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A l’extrémité est de la péninsule Arabique, la côte orientale du Sultanat d’Oman recèle bien des attraits. Le littoral vierge, long de plus de 3000 kilomètres, est navigué depuis des millénaires par les pêcheurs. On y aperçoit des forts de couleur sable, érigés au 16èmesiècle, vestiges de la colonisation portugaise. De vastes plages désertiques s’étendent à perte de vue face à la Mer d’Arabie. A Sour (ou Sur) les très anciens chantiers de construction de boutres aussi appelés « dhow » vous feront remonter dans le temps… Enfin pour fans de Sammy ou de Crush mais aussi pour les simples amoureux de la nature, Ras al-Jinz est un lieu unique: c’est un important site de nidification de la tortue verte, espèce en voie de disparition. Plus de 30 000 femelles reviennent chaque année sur la plage où elles sont nées pour pondre leurs œufs: Home Sweet home !

 

Le littoral de Mascate: Palais Royal et forts portugais

Que vous choisissiez de sillonner par la route le littoral côtier ou de lui préférer une sortie en boutre (embarcation traditionnelle en bois), le paysage omanais sera jalonné d’imposantes silhouettes: des tours de guet et des forts portugais datant du 16ème siècle. Parfois le passé rencontre le présent lorsque l’on admire l’encensoir géant du parc d’Al-Riyam et sa proche voisine, une ancienne tour de guet. La côte de Mascate est un endroit dont la conquête était difficile. Mais la construction des deux gardiens du port de Mascate, les forts jumeaux Al-Mirani à l’ouest et Al-Jalali à l’est, l’a rendue quasi impossible. Érigés par l’empire portugais, les deux forts sont perchés sur les rochers. Ils sont les fiers témoins du passé stratégique et maritime de la ville qui était un comptoir de la mythique route des Indes.

Un boutre ou dhow vogue au soleil couchant dans le Golfe d’Oman. Ce voilier arabe traditionnel est reconnaissable à sa coque en bois très élancée.

Le fort Al-Mirani date de 1550 et le fort Al-Jalali également connu sous le nom de fort Ash Sharquiya date de 1587. Le nom de Al-Jalalidériverait de « Al Jalal » qui signifie grande beauté mais une autre théorie soutient que le fort doit son nom au chef persan Jalal Shah. Son isolement en a fait une parfaite prison jusqu’aux années 1970. Restauré et transformé en musée de l’histoire du Sultanat d’Oman en 1983, il n’est malheureusement ouvert qu’aux VIP (c’est-à-dire aux familles royales ou aux chefs d’États).

A l’est du vieux port de Mascate, le fort Al-Jalali est composé de deux tours reliées entre elles par un mur.

Le fort Al-Mirani a eu, quant à lui, une bien curieuse histoire. La légende raconte que son commandant portugais amoureux souhaitait épouser la fille d’un marchand. Comme le scribe d’Astérix, ce capitaine portugais a dû chantonner intérieurement: « Je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour ! ». Cependant, son futur beau-père refusait cette union pour des motifs religieux. Lorsque le commandant menaça de ruiner le marchand, celui-ci fit semblant d’accepter et prépara le mariage pendant toute une année. Il réussit à convaincre le commandant que l’approvisionnement du fort devait être entièrement revu et il vida toutes les réserves de céréales et de munitions. Une fois le fort totalement dévalisé de ses provisions et de sa poudre à canon, le marchand prévint le Sultan Ibn Saïf-al-Yarubi, qui reprit le fort en 1649. Après le coup de foudre est donc venu le coup de semonce… Les portugais ont quitté Mascate peu après. Quand on dit que l’amour rend aveugle, ce n’est donc pas qu’un adage !

Les forts jumeaux Al-Mirani et Al-Jalali encadrent le palais Royal ou Qasr al-‘Alam avec ses couleurs bleues et dorées.

Les deux forts encadrent le Palais Royal (Qasr al-‘Alam ou palais du drapeau, en arabe). Construit en 1972, ce palais semble sortir d’un conte des « mille et une nuits » avec ses dominantes bleues et dorées et son architecture islamique moderne. Le Sultan ne séjourne que rarement au Qasr al-‘Alam, semblant préférer ses autres résidences à Al Seeb ou à Manah. Ce palais sert principalement aux réceptions ou aux cérémonies officielles: il a notamment accueilli la reine d’Angleterre et la reine des Pays-Bas. Le palais est entouré de bâtiments gouvernementaux tout de blanc vêtu comme le ministère des finances.

« Oh mon bateau / Tu es le plus beau des bateaux / Et tu me guides sur les flots / Vers ce qu’il y a de plus beau / Tu es le plus beau des bateaux / Bravant toutes les tempêtes / Sifflant comme une alouette / Je vole (il vole) / Vers de fabuleux rivages »
(Eric Morana – Oh ! mon bateau)

En cet fin d’après-midi, alors que le soleil descend derrière les montagnes, on peut admirer les deux résidences flottantes du Sultanstationnées dans le port de Mascate. Long de 155 mètres et estimé à 300 millions de dollars, l’ancien yatch « Al Saïd » peut accueillir jusqu’à 65 invités qui peuvent profiter d’une salle de concert pouvant contenir un orchestre de 50 musiciens… La petite extravagance d’un sultan mélomane ! Sur sa droite, se trouve le méga-yatch « Fulk Al Salamah » long de 164 mètres capable d’accueillir dans le plus grand luxe jusqu’à 350 voyageurs.

Alors que le soleil descend derrière les montagnes, on peut admirer les deux résidences flottantes du Sultan stationnées dans le port de Mascate.

 

La ville de Sour: à la recherche de Sindbâd le marin

Avec 3165 kilomètres de côtes, l’histoire du Sultanat d’Oman est intimement liée à la mer et au commerce des grandes civilisations entre l’orient et l’occident. Située sur la côte, à environ 200 kilomètres au sud-est de Mascate la ville de Sour (صور en arabe) vous fera à coup sûr remonter dans le temps. Sur la route d’abord où les panneaux de signalisation « attention traversée de dromadaire » nous rappelle combien ces animaux surnommés « les vaisseaux du désert » ont joué un rôle vital pendant des millénaires. Une division des affaires chamelière (Royal Camels Unit) a même été créée en 1989 pour préserver ce véritable patrimoine national. En plus d’être le moyen indispensable pour voyager, se nourrir (viande ou lait) et se vêtir, le dromadaire contribue aussi au divertissement via des courses dont de nombreux pays du Golfe sont friands. Vous pensez sans doute que le dromadaire est un animal lent ? Au contraire, il peut courir très vite. En course, il atteint même des pointes de 70 km/h. C’est plus rapide que n’importe quel cheval qui file en trombe jusqu’à la ligne d’arrivée !

Le dromadaire avec son pelage clair couleur sable mesure 1,80 à 2,10 mètres de hauteur. Ses genoux et sa poitrine sont munis de coussinets qui le protègent de brûlures.

La remontée dans le temps se poursuit lorsqu’on se balade sur la corniche de Sour (ou Sur) avec ses lampadaires d’une autre époque tandis qu’au petit matin les boutres ou « dhows » rentrent de leur campagne de pêche dans le port sous l’œil imposant du phare (de 18 mètres) qui domine la baie. Pêcher en pleine journée est difficile: le soleil tape fort et les poissons rejoignent les fonds en quête de fraîcheur. C’est pour ça qu’il faut y aller tôt ou y aller de nuit. A Sour, on pratique la petite pêche côtière et artisanale souvent familiale. Les équipages sont souvent de deux personnes. Sur la barque familiale au moteur Yamaha d’à peine 200 chevaux, père et fils embarquent au petit matin et se dirigent en haute mer en scrutant l’horizon à la recherche de groupes de cormorans posés sur l’eau. Une fois le groupe d’oiseaux repérés, on s’agite sur le pont pour déployer les lignes et les filets. Cette pêche artisanale réalise la majorité des tonnages de poissons capturés du pays.

« Jeter dans l’eau / Jeter des filets / Jeter des filets dans l’eau / Un bateau / Être heureux dessus / Être sur un bateau / Je rêve d’eau / Mais d’océan / Ah ! L’océan / Pêcher des poissons dedans »
(Laurent Voulzy – Le rêve du pêcheur)

Un autre type de pêche, plus « organisée », est aussi présent à Sour. Il s’agit d’artisans indépendants ou de petites sociétés disposants de flottilles. Le patron est omanais mais les petites mains sont des bangladais ou des indiens, éreintés et pour beaucoup sans-papiers. C’est une main d’œuvre qui a une bonne culture de la pêche et qui ne coûte pas cher… Car désormais, plus aucun omanais de veut sillonner la mer comme Sindbad le marin; c’est trop difficile ! Les sardines et les anchois représentent les plus gros tonnages. Traditionnellement, les sardines sont peu consommées par la population. Elles sont séchées et utilisées comme nourriture d’appoint pour le bétail: bovins et camélidés en sont les principaux consommateurs. Pour le reste, une visite au marché aux poissons en dit long sur la variété des espèces qui peuplent les eaux du Golfe: petits requins, bonites, thons albacore, mérous, empereurs, thazards, carangues, rougets etc.

Ces quatre boutres stationnés dans le port de Sour sont utilisés pour la pêche. Ils sont gréés d'un ou plusieurs mâts portant chacun une voile trapézoïdale.

Les autorités omanaises portent un grand intérêt au secteur de la pêche qui a longtemps constitué la principale activité économique du Sultanat d’Oman avant la découverte du pétrole dans les années 1960. Avec un taux d’autosuffisance de 176%, le sultanat est un exportateur des poissons. Mais la modernisation du secteur de la pêche et de l’aquaculture sera longue et difficile sachant qu’aujourd’hui 99% des prises de poissons sont encore effectuées de façon artisanale. Se tourner vers une exploitation plus industrielle des fonds marins et avoir à nouveau des omanais à bord des bateaux, c’est un défi de taille pour le nouveau sultan.

Sur la barque familiale à moteur, père et fils embarquent au petit matin et se dirigent en haute mer en scrutant l’horizon.

 

La ville de Sour et les chantiers de boutres

Pendant des siècles, la construction navale a été la première industrie du Sultanat d’Oman. Après le naufrage de cette industrie au cours de la seconde moitié du 19ème siècle, la ville de Sour a conservé la mémoire des techniques et du savoir-faire de la construction des boutres. Visiter un chantier naval de boutres (« dhows » ou daou en arabe: داو), c’est un peu comme se replonger dans un lointain passé où la construction et la réparation navale étaient des activités indispensables au commerce maritime. Capables de traverser l’océan ou simplement de caboter le long des côtes, les différents modèles de boutre s’inspirent d’une même architecture (une forme qui résiste à la force des vagues) et font appel aux mêmes techniques de fabrication… D’ailleurs l’outillage d’aujourd’hui est quasi identique à celui utilisé au 19ème siècle. Si les coques en fibres plus résistantes et moins chères ont envahi le marché, quelques rares boutres en bois de teck sont encore fabriqués.

Le chantier naval de Sour, la construction de ce luxueux boutre est quasi achevée: coque tout en bois, cabine de pilotage vitrée et grande terrasse.

Les boutres sont utilisés pour la pêche (le Belem, le Sambuk, le Shu’ai ou le plus modeste Jaliboot), le tourisme et le transport de marchandises (Le Bum, le Baghala, le Ganja ou le Zarouk). Ils peuvent transporter entre 50 et 200 tonnes. On voit que celui-ci commence à prendre forme… Un ouvrier (souvent d’origine indienne) est perché sur un frêle et précaire échafaudage. Son herminette à la main (qui est quand même un outil qui date de la préhistoire), il applique les consignes du vieux charpentier. Il n’y a pas de plan, pas de carte, aucun mode d’emploi pour savoir où couper. Tout est dans le cerveau de ce vieil homme: c’est le maître d’œuvre qui réfléchit et ses ouvriers appliquent les consignes et montent les pièces comme il le veut… Les ouvriers rabotent encore à la main les planches de bois avec des gestes qui témoignent d’un savoir-faire d’un autre âge. La fabrication du boutre commence par le bois au milieu, c’est la première chose à faire. Ensuite on va placer toutes les poutres sur le côté pour faire des lignes. C’est toutes ces poutres en bois qui vont épouser la forme du bateau. La coque est assemblée sans le moindre clou, uniquement avec des cordes tressées à la main. Le travail est lent, chaque tâche parait interminable mais dans quelques mois, le petit navire sera prêt à naviguer sur les flots, Ohé, ohé… Ohé, ohé matelot.

La plage de Ras al-Jinz possède de magnifiques falaises colorées. La roche aux teintes orangées est découpée et sculptée.

 

La ponte des tortues sur la plage de Ras al-Jinz : un moment unique

Avoir la chance d’assister à la ponte des tortues sur une plage omanaise est sans conteste un moment unique. La plage de Ras al-Jinz (en arabe: رَأْس ٱلْجِنْز) ou Ras al Junayz (en arabe: رَأْس ٱلْجُنَيْز) est située à la pointe occidentale de la péninsule arabique. On peut dire que c’est le premier endroit où le jour vient éclairer le monde arabe. La plage en elle-même est déjà magnifique avec ses belles falaises colorées. On y découvre une roche orangée, découpée et sculptée. Les plus belles couleurs se dévoilent au lever du soleil lorsque les premiers rayons frappent les rochers aux formes assez étranges. Il n’y a personne sur la plage, exceptés quelques oiseaux qui tournoient au sommet des falaises. Dans cette vaste étendue sablonneuse aux airs de No Man’s land, on pourrait marcher des heures sans croiser âme qui vive, seulement quelques crabes (Grapsus albolineatus) qui arborent leurs plus belles couleurs

La plage de Ras al-Jinz est le premier endroit où le jour vient éclairer le monde arabe et le lever du soleil y est magnifique !

Mais la réserve de Ras al-Jinz, déclarée réserve par décret royal en 1996, c’est aussi le pays des tortues. La réserve est une zone protégée qui a été créée dans le but spécifique de protéger les tortues de mer. Les tortues marines peuplent nos océans depuis plus de 150 millions d’années. Elles ont côtoyé les dinosaures et surmonté toutes les crises climatologiques. Après tant de chemin parcouru, ces tortues arriveront-elles à survivre à leur principal prédateur d’aujourd’hui: l’Homme ? La chasse persistante, l’aménagement et le développement croissant des côtes, les captures accidentelles dans les filets de pêche, la pollution marine ainsi que la dégradation et la destruction des plages de nidification font qu’actuellement six des sept espèces vivantes de tortues marines sont considérées comme menacées ou gravement menacées.

La tortue marine verte femelle creuse un large trou d’une fois à une fois et demie son épaisseur. Elle a une carapace en forme de cœur.

On estime que la réserve de Ras al-Jinz accueille en moyenne 30 000 tortues vertes nidifiant chaque année et qu’elle revêt une importance mondiale pour l’espèce. La nidification peut avoir lieu jusqu’à cinq fois par saison, avec des intervalles allant jusqu’à 14 jours. En moyenne, environ 100 œufs sont pondus dans une couvée et ils éclosent 55 à 60 jours plus tard. Bien que se reproduisant massivement, la mortalité des tortues vertes est très élevée surtout dans les premières années. Il faut entre 1000 et 2000 jeunes à la naissance pour espérer avoir une tortue adulte. La sélection naturelle est vraiment impitoyable !

« Il laisse la Tortue / Aller son train de Sénateur / Elle part, elle s’évertue / Elle se hâte avec lenteur »
(Jean De la Fontaine – Le lièvre et la tortue).

A la faveur d’une nuit étoilée, les femelles tortues se hissent hors de l’eau et remontent sur la plage. Elles reviennent pondre sur la plage de leur naissance (ou sans le même secteur). Si les tortues vertes sont réputées rapides en plein océan, certaines étant capables d’atteindre une vitesse de 35 km/h, elles progressent avec une infinie lenteur sur le sable. Une fois arrivée assez haut sur la plage, la tortue femelle creuse un large trou d’une fois à une fois et demie son épaisseur. Avec sa carapace, en forme de cœur, une tortue adulte peut mesurer jusqu’à 1,5 mètre. Une femelle mature âgée de 30 ans et plus peut mesurer plus d’un mètre et peser plus de 200 kg.

L’œuf de la tortue verte a une forme sphérique et sa taille est celle d’une balle de golf. La coquille est un peu molle et de couleur blanchâtre.

A l’aide de ses nageoires postérieures, la tortue verte creuse un puit profond d’environ 70 centimètres pour y pondre une centaine d’œufs. De la taille d’une balle de golf, chaque œuf est enrobé d’un mucus filant. Les œufs tombent au fil des contractions rythmiques par 1 ,2,3 ou 4. Au total cela représente 5 à 6 kilogrammes. En seulement une vingtaine de minutes, la ponte est bouclée. La tortue femelle rebouche son trou et brouille les pistes en projetant du sable si bien qu’il est impossible de savoir où elle a pondu. Les trous restant sur la plage ne sont que des leurres pour les prédateurs. Epuisée, elle reprend tortueusement le chemin vers la mer en laissant une empreinte de ses nageoires caractéristique dans le sable. Puis elle repart à la nage, entraînée par le rouleau d’une vague. Le processus complet n’aura pris en tout que deux petites heures !

« Le temps qui vole souvent comme un oiseau se traîne d’autres fois comme une tortue ; mais il ne semble jamais plus agréable que lorsque l’on ne sait s’il va vite ou lentement ».
(Ivan Sergueïevitch Tourgueniev – Pères et Fils)

Il faudra environ 8 semaines après la ponte pour que les petites tortues sortent du nid. La température extérieure est à l’origine de l’émergence: si la température extérieure est trop forte, les petites tortues resteront enfouies dans le sable; mais dès que celle-ci baisse, les petites tortues sortent pour rejoindre la mer. Cette température extérieure agit aussi sur le sexe des individus. La période thermosensible qui se situe en début d’embryologie va définir si les individus seront mâles ou femelles. Au-delà des 27°C, les œufs donneront une majorité de bébés tortues femelles. En dessous, il ne naitra que des individus mâles.

Les traces laissées par les tortues vertes sont plus ou moins visibles en fonction du type de sable. Ici c’est une trace descendante.

Regarder des tortues adultes venir à terre pour pondre est une expérience unique et inoubliable. Sur terre, les tortues sont très vulnérables et si elles sont effrayées ou en détresse, une tortue femelle peut retourner à la mer avant que ses œufs puissent être pondus avec succès. Cela peut affecter le succès de sa nidification et, en fin de compte, la survie à long terme de l’espèce.

 

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