soleil sur le Maine baignait le ciel de teintes lavande, roses, orangées. Au-dessous d’elle, on commençait à distinguer l’océan, la baie, les îles, et elle entendait les murmures de plaisir des autres lève-tôt ».
(Carla Neggers – Noces de sang)

Des crêtes de granite érodées, des vallées en forme de U, des lacs étroits et profonds, une baie océanique… Le panorama que l’on embrase depuis le Mont Cadillac raconte l’histoire géologique de la région, celle un paysage sculpté par les glaciers. Les îles que vous apercevez sont formées de roches plus résistantes, les roches plus tendres autour d’elles s’étant érodées. Le Mont Cadillac constitue le plus grand socle granitique de Mount Desert Island. Ce granit rose datant de 400 millions d’années a été altéré par plusieurs vagues de glaciers, entrainant des fractures de la roche et formant des blocs rectangulaires ou carrés.

Tandis que le ciel se teinte de couleurs orangées, le granit rose de Cadillac Mountain se dévoile peu à peu au milieu d’une végétation clairsemée.

 

Le phare de Bass Harbor: l’icône du parc national d’Acadia

Célèbre pour ses homards, l’état du Maine l’est également pour ses 65 phares toujours en activité, qui lui ont valu le surnom de « Lighthouse State ». Les phares du Maine, répartis sur des côtes escarpées ou sur des îlots, guident les marins le long de la côte depuis des siècles. Ah, comment résister au charme de ces fières constructions qui se dressent faisant face à l’assaut des vagues et qui illuminent les braves navires affrontant les éléments, leur cale pleine d’huile de baleine ! Bon OK, l’époque des baleiniers et de Moby Dick est révolue mais ces bâtiments imposants gardent un certain charme et sont très photogéniques ! On pensait que le Maine avait la palme d’or des phares en activité avec ses côtes découpées et bien que nenni… C’est l’état du Michigan qui est sur la première marche du podium à cause du trafic maritime sur les Grands Lacs.

Le phare de Bass Harbor, est une tour cylindrique blanche d’une hauteur de 10 mètres est surmontée d’une lanterne noire qui émet une lumière rouge.

A l’extrémité sud-ouest du parc national d’Acadia, la route 102 traverse le village de Bass Harbor. Nous continuons encore plus au sud, sur la 102A juste pour voir jusqu’où la route nous Maine ? Peut-être jusqu’au phare de Bass Harbor (Bass Harbor Head Lighthouse) qui a la réputation d’être l’endroit le plus photographié du parc national d’Acadia, voire de la Nouvelle-Angleterre. Il est vrai que son emplacement en bord de mer, parfaitement perché sur les rochers, est à couper le souffle. Situé sur la commune de Témont surnommé « the quiet side », c’est le seul phare de Mount Desert Island. Construite en 1858, cette tour cylindrique blanche d’une hauteur de 10 mètres est surmontée d’une lanterne noire qui émet une lumière rouge visible jusqu’à 13 miles nautiques (soit environ 24 kilomètres). Toujours habité par les garde-côtes, ce phare ne se visite pas.

Un voilier croise au large du phare de Bass Harbor, propulsé par la force du vent ou par son moteur ?

Un court sentier (le Ship Harbor trail) permet d’accéder au phare. On crapahute sur les rochers en faisant le plein d’embruns marins. L’océan, le bruit du ressac, les trous d’eau dans les rochers emplis de vie marine, les voiliers qui passent au loin… cet endroit est juste apaisant et authentique.

 

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