Vous aimez les paysages lunaires et vous recherchez la solitude… alors ne cherchez plus, Bisti Wilderness est l’endroit dont vous rêviez ! Etes-vous prêt pour un « Rendez-vous en terre inconnue » mais sans Frédéric Lopez pour vous accompagner ? A environ 56 kilomètres au Sud de Farmington sur la Highway 371, vous entrez dans le Bisti Badlands, avec ses paysages irréels, paumé au milieu de nulle part. Peu visité et largement inconnu, c’est une étendue pittoresque et colorée de monticules ondulés et de roches érodées s’étendant sur une quinzaine de km2 (8 kilomètres de long pour 2 kilomètres de large) cachées dans le haut désert du bassin de San Juan. Bisti (BIS-tye qui se traduit par « une grande superficie de collines de schistes ») est un terme Navajo qui fait référence aux formations rocheuses que l’on trouve dans ces badlands. Cette zone n’est ni un parc régional, ni un parc national et n’a pas de « Visitor Center » non plus… C’est une Wilderness Area c’est-à-dire un endroit protégé, où toute activité « mécanique » (moto, quad, vélo électrique, trottinette, …) est interdite. Voilà, vous savez tout… Ah oui, j’allais oublier… il n’y a aucun balisage mis à part la pancarte sur le semblant de parking et il n’y a pas de sentier tracé non plus ! Il faut partir avec l’envie d’explorer par soi-même et découvrir ces merveilles de la nature ! Comme disait l’écrivain et voyageur Nicolas Bouvier: « En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais seulement que le voyage commence ».

Bisti Badlands, étendue pittoresque et colorée de monticules

Il n’y a donc pas de sentier bien précis à suivre pour visiter et découvrir Bisti Wilderness. Il faut prendre le temps d’errer quelques heures dans cette étendue incroyablement tourmentée et colorée, sans pour autant perdre son fil d’Ariane… histoire d’être sûr de retrouver le parking ! L’endroit regorge de ravins et de collines bariolées de toutes les couleurs et surtout de formations rocheuses d’une diversité prodigieuse: cheminées de fées (hoodoos), rochers aux formes improbables, arches, bois pétrifié… Sans relâche, l’eau et le vent ont érodé le sol pour créer des paysages torturés en façonnant des sculptures délicates et si fragiles. Nous évoluons dans un décor lunaire en savourant une solitude totale dans un environnement de toute beauté… Et comme chante le groupe Depeche Mode, « Enjoy the silence » !

Bisti Wilderness, décor lunaire

Une couche de roche plus dure et résistante reposant sur une couche de roche plus friable, propice à l’érosion: au fur et à mesure que le vent et l’eau érodent le rocher, la couche friable est enlevée rapidement tandis que la couche supérieure reste… Et voilà comment sont sculptées ces formations rocheuses étonnantes, que nous découvrons à chacun de nos pas. Les photographes amateurs que nous sommes voudraient s’attarder ici et là pour les prendre sous leur meilleur profil ! En laissant vagabonder l’imagination on pourrait presque apercevoir « un petit garçon jouant au ballon », « un dragon prêt à cracher du feu », un… Non, je ne vais pas tout vous dire quand même, faites un petit effort d’imagination vous aussi ! Au hasard de nos découvertes parmi ces milliers de hoodoos de toutes les formes et de toutes les teintes disséminées au milieu de collines et ravins, on vous livre en vrac: un personnage à casquette, un extra-terrestre, une tortue, un ours polaire sur la banquise, un poisson-globe ou encore un énorme crotale qui rampe… Il faut prendre le temps de grimper sur les monticules, de franchir les crêtes pour découvrir d’autres lieux insolites et des hoodoos bien dissimulés… J’ai un peu l’impression d’être dans la peau de Tintin, sur « L’étoile mystérieuse »… Regardez, juste derrière cette dune de sable multicolore, des troncs pétrifiés ! Ils sont parfaitement conservés et certains mesurent plusieurs mètres de long. Ils sont la preuve que des forêts luxuriantes ont dominé le paysage il y a des millions d’années…

Bisti Wilderness, Cracked Eggs

Mais le « Saint Graal » de Bisti Wilderness, ce sont les fameux Cracked Eggs aussi appelés Eggs factory (la nursery). Ces rochers en forme d’œufs sur le point d’éclore sont stupéfiants. La zone n’est pas très grande (seulement 50 mètres de long par 20 mètres de large) mais elle regorge de ces formations sphériques, dont certaines font plus de 1 mètre de diamètre. L’apparence tachetée et colorée des œufs est due à des dépôts de minéraux. Certains y verront des œufs de dinosaures fossilisés tandis que les cinéphiles se trouveront propulsés dans la saga « Alien » avec une reproduction des œufs d’où sortent les « Facehugger »… Je préfère penser qu’il y a 73 millions d’années, Mère Nature, en préparant son petit déjeuner, a laissé accidentellement tomber sa boîte d’œufs sur le sol sablonneux et a abandonné les coquilles brisées…

Formations rocheuses colorées

Mais il est temps de repartir via la Highway 371 en direction de la civilisation… Le paysage se métamorphose presque à chaque virage comme par enchantement. En à peine quelques kilomètres, on passe d’une plaine semi-désertique où poussent des plantes adaptées à la sécheresse, à des formations rocheuses colorées puis à une région des plateaux où l’on trouve de pittoresques canyons… A la courbe suivante, surgissent des dunes de sable puis des champs de lave recouverts d’herbe et de petits buissons, de sorte que le paysage est généralement de couleur verdâtre plutôt que noir… Il n’y a pas matière à discuter, le Nouveau-Mexique mérite amplement son slogan de « Land of Enchantment » ou « Tierra de Encanto ».


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