Une fois rassasié des immenses buildings futuristes, Singapour offre un second visage lorsqu’on déambule dans ses quartiers « ethniques ». Arab Street est un dédale de maisons colorées, de petites rues commerçantes animées de jour comme de nuit qui s’étend à proximité de la majestueuse mosquée du Sultan. Cette mosquée, la plus grande de Singapour, érigée en 1825, est l’épicentre religieux du quartier depuis l’époque où elle servait de point d’embarquement aux pèlerins en partance pour La Mecque. Arab Street est une rue marchande aux influences de bazar « marocain »: paniers, tissus, bijoux, marchands de tapis, magasins d’étoffes, (le marchandage y est bien sûr « Roi ») boutiques de parfums traditionnels… d’où s’échappent des fragrances envoûtantes qui se mêlent aux fumées des encensoirs dorés qui ornent les coins de rues. Dans ces mêmes rues, on croise des femmes et des hommes en djellabas… Pour continuer dans le trip science-fiction, on pourrait penser que la téléportation existe vraiment !

Singapour Little India

Singapour Little India

Quelques rues plus loin, on hume cette fois les parfums de l’Inde: odeurs d’épices diverses, couleurs variées des vêtements et des temples, rythmes entraînants et envoûtants de la musique indienne, voilà ce que réserve Little India. Installons nous à la terrasse d’un café pour savourer l’instant – Little India se regarde, se respire et s’écoute – et commandons un « kopi ho ». Le quartier semble charmant, bien qu’un peu décrépi. De petites mamies sans âge drapées dans leurs saris colorés se promènent tranquillement… plus loin, sur un marché, ce sont des hommes en dhoti (pagne) que l’on croise. Dans ce quartier, on peut déambuler au hasard à pied, entre bazars, marchés aux odeurs d’encens, arcades ou étals de fruits où le dragon fruit côtoie les savoureuses mangues. Ici le nom des rues est écrit en anglais et en tamoul. A quelques pas à peine, la mosquée Majid Abdul Gaffor mérite un détour. L’élément le plus attrayant de cet édifice religieux est son portail raffiné, avec un cadran solaire aux 25 rayons décorés de calligraphies arabes de 25 prophètes (le seul de ce genre dans le monde islamique). A gauche de la salle des prières est représenté l’arbre généalogique retraçant les lignées des différents prophètes. La mosquée achevée en 1910 a été restaurée récemment d’où ses couleurs éclatantes. La visite se poursuit par le Temple Sri Veeramakaliamman, éblouissant de couleurs ! Le  temple fût construit en 1885 et honore Kali, l’épouse sanguinaire de Shiva, représentée portant un collier de crânes et d’humains démembrés. Brrrrr… pas très glamour tout ça !

Echecs chinois

Echecs chinois

Last but not least, l’incontournable ChinaTown est le quartier idéal pour acheter des souvenirs – comme des peintures calligraphiées – et babioles à prix défiant toute concurrence; on y trouve aussi de nombreux magasins de baguettes (enfin d’ustensiles de cuisine !). Sur une place, des chinois jouent aux échecs – enfin aux échecs chinois encore appelés « échecs des éléphants » ou Xiangqi 象棋… je vous fais entièrement confiance pour la prononciation. Ce jeu se pratique avec 16 pièces (dont 1 Général, 2 Mandarins et 2 Eléphants) par joueur, pièces placées sur les intersections des lignes. Une rivière sépare les deux camps, le rouge et le bleu…

Chinatown lampions

Chinatown lampions

Un peu plus loin le marché local; à peine descendu les escaliers, on peut entendre le brouhaha et humer les effluves… fruits, légumes, fleurs, épices, de nombreux produits séchés, poissons. Pour les asiatiques la fraîcheur du poisson est primordiale: il est donc courant de voir des anguilles, poissons vivants, tortues et… grenouilles dans des caisses. Eh oui il s’agit bien de grenouilles ou plutôt de crapauds buffles (bullfrogs). Les animaux sont choisis vivants, tués et découpés sur place, garantie absolue de fraîcheur ! Une fois votre shopping effectué, vous pouvez prendre le temps de déambuler dans les rues décorées de lanternes jusqu’au temple bouddhiste (le Buddha Tooth Relic Temple) où l’on peut assister à certaines cérémonies et chants des moines.

Singapour Chinese garden, Cygnes

Singapour Chinese garden, Cygnes

Hasard du calendrier, c’est l’époque des festivités autour du Mid Autumn, appelé aussi Moon Festival ou fête des lanternes, qui est la seconde fête la plus importante de Singapour, juste après le nouvel an chinois. Cette fête puise ses origines dans la mythologie chinoise et est associée à Chang E, la déesse de la Lune. Comme souvent en Chine, il y a une tradition culinaire associée à cette fête… Au menu, les Mooncakes (yuè bǐng en chinois)! Le Mooncake (mélange sucré-salé réalisé à partir d’une pâte de Lotus ou de haricots, sucrée, ou de figues, entourée d’un biscuit) a une forme particulière, n’est pas très grand, (environ 8 cm de diamètre, 3 cm de haut) et a un joli motif sur le dessus représentant l’harmonie ou la longévité. Le Mooncake traditionnel contient à l’intérieur un jaune d’œuf de cane salé censé évoquer l’astre lunaire. Quelle densité… au poids c’est impressionnant. Vous l’aurez aisément compris, on n’a pas trop envie de le manger… parce que c’est moins bon que beau ! Du côté des festivités, les rues, les places, les ponts étincellent de milliers de lanternes multicolores. Les jardins, comme le Chinese Garden, sont éclairés par la douce lueur des lanternes de papier de toutes les tailles et de toutes les formes: des poissons, des Lions, des Dragons ou des Cygnes. Ces lanternes de papier sont de petites merveilles de créativité !


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