
Au sud des États-Unis, là où le Mississippi se love en croissant avant de rejoindre le Golfe du Mexique, s’étend un Sud métissé et flamboyant. À La Nouvelle-Orléans, la ville que l’on surnomme Big Easy, tout ou presque se fait à pied : on flâne dans le Garden District au son du Saint Charles Streetcar, ce tramway rendu célèbre par la pièce de Tennessee Williams, puis on rejoint Jackson Square et sa cathédrale d’un blanc immaculé, où le French Quarter swingue jour et nuit sur le tempo du zydeco. Pour prolonger l’itinéraire, je glisse vers d’autres d’autres carnets d’Amérique du Nord et centrale.
Au sud de la métropole s’ouvre le pays Cajun, terre des Acadiens chassés du Canada lors du Grand Dérangement. L’eau y est partout, et les bayous — du mot choctaw bayuk, « petit cours d’eau » — dessinent un réseau navigable de milliers de kilomètres. Dans la Barataria Preserve, on embarque pour un swamp tour guidé par un cajun de souche, ancien chasseur d’alligators : cyprès chauves aux « genoux » émergés, rideaux de mousse espagnole effilochée, hérons bleus immobiles et deux yeux surgissant de l’eau verdâtre. Ici, la devise tient en cinq mots : Laissez les bons temps rouler.
Cap ensuite sur la Floride, cette terre fleurie baptisée par Ponce de León le jour de la Pascua Florida. À Saint Augustine, la plus ancienne ville occupée sans interruption par des Européens, les ruelles pavées et les maisons espagnoles aux balcons en surplomb donnent un cachet européen surprenant. Plus au sud, l’Everglades National Park déroule son fleuve d’herbe, où alligators et crocodiles cohabitent — seul endroit au monde à réunir les deux — tandis que les Florida Keys enjambent l’océan sur quarante-deux ponts jusqu’à Key West, à un jet de pierre de Cuba.
USA Sud« Y a dans le sud de la Louisiane / Et dans un coin du Canada / Des tas de gars, des tas de femmes / Qui chantent dans la même langue que toi. Tous les Acadiens, toutes les Acadiennes / Vont chanter, vont danser sur le violon / Sont Américains, elles sont Américaines / La faute à qui…
USA SudLorsque l’on survole les environs de la Nouvelle-Orléans, les reflets verts et bleus du soleil dans l’eau du delta du Mississippi laissent une étrange impression… L’eau est partout, entre l’océan, le fleuve et le vaste lac salé Pontchartrain ! Les routes sont suspendues au-dessus de l’eau sur des piliers et la végétation a elle aussi les…
USA SudAurions-nous par mégarde emprunté la DeLorean du Doc en repartant d’Universal Studios et atteint les 88 miles à l’heure créant un vortex temporel ? Nous sommes au cœur de « Retour vers le futur », projetés dans une petite ville historique et pittoresque du sud des États-Unis, bordée d’un littoral où se succèdent des dunes de sable… Bienvenue à…
USA SudPour ne pas devenir un adulte, il suffit de ne pas grandir. Peter Pan y est bien parvenu, lui, au Pays Imaginaire entouré de ses garçons perdus et de la fée Clochette J. Avouons-le, ce serait plutôt tentant de retrouver toute l’insouciance de notre enfance… même le temps d’une unique journée ? Alors direction Orlando, une aire…
USA SudC’est presque un passage obligé quand on est en Floride: les Everglades ! A la pointe sud de la Floride continentale, se trouve l’Everglades National Park, une région aquatique, domaine des alligators, des oiseaux et des mangroves luxuriantes. Ce parc national du sud des États-Unis, créé en 1947, a été déclaré réserve de la Biosphère en…
USA SudL’image que j’ai en tête lorsque l’on me parle de la Floride, « The Sunshine State » est, je l’avoue, fortement influencée par Sonny Crockett et Ricardo Tubbs dans les nombreux épisodes de Miami Vice : un climat chaud, des palmiers, les longues plages de sable blanc de Miami Beach, le quartier chic de South Beach avec…
Mon Sud américain s’arrête à deux États et une longue route : les bayous de Louisiane, puis la Floride jusqu’au bout des Keys. Les alligators, les noms de rues français et le compte des ponts sont ce qu’on me demande le plus, et c’est ce que traitent les réponses ci-dessous.
De l’eau partout, puis un chapelet d’îles. La Louisiane, c’est d’abord de l’eau : elle en recouvre environ 9 000 kilomètres carrés, avec des cyprès chauves qui montent jusqu’à 70 mètres et des bayous où l’alligator passe pour un habitant ordinaire, ce qui ouvre les journées du pays cajun. La Floride, elle, s’étire vers le sud jusqu’aux Keys, un archipel de près de 1 700 îles et îlots relié par 42 ponts. Entre les deux, le Golfe du Mexique. Naples et ses dix-sept kilomètres de sable blanc en donnent la version balnéaire. La Floride commence dans les marais avec les lois de la nature en Floride.
Un pays de bayous, au sud de la Louisiane. Ses bornes sont nettes : Bâton Rouge au nord, le Golfe du Mexique au sud, la rivière Pearl à l’est et la rivière Sabine à l’ouest. Ses habitants descendent de paysans poitevins, bretons et normands émigrés au Canada, que les Anglais ont déportés en 1755, l’épisode que l’on appelle le Grand Dérangement, et cet héritage traverse une échappée chez les Cajuns. Le décor suit : mousse espagnole, iris de Louisiane, chênes verts centenaires, et la Louisiane abrite environ 4 500 espèces de flore pour plus de 300 espèces d’oiseaux. Nous avons embarqué pour un swamp tour. Deux yeux immobiles dans l’eau verdâtre, puis l’alligator s’est approché doucement. L’étape s’inscrit dans mon carnet d’Amérique du Nord.
Parce qu’elle a été fondée par un Français, Jean-Baptiste Le Moyne, sieur de Bienville, en 1718. Le nom rend hommage au duc Philippe d’Orléans, alors régent de France. La suite explique le reste : française en 1718, espagnole en 1763, redevenue française en 1800, puis cédée aux États-Unis par Napoléon Bonaparte en 1803. Les rues du French Quarter ont gardé leurs noms français et je les ai arpentées une à une, des galeries de Royal Street au French Market, un parcours qui remplit une journée à laisser swinguer ses sens. La cathédrale Saint-Louis, elle, est devenue basilique mineure en 1964, sous Paul VI. Une autre histoire coloniale se lit plus au nord dans mes étapes de l’est américain.
Un po’boy, un gumbo et des beignets, dans l’ordre qui vous arrange. La ville sépare deux jambalayas : le cajun, sans tomate ni bouillon de poulet, au bœuf et au tabasco ; le créole, à la tomate, à la viande et au bouillon de poulet. J’ai commandé des Oysters Bienville, un Banana Fosters et un café brulôt, ce café fort flambé au brandy avec citron, orange et cannelle, et toutes ces adresses figurent dans ma table de la Nouvelle-Orléans. Le po’boy dressed arrive avec mayonnaise, rondelles de tomate et pickles. J’ai hésité à le manger en bout des dents. Le Café du Monde s’occupe du reste, beignets et café au lait. Les érables et les dunes sont à mille lieues, dans mes escapades du Midwest américain.
Sur la piste cyclable de Shark Valley, vingt-quatre kilomètres au cœur des Everglades. C’est là que j’ai pris pour un bout de bois flottant ce qui était un gros lézard, Alligator mississippiensis pour les naturalistes, qui nous a regardés passer avec une totale indifférence ; toute la sortie est racontée dans une traversée des Everglades à vélo. Le parc national des Everglades a été créé en 1947 et classé Réserve de la Biosphère en 1976, et son cours d’eau ne dépasse pas 30 centimètres de profondeur en moyenne. On y croise aussi l’anhinga d’Amérique, la gallinule poule-d’eau, le grand héron et l’aigrette tricolore. Ouvrez l’œil, ça bouge peu. Pour des bisons plutôt que des reptiles, lisez mon safari au Custer State Park.
Environ 145 kilomètres, soit 90 miles, c’est le chiffre affiché partout sur l’île ; la distance réelle tient plutôt en 151 kilomètres, 94 miles. Cuba se sent ici plus qu’elle ne se voit : en 1890, la moitié de la population de Key West était d’origine cubaine. Pour arriver jusque-là, la route enfile 42 ponts au-dessus de l’archipel, dont le Seven Mile Bridge et ses 440 arches, onze kilomètres construits de 1978 à 1982, dernière ligne droite de la route jusqu’au bout des Keys. Avant lui, l’Overseas Railroad reliait déjà les Keys depuis 1912, jusqu’au cyclone de 1935. Ernest Hemingway, lui, y a passé onze ans. L’autre extrémité du pays attend dans mes routes de l’Ouest américain.
Saint Augustine, en Floride, fondée en 1565, le 28 août précisément, cinquante-deux ans après le passage de Ponce de León en 1513. La ville aligne les superlatifs et les documente : la plus vieille école du pays en 1763, la plus vieille maison en 1720, le plus vieux magasin en 1840, la plus vieille prison en 1891, tous sur le trajet que suit un retour vers le futur floridien. Le fort Castillo San Marcos, bâti entre 1672 et 1695, passe pour le plus vieux fort en pierre des États-Unis, avec des murs de six à neuf mètres d’épaisseur en coquina, cette roche calcaire faite de coquilles. Le phare compte 219 marches pour 50 mètres. La Floride tropicale prend le relais avec rien de nouveau à Key West.






