Mmmmmmm…(etc)/ In noreni per ipe / in noreni cora / tira mine per ito / ne domina, c’est avec la musique de Vangelis dans la tête que je viens de poser le pied sur le Nouveau Monde ! Me voici sur les traces de Christophe Colomb, en route pour The Conquest of Paradise. Mais n’y suis-je pas déjà ? La forêt subtropicale environnante, les arcs-en-ciel permanents formés par les gouttes d’eau en suspension dans l’atmosphère, enveloppent d’un halo magique un fabuleux spectacle offert par les cataratas del Iguazú (en espagnol) ou les cataratas do Iguaçu (en portugais). Bienvenus dans le Parc National d’Iguazú situé à la frontière de trois pays d’Amérique du Sud: le Paraguay, l’Argentine et le Brésil. Ce parc, créé le 10 janvier 1939, est classé au patrimoine naturel de l’humanité par l’Unesco et constitue l’une des plus grandes réserves de forêts d’Amérique du Sud. Ces célèbres chutes furent découvertes le 31 janvier 1542 par le navigateur espagnol Álvar Núñez Cabeza de Vaca, qui descendait la rivière pour trouver la route Asuncion au Paraguay. Apparemment, il a juste eu le temps de crier « Santa Maria, quelle merveille » en voyant la première des nombreuses chutes. Avec de la chance (il avait sûrement un trèfle à quatres feuilles, une patte de lapin et un fer à cheval dans sa besace !) de l’habilité (et un bateau ancêtre du F1 powerboat ?), il évita les périls de la rivière et entra dans les livres d’histoire pour la profération de cette phrase.

Parc National d’Iguazú, rideaux d’eaux

De part et d’autre des chutes, des passerelles en bois ou en fer conduisent le visiteur en toute sécurité au cœur des rideaux d’eau et de vapeur, tandis que de puissants bateaux à moteur permettent de s’approcher au plus près des cataractes. Si vous envisagez, courageux visiteurs que vous êtes, de vivre cette aventure, pensez à vous munir d’un vêtement imperméable, les pilotes n’hésitant pas à faire un détour… sous les trombes d’eau. Mais c’est en s’approchant au plus près des chutes que l’on réalise vraiment leur puissance, leur violence mais aussi leur beauté !

Parc National d’Iguazú, l’esprit de la forêt

Iguaçu signifie « grande eau » en tupi-guarani et l’on assiste, en effet, au spectacle grandiose de véritables montagnes d’eau surgissant de la jungle. On peut littéralement « sentir » l’esprit de la forêt: l’humidité, les bruits, les arômes, la vapeur pénétrante, emplissent l’espace ! En fait, il ne s’agit pas à proprement parler d’une chute mais d’un ensemble de 275 cascades formant un front de 2,7 kilomètres avec une hauteur moyenne de 80 mètres et un taux de déversement moyen de 1750m3/s ce qui les rend plus vastes que Victoria, plus haute que Niagara et plus belles que les deux. Les Chutes d’Iguazu sont considérées comme les plus belles et les plus impressionnantes chutes du monde: Churchill, himself, disait que Niagara et Victoria étaient des « syphons de baignoires » comparées à Iguazú.

L’Aratinga Guarouba

Mais outre toutes ces histoires d’O, ce parc national est aussi la région la plus riche d’Argentine en termes de diversité biologique. Aucune autre de ses régions ne possède un nombre comparable d’espèces sauvages: plus de 200 plantes vasculaires, 420 espèces d’oiseaux comme le toucan Toco, symbole du parc, un oiseau au bec énorme qui lui donne une allure bizarre. Mais ce bec d’oiseau est léger contrairement à ce que l’on pourrait penser; si sa taille est proche de celle d’un corbeau ou d’une grive, son plumage rassemble une panoplie de couleurs. Au détour d’un chemin, vous aurez peut-être aussi la chance de rencontrer un autre oiseau célèbre, l’Aratinga Guarouba… ou Conure dorée. Un oiseau aux couleurs de son pays, jaune et verte (Brasil Parra Pa Pa Pa Pa…), couleur d’une équipe de foot qui en a fait rêver plus d’un mais dont la bête noire est un coq…. Non, je rigole là, on nagerait en pleine 4ème dimension ! Le parc possède aussi plus de 80 espèces de mammifères dont les Coatis, sympathiques petits mammifères omnivores mascottes du Parc National. Coatis veut dire « nez allongé » en tupi-guarani, un nom évocateur lorsque l’on voit leur long museau terminé par une trompe mobile. Ils ont un corps mince recouvert d’un pelage touffu marron gris. Ils mesurent de 80 à 140 cm dont la moitié pour la queue et pèsent 4 à 5 kg. Leurs pattes sont terminées par de longues griffes capables de creuser le sol. C’est un bon grimpeur diurne qui se régale des œufs de tortues, d’insectes, de champignons, de baies et parfois même de souris ou de lézards et ils peuvent descendre des arbres la tête en bas… Ils vivent en bande de 5 à 8 individus composée de femelle et de jeunes mâles.

Mais poursuivons notre Mission, tel Indiania Jones dans sa version 4 ou OSS 117 voyageant incognito depuis Rio, (What else ?), des films qui ont rendu célèbres les fabuleuses chutes d’Iguaçu dans le monde entier. Lorsqu’on se sent au paradis, l’enfer n’est jamais très loin… direction la Garganta del Diablo (Gorge du Diable). Depuis la gare de la Gorge, une passerelle en ligne droite de 2260 mètres (aller-retour) permet au visiteur de jouir d’un panorama unique en arrivant à l’imposante, impétueuse et incomparable Gorge du Diable, la chute la plus impressionnante des cataractes. Le parcours traverse plusieurs îlots de forêt de Misiones et dans les innombrables cours d’eau calmes du site veillent les « yacarés » (caïmans) et les « garzas » (hérons) qui se nourissent de petits poissons. Puis, après le calme vient le grand saut; depuis trois grandes plates-formes, on peut observer le show du fleuve Iguazú, la Garganta del Diablo: une faille en forme de fer à cheval de 150 mètres de front et de 90 mètres de dénivelé donne naissance à une puissante chute d’eau qui, tombant dans le lit du fleuve, forme de denses nuages de vapeur qui détrempent tout aux alentours et donne sa touche brumeuse au paysage. Le fracas est étourdissant et la vision de toute beauté ! Cela crée une sorte de pluie fine permanente qui, lorsqu’elle rencontre un rayon de soleil, forme de magnifiques arcs-en-ciel. Une invitation à la contemplation: Alléluia !

Parc National d’Iguazú, beauté des lieux

Allez, un dernier regard à la beauté des lieux, et il est temps de dire au revoir aux chutes Dos Hermanas, Chico, Ramirez, Bossetti, Adán y Eva, Bernabé Méndez et le Mbiguá, San Martin, Escondido, Dos Mosqueteros, Rivadavia et Tres Mosqueteros… »Tout le monde il est beau / Tout le monde il est beau / Tout le monde il est grand / Assez grand pour tout l’monde / Nananana…. » (Zazie – Tout le monde il est beau).

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