Si vous recherchez une destination des Alpes qui allie montagne, culture et soleil, alors le Parc du Mercantour est la destination qu’il vous faut. N’hésitez pas à partir à la découverte de Boréon, de la Madone de Fenestre, de la vallée de la Gordolasque et du site préhistorique de la vallée des Merveilles avec ses gravures rupestres datant de plus de 5000 ans… Situé à la frontière du piémont italien, dans le sud-est de la France, le massif du Mercantour jouit d’une situation particulière entre mer et montagne. A la cime du Gélas, le point culminant du massif (3143 mètres d’altitude), vous êtes seulement à 50 kilomètres de la mer Méditerranée à vol d’oiseau ! Outre sa situation géographique unique, le Mercantour possède aussi un large patrimoine historique: ses villages recèlent une richesse architecturale et artistique des époques romane, médiévale et baroque. Que vous soyez botaniste, randonneur, féru d’histoire ou simple promeneur du dimanche, vous ne saurez plus où donner de la tête… et des yeux en découvrant les nombreux sites qu’offrent les 146 500 hectares du parc national. Alors, prêt pour un petit tour ?

La cascade du Boréon

A moins de de 40 kilomètres de la mer Méditerranée, la vallée de la Vésubie offre un paysage de hautes montagnes. Véritable « porte d’entrée » du Parc national du Mercantour, le village de Saint Martin Vésubie est un centre d’activités de pleine nature idéal pour les amateurs d’air pur. Situé au milieu de 3600 hectares de forêts à 975 mètres d’altitude, entre les vallées du Boréon et de la Madone de Fenestre, ce pittoresque village était au début du 20ème siècle le lieu de villégiature estivale pour la « bonne société » niçoise qui se rendait dans la « Suisse niçoise ». Autrefois dénommée Saint-Martin-Lantosque (jusqu’en 1891, en référence à l’ancien nom de la vallée), c’est un haut lieu de l’alpinisme depuis la fin du 19ème siècle, notoirement apprécié par le Comte Victor de Cessole (un des premiers alpinistes). En effet, sur son territoire plusieurs sommets dépassent les « 3000 », dont le Gélas ! A proximité du village, ne manquez surtout pas la magnifique cascade du Boréon qui tombe dans une gorge étroite du haut de ses 40 mètres. Le petit lac du Boréon (lac de retenue) est quant à lui investi de mars à octobre par les nombreux pêcheurs venus taquiner les truites fario, saumonées ou arc-en-ciel… Au cœur du village, vous vous laisserez facilement envoûter par les vieilles maisons de pierre aux balcons de bois ou repeintes aux couleurs du Sud de la rue principale. Cette rue au pavage en granit, étroite et en pente, possède une gargouille centrale (seul exemplaire avec le village de Briançon). Ce curieux canal « Béal » ou « lou bial » traverse le village depuis le Moyen-Age. Pour la petite histoire, le « Béal » a été construit en 1418 afin d’irriguer les champs proches des habitations mais aussi afin désaltérer les innombrables mulets qui traversaient le village pour apporter le sel au Piémont (la route du sel était longue, un voyage de Hyères à Nice et en Piémont). L’une des construction les plus originales (et ma préférée !) avec sa base rectangulaire, surmontée d’un étage de forme carrée, lui-même rehaussé d’un grenier en bois se prénomme « la maison du coiffeur »… Elle est appelée ainsi car c’était jadis (pas besoin de couper les en quatre !) un salon de coiffure.

Saint Martin de Vésubie, devanture de mercerie

On a vraiment l’impression de déambuler dans un décor « passé », de voyager dans le temps: des rues étroites et pavées, et de fil en aiguille, là une devanture de mercerie, et ici une ancienne boîte aux lettres… Vous tomberez sans nul doute sous le charme de l’hôtel de ville datant de 1863 avec ses couleurs douces ou alors sous celui de la place de la Frairie, admirable camaïeu de jaunes, bruns et de rouges. On se laisse bercer par le glouglou des fontaines, d’où jaillit une eau très pure, comparable à l’eau d’Evian, parait-il… Seul témoignage des remparts qui fortifiaient le village au 14ème siècle, la porte en arc brisé Saint Anne, constitue l’unique vestige de l’ancienne petite cité médiévale surélevée sur la crête. Enfin, Saint-Martin de Vésubie possède une histoire imprégnée d’une foi ancestrale, dont témoignent une église paroissiale du 17ème siècle, deux chapelles principales et une procession millénaire vers le sanctuaire de la Madone de Fenestre. Après avoir admiré sa façade de style Renaissance et son clocher roman, n’hésitez pas à rentrer dans la somptueuse Eglise de l’Assomption (1694) où vous pourrez admirer des panneaux signés du peintre niçois Louis Bréa. Si vous avez beaucoup pêché et que vous souhaitez faire pénitence… vous n’aurez que l’embarras du choix: rendez-vous dans la minuscule chapelle des Pénitents Noirs (Chapelle de la Miséricorde) ou dans la chapelle baroque des Pénitents Blancs (Chapelle Ste Croix) ou encore dans la Chapelle des Pénitents Bleus…

Lys Turban

Les promeneurs, randonneurs et alpinistes seront comblés grâce aux sentiers qui parcourent les environs de Saint Martin de Vésubie. Le massif du Mercantour révèle toute sa diversité lorsqu’on parcourt ses sentiers: des paysages de lacs et de montagnes mais aussi de très belles prairies fleuries où l’air embaume la résine de pins et de mélèzes. Au cœur du massif du Haut Boréon, le lac Nègre (autrefois appelé lac Noir) offre un magnifique panorama avec ses eaux souvent sombres au pied de parois de granit ocre, qui abritent plusieurs itinéraires d’alpinisme. Le sentier débute au parking de Salèse (à 1670 mètres d’altitude) puis passe aux abords de la vacherie de Salèse (1724 m), avant de continuer à travers une forêt de mélèzes (qui mérite son titre « d’arbre de lumière ») et d’arolles où prospèrent de curieux champignons (Polypore soufré – Laetiporus sulphureus). On se laisse porter par le bruissement léger des feuillages, le murmure distant d’un ruisseau accompagné du piaillement discret des oiseaux… et au hasard d’un sentier, on s’imagine rencontrer peut-être le loup ! Promenons-nous dans les bois / Pendant que le loup n’y est pas / Si le loup y était / Il nous mangerait / Mais comme il n’y est pas / Il nous mangera pas (Comptine : Promenons-nous dans les bois). Si le loup a effectué un retour naturel dans la région après 70 ans d’absence, il reste très difficile à observer en raison de sa crainte de l’homme. Chouette, nous pouvons donc continuer notre balade en toute quiétude ! Le parcours est jalonné de nombreux ruisseaux frémissants, torrents rapides et sources cristallines à l’instar de la Chardole dont l’eau était jadis descendue à dos de mulet jusqu’à Saint-Martin-Vésubie en raison de ses mille vertus ! La flore du Mercantour étonne par sa richesse: le parc peut s’enorgueillir de posséder plus de 2000 espèces végétales sur les 4200 connues en France. Parmi elles, 220 sont considérées comme très rares dont 40, dites endémiques (ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde), comme la Saxifrage à fleurs nombreuses. Le paysage est souvent recouvert d’un tapis fleuri: orchidées, chardon bleu, génépi, lys Martagon, lys Turban, gentiane, edelweiss… Toutes ces notes odorantes viennent chatouiller vos narines !

Le lac Nègre

En se rapprochant des cimes, la forêt alpestre cède progressivement sa place à des patûrages cernés par les parois rocheuses où s’accrochent encore des névés en été. Au mileu de cette verdure, se lovent de petits lacs, comme le trio des lacs de Camp Soubran, nichés à 2270 mètres d’altitude. Un court ressaut assez raide donne accès au lac Nègre (2 354 mètres d’altitude) mais qu’à cela ne tienne, on vous a fait des escaliers, avec des blocs de granit judicieusement espacés ! Enfin, la récompense est au bout du chemin et l’on bascule dans l’autre monde, celui que l’on est venu chercher: le lac Nègre avec son paysage rocheux de haute montagne tranche profondément avec la tranquille montée en sous-bois qui a précédée. Au-dessus du lac Nègre, se trouve le Pas du Préfouns (2620 mètres), poste de chasse favori du roi d’Italie, Victor Emmanuel II. Il abrite les vestiges d’un petit enclos entourant une dalle horizontale où assis sur ce noble siège, le roi y guettait le passage des chamois. Asseyons nous quelques instants sur ce « trône de terre » pour contempler le royaume de Mère Nature: les Aiguilles de Questa, côté italien, et le cirque du lac Nègre côté français… Mais là-bas, au milieu des rhododendrons et des buissons de myrtilles, ne serait-ce pas sa majesté des montagnes, ce grand ongulé nommé chamois ?

Lacs de Prals

Nouveau départ pour un circuit en boucle vers les Lacs de Prals ou « Cinq Lacs », situés à entre 2260 et 2280 mètres d’altitude. Au milieu des alpages fleuris, nous entamons la montée dans le Vallon de Fenestre pour arriver jusqu’au Vallon du Ponset. Après un replat, une dernière ascension jusqu’à la Baisse des Cinq Lacs, permet d’avoir une vue imprenable sur les Lacs de Prals, situés en contrebas. On aurait presque envie de fredonner: « La Madone (de Fenestre) au Nord / Et le lac se dessine / Courageux et fort / Où rien ne respire / Corps contre corps / Ciel contre cils / La forêt se tord / L’horizon soupire » (Le Lac – Julien Doré). C’est vrai que l’endroit est magnifique: un large couloir verdoyant, couvert de belles forêts et de prairies fendues de rivières, des parois rocheuses vertigineuses… une nature si pure, si belle qu’on ne peut que rester ébahi ! Entourés par les arêtes découpées du Mont Neiglier (2786 mètres) et de la cime de Paranova (2556 mètres), ces cinq lacs aux rives accessibles et herbeuses sont peu profonds et se prêtent donc à la baignade pour les plus courageux (l’eau est quand même à une température de 13°C environ). Comme les cinq doigts de la main, chaque lac a sa particularité: il y a le moins profond, le plus allongé, le plus grand, celui bordé par des pentes pierreuses, celui comportant beaucoup d’algues qui apparaissent au fil de l’eau. A vous de choisir votre lac pour la baignade ! La redescente via le Vallon de Prals, le long d’une rivière rafraîchissante et au milieu d’une forêt de mélèzes et d’épicéas, est très agréable. Ce sentier nous ramène à la la vacherie de la Madone de Fenestre où bien sûr un arrêt s’impose pour acheter un morceau de fromage du pays… Tout effort mérite un réconfort, non ? Accompagné d’une tarte de Blettes ou d’une Socca au feu de bois, ce sera parfait pour le repas du soir !

Le lac Petit

Si vous êtes plutôt quatre mousquetaires que cinq doigts de la main, alors on vous conseille vivement le circuit des lacs Millefonts avec ses quatre lacs à découvrir au milieu d’un cadre exceptionnel. La randonnée commence par un sentier décrivant de larges lacets sur le flanc d’une pente herbeuse. Après une courte montée au milieu de cailloux, on découvre le lac Petit situé à 2225 mètres d’altitude (paradoxalement le lac le plus grand) avec sa digue construite en 1945 destinée à l’irrigation. En poursuivant l’ascension, on atteint le lac Long (2345 mètres d’altitude) qui offre une très belle vue sur les crêtes du Cheiron dans le lointain… Et l’on monte encore et encore pour rejoindre le lac Gros (2375 mètres d’altitude) le plus encaissé des quatre lacs. Son niveau original se trouvait près de 10 mètres au-dessus de son niveau actuel (Aurait-il été soumis à régime sec ?) et il était autrefois le plus important et le plus profond des lacs Millefonts, justifiant ainsi son nom… alors qu’il est aujourd’hui plus petit que le lac Petit… paradoxal, non ? Après être passé près du lac Rond (souvent à sec en fin d’été) faites un dernier petit effort, il ne reste qu’un faible dénivelé pour bénéficier d’un magnifique panorama. Là, vous y êtes: le col de Barn (2452 mètres d’altitude) avec sa vue imprenable sur le vallon de Molières, la pointe Gieng, la tête des Tablesses, la cime de Frémamorte et la cime de l’Agnel.


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