Amateurs de grands espaces, de forêts denses et de magnifiques couchers de soleil, cette région des Grands Lacs est faite pour vous ! Elle se prête à des séjours sportifs ou axés sur la nature. Les Grands Lacs ou « Great Lakes » sont au nombre de cinq (avec leurs 35 000 petites îles) et s’étalent au nord-est des Etats-Unis sur une superficie de 244 100 km2: le lac Supérieur, le lac Huron, le lac Michigan, le lac Érié et le lac Ontario. Quatre lacs sur ces cinq partagent une frontière avec le Canada. Le lac Michigan est le seul lac à être entièrement situé sur le territoire américain. Les nombreux parcs d’Etat qui jalonnent cette région sont une promesse de grandes randonnées mais aussi de nombreuses activités aquatiques (voile, kayak, canoë, plongée, pêche…). Un voyage dans la région des Grands Lacs c’est l’occasion de découvrir les grands espaces nord-américains… Alors, êtes-vous prêts à faire un peu d’exercice en empruntant un sentier de randonnée dans l’un des nombreux parcs de la région ou l’une des superbes pistes cyclables qui longent l’un des lacs ?

Muskegon State Park, le soleil pointe son nez…

Le lac Michigan est connu pour ses grandes plages de sable fin souvent agrémentées de dunes comme ici à Muskegon State Park. Il est agréable de s’y prélasser ou de s’y balader dès que le soleil pointe son nez… et ce jusqu’à ce qu’il se couche. On se laisse totalement imprégner par la pureté de l’atmosphère et par cette clarté qui apparaît ou disparaît lentement à l’horizon… avec en toile de fond le phare de Muskegon. Le lever ou le coucher de soleil sur le lac sont vraiment magnifiques: je ne me lasse pas de ce spectacle où la lumière est si belle et les couleurs si différentes à chaque fois ! Comme le dit si bien l’auteur italien d’aphorismes, Fabrizio Caramagna: « Quelle sensibilité a le soleil ! Rougir tous les soirs lorsqu’il se couche ». Le lac Michigan est tellement étendu (494 kms de long pour 190 kms de large) que l’on s’y sent comme en bord de mer… ou plutôt de l’océan si on tient compte des nombreux phares qui jalonnent la côte: des vagues, des mouettes, du sable, des phares et surtout une gigantesque étendue bleue ! Il n’y manque que la sensation de sel sur la peau quand on sort de la baignade… C’est un véritable paradis pour les marins d’eau douce qui sortent leurs voiliers. Certaines têtes brûlées profitent même des vagues (enfin des vaguelettes) et sortent la planche…

Silver Lake State Park, conduite sur sable

Les locaux se vantent d’avoir les plus belles plages et les plus belles dunes de sable du Midwest ! Vous n’êtes pas encore convaincus ? Alors partons à découverte du Silver Lake State Park, un petit bijou ignoré du Michigan, situé le long du littoral du lac Michigan entre Muskegon et Ludington. Moins fréquenté que son cousin le Sleeping Bear Dunes, le Silver Lake State Park offre pourtant de superbes dunes de sable (une étendue de 8 km2) nichées entre les rives du lac Michigan et celles du lac Silver. Une grande partie du parc est réservée à la randonnée pédestre… Vous pouvez partir à l’assaut des dunes… et attraper à coup sûr de bonnes courbatures aux mollets. Si la plupart des gens escaladent la première dune, il n’y a plus grand monde quand vous vous enfoncez plus profondément dans ce désert de sable… En laissant l’imagination vagabonder, on se croirait presque sur Arrakis… vais-je rencontrer un Fremen au détour de la prochaine « Dune » ? Mais non… vos seuls compagnons de route seront les souches et les troncs d’arbres anciens, témoins fantômes de très vieilles forêts. Enfin, rien ne peut rompre l’enchantement (même pas le moindre petit grain de sable) du panorama d’une dune de sable immense qui semble descendre sans fin vers un lac d’une couleur bleue intense. Une vertigineuse descente vous attend… Arrivés au bord du lac, une longue plage de sable, parsemée de bois flotté, s’étire devant vous entre les dunes herbues et les eaux bleutées… Farniente à l’horizon ! Si vous êtes plutôt un adepte de « randonnée motorisée », pas de panique, le parc a une partie réservée à la pratique de la conduite sur sable. Vous pourrez jouer les « Stéphane Peterhansel » en rêvant d’être au volant d’une voiture tout-terrain lors d’une étape du célèbre Paris-Dakar… Sinon vous pouvez vous contenter de quelques sensations fortes de conduite sur sable avec les célèbres promenades de Mac Woods !

Cuyahoga Valley National Park, lac Kendall

Lorsque l’on entend les mots, « National Park », on a tendance à ne penser qu’à des parcs immenses et montagneux de l’Ouest américain mais ils ne sont pas tous comme ça… Devenu parc national en 2000, le Cuyahoga Valley National Park au sud de Cleveland dans l’Ohio, fait partie des parcs nationaux les plus visités des États-Unis mais il est peu connu des Européens. C’est une promesse de faire le plein de chlorophylle à quelques kilomètres d’une grande ville… le parc s’étend sur 134 km2 le long de la rivière Cuyahoga jusqu’à la chaîne de montagnes Alleghney. Et là vous vous demandez sûrement: mais d’où lui est venue l’idée de visiter ce parc ? Tout simplement à cause du thriller très noir « La compassion du diable » de Fabio M. Mitchelli. L’histoire (éloignez les âmes sensibles!) est une plongée terrifiante dans l’esprit d’un serial killer: juin 1981, dans le parc national de Cuyahoga Valley, près de Cleveland, deux containers sont découverts par des membres de l’unité forestière, chargé de faire des travaux. Dans ces gros récipients bleus, l’horreur absolue : des corps en décomposition dégageant une odeur abominable…. Un duo d’enquêteurs de la police criminelle, plutôt mal assortis, Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, sont en charge d’une drôle d’affaire ! Heureusement pour moi, la découverte de ce parc est beaucoup plus fun et colorée que insoutenable et noire ! Commençons notre visite par la cascade de Brandywine Falls (20 mètres de haut) qui est la star incontournable du parc. Un sentier de 1.6 kilomètres, le Brandywine Gorge Trial, permet d’explorer les abords de la cascade et de découvrir une végétation automnale magnifique qui nous offre un festival de couleurs rouges, vertes, et oranges. Tiens là une souche avec ses polyphores orangés et ici ne serait-ce pas une Impatiente du Cap (Impatiens capensis) avec ses petites fleurs d’un orange flamboyant tacheté de rouge ? Sur ses feuilles, les gouttelettes d’eau ont souvent un aspect brillant, argenté, comme un bijou ce qui lui a valu le nom anglais « Spotted jewelweed ». Il paraît que le jus extrait de ses tiges et de ses feuilles serait particulièrement efficace pour réduire les démangeaisons causées par les piqures d’insectes, d’ortie et d’herbe à puce… l’Impatiente du Cap joint l’utile à la beauté: la nature est tellement bien faite ! Outre cette cascade star, le parc renferme aussi d’autres magnifiques chutes d’eau (70 cascades recensées) toutes accessibles via une randonnée souvent courte et facile comme Blue Hen Falls ou Bridal Veil Falls.

Lac Erié au coucher du soleil… la lumière danse au-dessus des gratte-ciels de Cleveland !

Si vous êtes plutôt « étendue d’eau paisible pour pêcheurs ou pagayeurs », alors ne manquez pas le Kendall Lake, un lac artificiel créé en 1935. Cet espace lacustre, d’apparence calme, grouille de poissons-chats, de bars et de crapets. Vous pouvez emprunter le sentier qui boucle autour du lac et partir à la rencontre de la faune environnante: castors, écureuils, bernaches du Canada, oies et autres oiseaux aquatiques seront au rendez-vous ! Si vous ne souhaitez ni marcher, ni faire du vélo ou ni courir le long des canaux de l’Ohio ou de l’Érié pour découvrir ce parc, vous pouvez toujours emprunter le Cuyahoga Valley Scenic Railroad, un chemin de fer touristique qui traverse le parc (un voyage aller-retour de 3 heures). N’hésitez pas à descendre à l’une ou l’autre des nombreuses petites gares qui jalonnent le parcours afin de profiter de la vue, comme ici à Brecksville Station, ou pour visiter les nombreux bâtiments et curiosités historiques du parc: le Boston Store, ancien entrepôt et maison de pension dans les années 1830, le Canal Exploration Center, ancienne taverne et forge vieille de 150 ans, et le Wilson Freed Mill, moulin à broyer le grain construit en 1855. Mais, il est temps de rejoindre la ville de Cleveland et surtout les bords du lac Érié. À cause de sa faible profondeur de 19 mètres en moyenne sur son étendue de 25 700 km², le lac Érié reste imprévisible. Il est souvent calme mais peut devenir rapidement déchainé lorsqu’un vent violent se lève. Nous arrivons juste à temps pour assister au superbe coucher du soleil sur fond d’orage: nous sommes complètement hypnotisés par le mouvement gracieux des vagues et par la lumière qui y danse au-dessus des gratte-ciels de Cleveland. C’est presque un spectacle de fin du monde… La nuit est maintenant complètement tombée et le soleil a fait place aux lumières de la ville… quoique la pleine lune n’est pas en reste et brille aussi de mille feux !


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