Bon assez de ville, de voitures et de foule éclectique, partons vers l’est : la ville s’efface peu à peu et progressivement, les terres se vident et laissent place à de vastes étendues de sables et de montagnes de pierres. Enfin apparaissent les premières éoliennes, signe annonçant que Palm Springs est proche. Il y a des centaines, non, des milliers d’éoliennes qui tournent toutes chacune à leur rythme ! C’est incroyable et pourtant on ne peut s’empêcher de penser que le paysage est un peu gâché par ces machines. Notre destination, le Joshua Tree National Park, un espace de près de 3200 km2 de hauts plateaux et terres désertiques : isolement, nature sauvage, aridité et silence assourdissant… bref des conditions idéales pour écrire, méditer, se ressourcer !

Joshua Tree National Park

Le Joshua Tree est aussi appelé Yucca. Certains penseront à la pochette de l’album de U2 « Joshua Tree », mais l’arbre sur la photo a été abattu depuis, et il était de toute façon situé dans la Death Valley. Le nom Joshua, vient du fait que les Mormons, en arrivant dans le coin, on cru voir leur prophète Josué tendant les bras vers la Terre Promise dans la silhouette d’un de ces arbres… hallucinant ou hallucination à vous de voir ? Le Joshua Tree ne pousse que dans le sud-est californien et c’est un arbre vraiment atypique. Ici, la flore revêt des formes diverses et variées. On trouve beaucoup de cactus, de petits buissons, mais aussi des forêts de pins. Joshua Tree était dans les années 70 considéré comme l’épicentre de la culture californienne. C’était un lieu « branché », fréquenté par la communauté hippie qui venait s’y ressourcer et puiser l’inspiration. De nombreuses stars de la musique s’y sont également « recueillies »: Rolling Stones, Jimi Hendrix, les Eagles, etc. Aujourd’hui ce sont plutôt les grimpeurs du monde entier qui viennent ici pour escalader les Giant marbles.

Joshua Tree National Park, formes curieuses

Les immenses parois de pierre offrent en effet un terrain idéal et agréable à la pratique de l’escalade. Quand on se balade là bas, on a l’impression d’être minuscule. Les immenses blocs de roches s’amoncèlent d’une façon presque surnaturelle. On croit visiter des ruines, des murs se dessinent ça et là, on devine un amphithéâtre, puis d’autres formes curieuses. Plus loin, les pierres sont arrondies, et forment des boules presque parfaites. La végétation se mêle intimement à ces formations rocheuses de 100 millions d’années formées par le refroidissement de lave… et les autochtones veillent aux « nuts » ! Du fait de son climat, le parc est exempt de présence humaine et la faune, bien que présente, reste rare et de petite taille. Vous y trouverez cependant quelques chèvres, écureuils, rats kangourous, pumas, mais aussi, quelques coyotes qui animent les nuits en hurlant à la mort – charmant… et si vous êtes chanceux, vous tomberez peut-être sur un mouflon d’Amérique ou une tortue du désert !

Joshua Tree National Park, Autochtone

Après cette retraite spirituelle, direction Red Rock Canyon State Park plus au nord (pas très loin de Bakersfield). Situé sur la Highway-14, le Red Rock Canyon State Park dispose de spectaculaires formations rocheuses rouges (comme son nom l’indique). La zone était autrefois habitée par les Indiens Kawaiisu. Hagen Canyon, est une vallée de 1.5 kms de long entre des falaises multicolores et dont les formations rocheuses rappellent parfois celles que l’on peut observer au Nouveau-Mexique dans les Bisti Badlands. Par endroits, les formations ressemblent à des statues que l’on aurait taillées directement dans la pierre. Grâce à ses caractéristiques uniques et la proximité de Los Angeles, Red Rock Canyon a souvent été utilisé comme un lieu de tournage pour des films, des séries télévisées ou encore des publicités… Plus de 100 films ont été tournés dans le Red Rock Canyon State Park: « La Momie », « Jurassic Park », « La Planète des Singes » ou encore « Les dix commandements », de nombreux westerns comme « Zorro Rides Again », ou « Law and Order » avec Ronald Reagan.

Red Rock Canyon State Park, formations rocheuses rouges

Il y a 10 millions d’années, un lac se trouvait à la place de Red Rock Canyon. Suite à des mouvements tectoniques, le fond du lac s’est soulevé et a basculé en exposant de larges plaques sédimentaires. Le pendage à 17 degrés des couches géologiques est d’ailleurs bien visible sur l’ensemble du relief. L’érosion a ensuite fait son œuvre, creusant et ciselant les roches tendres pour former des canyons dans lesquels l’eau s’engouffre lors des rares mais intenses orages. La combinaison désert, grès rouges et érosion donne un paysage martien d’une beauté à couper le souffle. D’un abord très sec et minéral, Red Rock Canyon recèle en fait toute une flore adaptée à la sécheresse. Il pleut très rarement, mais quand la pluie tombe, les canyons se transforment en torrent et cascades et le terrain sableux emmagasine l’humidité, c’est alors la course contre la montre pour les végétaux qui sortent d’une sorte de mise en sommeil afin de pousser, fleurir, germer… avant que le soleil de plomb ne les forcent à utiliser toutes sortes d’artifices pour économiser la moindre trace d’humidité jusqu’à la prochaine pluie. Toute cette vie reprend : petites fleurs colorées, feuilles des plantes exhalant des essences hyper volatiles et odorantes, sol des oueds qui se craquelle sous la poussée de graines en train de germer, lichens colorés sur les rochers…. le tout formant un paysage stupéfiant !

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