
Ce bout de territoire resserré entre la cordillère des Andes et l’océan Pacifique, que le peuple Aymara baptisa autrefois Chile — « le pays où la terre se perd dans la mer » — s’étire sur près de 4300 kilomètres entre les 12ème et 55ème parallèles, sans jamais atteindre 400 kilomètres de largeur. Du nord au sud, ce ruban de terre déroule une variété étonnante de paysages et de climats, chaque région gardant ses trésors. Je l’ai parcouru comme on remonte un fil, de l’Atacama à la Terre de Feu, en laissant les cimes enneigées buter contre le regard.
Tout au nord s’ouvre El Norte Grande et le désert de l’Atacama, le plus aride du monde, où San Pedro sert de base à mille excursions. On y monte avant l’aube vers les Geysers del Tatio, à 4300 mètres d’altitude, quand quelques 80 colonnes de vapeur s’élèvent dans un froid glacial ; plus au sud, le Salar de l’Atacama émaille ses lagunes de flamants roses qui clopinent sur l’eau pure de la Laguna Chaxa. Perdue à près de 3700 kilomètres des côtes, Rapa Nui, l’île de Pâques, aligne ses Moaï au regard aveugle tournant le dos à l’immensité du Pacifique.
Plus au centre, Valparaíso — la « Vallée du Paradis » — empile ses maisons multicolores sur plus de 40 cerros, véritable musée d’art urbain à ciel ouvert. Vers le sud, l’Araucanie et sa région des lacs marient volcans enneigés et eaux d’émeraude, tandis que l’archipel de Chiloé, la « terre des mouettes », abrite ses églises en bois classées à l’UNESCO. Et tout au bout, le Parc National de Torres del Paine déploie ses glaciers, ses pics granitiques et ses lacs turquoise : paine signifie « bleu » dans la langue des Tehuelche, et la lumière y perce les brumes comme une promesse.
ChiliLe désert d’Atacama au nord du Chili… Dans ce monde minéral, tout semble si grand, si infini, si calme. Pourtant, quelques pierres s’impatientent: elles attendent le jaillissement matinal du geyser pour se réchauffer de cette nuit glaciale passée en altitude ! A 90 kilomètres au Nord de San Pedro de Atacama, quelques 80 geysers offrent un…
ChiliLe désert d’Atacama au nord du Chili regorge de paysages exceptionnels au pied des sommets andins. Au sud de San Pedro de Atacama se trouve le Salar de l’Atacama qui s’étend sur 3000 km2, l’une des plus grandes étendues de sel du monde. Ce salar comporte des zones encore marécageuses, d’autres sèches, et toujours un…
ChiliPaysages lunaires, volcans aux cimes enneigées, étendues de sel, geysers bouillonnants: l’Atacama déroule ses paysages à couper le souffle au nord du Chili. Cette partie la plus septentrionale du Chili est parfois appelée « El Norte Grande » et s’étend de la frontière péruvienne jusqu’à l’embouchure du Rio Loa. Elle correspond d’un point de vue administratif à…
ChiliComme dans le roman de Jules Verne, « L’île mystérieuse » Rapa Nui, perdue au milieu de l’océan Pacifique recèle bien des trésors archéologiques et culturels. Cela aurait pu faire partie intégrante des « Voyages extraordinaires »… Les Moaï de l’île de Pâques, ces sculptures d’un autre monde et d’un autre temps, au regard sérieux tournant le dos à…
ChiliIsolée au milieu de l’océan à près de 3700 kilomètres des côtes chiliennes et à 4000 kilomètres de Tahiti, l’île de Pâques est née, comme la plupart des archipels polynésiens, d’éruptions volcaniques localisées à la verticale de « points chauds » de la croûte terrestre. D’une superficie de 162 km2, ce minuscule triangle de terre perdu au…
ChiliLors d’un voyage au Chili, difficile de ne pas faire une escale à Valparaíso (Valpo, pour les intimes). Située à 115 kilomètres de la capitale Santiago, la deuxième ville du pays, Valparaiso, littéralement « Vallée du Paradis » dont le centre historique a été déclaré en 2003 Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, est l’un des lieux les…
ChiliSituée à 700 kilomètres de Santiago et s’étendant entre les villes de Temuco et Puerto Montt, la région des lacs ou région d’Araucanie est un lieu de villégiature prisé des vacanciers chiliens. La douceur de son climat et la beauté des paysages n’y sont pas étrangères. Région agricole alliant élevage et cultures céréalières, on découvre…
ChiliAu sud-ouest du Chili, l’archipel de Chiloé est constitué de 40 îlots dont 36 sont habités. L’île principale, grande comme la Corse, est accessible en ferry depuis le continent via le canal de Chacao. A peine a-t-on quitté le continent à bord du traversier qu’un air salé porté par une brise légère nous accompagne vers…
ChiliCe bout de territoire resserré entre la cordillère des Andes et l’océan Pacifique, que le peuple Aymara baptisa autrefois « Chile » (signifiant « le pays où la terre se perd dans la mer »), regorge de lieux insolites et surprend par ses nombreux contrastes. Etiré sur près de 4300 kilomètres entre les 12ème et 55ème parallèles, le Chili…
Neuf récits d’un pays long de 4 300 kilomètres, du désert le plus aride du monde aux tours de granit de Patagonie : voici les questions qui me reviennent le plus souvent sur le Chili. J’y réponds avec ce que j’y ai vu.
Dans la Réserve nationale Los Flamencos, au sud de San Pedro : les lagunes du Salar de l’Atacama abritent les trois espèces de flamants du Chili. Le salar déroule 3 000 km² de croûte de sel grise, très différente du blanc lisse d’Uyuni, et ses points d’eau (Chaxa, Barros Negros, Salada, La Punta) concentrent la vie. Pour les distinguer : le flamant du Chili a les pattes grises aux articulations rouges, l’andin les pattes jaunes et le bout des ailes noir, celui de James un bec jaune à pointe noire. La réserve est cogérée par l’État et le peuple Lickan Antai, une première au Chili. Mes lagunes sont dans ma vie en flamant rose. Ce matin rose figure dans mes carnets d’observation animalière.
Qu’il faut partir au milieu de la nuit et affronter les -10 °C : le spectacle n’a lieu qu’aux premières lueurs, quand les contrastes de température sont maximaux. Le champ géothermal se trouve à 90 kilomètres au nord de San Pedro, à 4 300 mètres d’altitude : troisième zone géothermale de l’hémisphère sud et la plus haute du monde, avec plus de 80 geysers sur 30 km². L’eau y sort à 86 °C, la température d’ébullition à cette altitude, après une quinzaine d’années de circulation souterraine. La hauteur moyenne des jets dépasse rarement un mètre : c’est la vapeur rasante qui fait le spectacle. Mon lever glacé est dans mon chaud-froid du Tatio.
La question n’est pas le mois mais la météo du jour : au Paine, le ciel change toutes les heures et les cimes se cachent la plupart du temps. Le parc, créé en 1959 et réserve de biosphère depuis 1978, couvre 181 000 hectares ; la Torre Sur culmine à 2 860 mètres et les Cuernos doivent leur nom à leur couche sédimentaire noire posée sur une roche claire. On y accède par plus de 100 kilomètres de piste depuis Puerto Natales. J’y ai vu le Lago Pehoé turquoise entre deux rafales assez fortes pour arracher l’eau du lac : prévoyez du temps, pas une seule journée. Mes cinquante nuances sont dans mon massif du Paine.
Le village cérémoniel d’Orongo et le culte de l’homme-oiseau, qui a remplacé celui des ancêtres au 18e siècle. Sur les 887 moaï recensés, les plus spectaculaires s’alignent à l’Ahu Tongariki (quinze statues relevées après le raz-de-marée de 1960) et l’Ahu Akivi est le seul à regarder l’océan. Mais l’histoire bascule au Rano Kau : chaque année, des athlètes dévalaient 250 mètres de falaise puis nageaient 2 kilomètres jusqu’au Motu Nui pour rapporter le premier œuf de sterne et faire de leur chef l’homme-oiseau. La carrière du Rano Raraku, elle, a été volontairement fermée. Mes deux volets sont ma mystérieuse Rapa Nui. Le second volet est mon île mystérieuse.
Parce que les habitants récupéraient la tôle abandonnée sur le port et la peignaient avec la peinture des bateaux, la seule assez résistante au vent salé. La ville, inscrite à l’Unesco depuis 2003, s’étage sur plus de 40 collines au-dessus du port : en bas « el Plan », en haut les « cerros » et leur labyrinthe d’escaliers en mosaïque. Sur les 30 funiculaires du début du 20e siècle, 7 fonctionnent encore, dont l’ascensor Polanco, seul véritable ascenseur, et ses 60 mètres verticaux. La maison de Pablo Neruda, la Sebastiana, domine tout cela. Ma montée est dans mon escale à Valparaiso. Elle figure au fil de mes balades urbaines.
Deux mondes que les circuits classiques sautent : la région des lacs araucanienne et son arbre fossile, et l’archipel de Chiloé et ses églises en bois. En Araucanie, l’Araucaria araucana, arbre national, peut monter à 50 mètres et vivre 2 000 ans (l’araucaria madre du parc Conguillío en a 1 800) au pied des volcans Villarrica et Llaima, parmi les plus actifs du pays. Plus au sud, Chiloé aligne 60 églises de l’école chilote, 16 classées à l’Unesco depuis 2000, et les manchots de Humboldt et de Magellan nichent ensemble à Puñihuil, seul site du Chili où l’on voit les deux. Mes deux étapes sont ma terre mythique araucanienne. La seconde passe par ma Patagonie vue du large.

