G’day mates,

C’est à Kununurra que s’achève notre découverte du Kimberley. Kununurra est une petite ville tranquille nichée au cœur d’une oasis de plantations de fruits tropicaux dans lesquelles se baladent des wallabies, et des fermes prospères qui bénéficient du système d’irrigation de l’Ord River. Tout près de la ville se trouve le Mirima National Park qui abrite les gorges érodées de la Hidden Valley. Ce charmant parc a un petit air de famille avec le Bungle Bungle avec ses bandes d’orange et d’anthracite… Il abrite une faune abondante surtout visible tôt le matin ou au crépuscule. Mais quel est donc cet oiseau masqué tout droit sorti de la Commedia dell’arte ? Serait-ce le fameux drop bear… déguisé en Vengeur Masqué ou simplement un Vanneau Masqué doté de ses grandes caroncules jaunes ?

Un peu plus au nord, se trouve l’immense lac Argyle offrant le spectacle saisissant des falaises rouges plongeant dans des eaux bleues. C’est le deuxième lac artificiel australien par sa taille (il s’étend sur 1 000 km²). Il fut créé en 1972 après la construction du barrage sur l’Ord River. Je ne sais pas pourquoi mais cela me fait penser à un autre lac artificiel dans l’Ouest des USA… Mais si, je suis sûre que vous allez me répondre du lac au lac (ou bien du tac au tac ?): le lac Powell, bien sûr ! Le lac Argyle permet d’irriguer toute l’année les terres en aval (dont les 150 km² de terres agricoles aux alentours de Kununurra) et abrite une faune variée notamment quelques 35 000 crocodiles d’eau douce.

Lac Argyle

Lac Argyle

C’est fait, nous avons franchi la ligne et perdu 1h30 au passage… pour une courte incursion sur le Territoire du Nord. Le petit bijou de la région de Katherine est le Nitmiluk National Park (ou Katherine Gorge). On y trouve un paysage de falaises de grès accidentées, de cascades bouillonnantes (Edith Falls) et de forêt tropicale luxuriante… et aussi une madame kangourou ! Katherine Gorge est une impressionnante enfilade de gorges (au total 13 gorges) de grès façonnées au fil des millénaires tout au long de la rivière Katherine. Mais que fait donc Christian Bale à Nitmiluk avec son costume de Batman ? On croyait pourtant la trilogie Dark Knight achevée … Est-ce qu’il y aurait un tournage secret d’un quatrième opus ? Oh mais non, ce n’est qu’un imitateur… rusé ce renard volant ! C’est assez amusant les associations d’idées mais je me suis demandée comment Jean de la Fontaine aurait fait pour écrire sa célèbre fable « Le corbeau et le renard » sur le continent australien ; The Crow and the flying fox : est-ce que cela aurait donné quelque chose comme ça :
Maître Renard, sur un arbre perché,
Tenait dans sa gueule un fromage.
Maître Corbeau, sur la branche d’à côté,
Lui tint à peu près ce langage… 

Katherine Gorge

Katherine Gorge – Batman

Bon, un peu de sérieux, on a encore un parc à visiter avant de rallier la ville de Darwin ! Justement, puisque l’on parle de Darwin, le Litchfield National Park, avec ses terres boisées luxuriantes, ses chutes d’eau spectaculaires, ses piscines naturelles et ses hautes termitières, est une destination de plus en plus prisée depuis Darwin… littéralement bondé le week-end ! A quelques kilomètres seulement de l’entrée du parc, on traverse un champ surréaliste de termitières géantes (celle de la photo dépasse les 4 mètres). Puis surgissent les termitières magnétiques, semblables à des pierres tombales, dont la pointe sert de sépulture aux termites. Le roi et la reine sont installés au pied, tandis que les ouvrières s’affairent entre la base et le sommet. Des armées de millions de minuscules termites les ont construites sur un axe nord-sud et conçues pour réguler la température, en captant le soleil du matin et en échappant à la chaleur de l’après-midi. On ne peut qu’admirer l’intelligence du concept de ces bâtiments – dont beaucoup dépassent 2 mètres de hauteur ! A partir de là, des cascades vous attirent hors de la route goudronnée à intervalles réguliers. Vous avez l’embarras du choix ou le choix de l’embarras… seulement 135 marches à descendre et l’on se retrouve dans un beau bassin propice à la baignade, entouré de forêt de mousson et de falaises Deep Purple où dévalent les Florence Falls.

Darwin, Territoire du Nord, 30°C… Adélaïde, Territoire du Sud, 10°C… Franchement mais quelle idée de passer son été en hiver ! Nous revoilà dans le Sud (avec la polaire et les pantalons longs), pour entamer à nouveau une remontée vers le nord. On se croirait comme Sisyphe avec son rocher… à peine arrivés près du but tout est à recommencer ? Changement de température mais aussi total changement de décor; nous traversons la Clare Valley connue pour ses exceptionnels Rieslings et Shiraz (n’aimant pas le vin, je fais confiance aux critiques). Les premières vignes ont été plantées à Sevenhill en 1851 par les jésuites, seulement 15 ans après l’arrivée des premiers européens en Australie du sud. L’écrivain australien James Halliday (aucun lien de parenté avec Johnny !) a dit “Unlocking the secrets of the Clare Valley is a pastime open to all who visit this most beautiful part of Australia“. Dinky-di cet écrivain, sûrement amateur de bons vins a sans aucun doute pris le temps d’admirer les paysage de vignes, de collines arrondies, de bosquets de grands eucalyptus, de champs de colza ondulant au vent, de pull mérinos sur pattes (ça doit être le choc de température !) et de villages à l’ambiance désuète, entre quelques visites de caves… Mais, on a déjà tout ça en Valais suisse claro !

Après cette balade bucolique au milieu des prairies herbeuses, des vignes et des moutons, il est temps de rejoindre l’Outback du sud. Peter Garrett du groupe Midnight Oil chantait “And no-one goes outback that’s that“ (Et personne ne se rend dans l’outback, un point c’est tout – d’où le titre du post). En effet, pour beaucoup d’australiens il s’agit d’un lieu mythique peuplé de touristes et d’Aborigènes ou d’une destination trop difficile à appréhender: il y fait trop chaud, il y a trop de dunes de sable, trop de mouches… Pour les mouches, c’est vrai qu’on se croirait un peu dans la peau du Troll Hébus (Trolleybus !) à la différence près qu’on ne leur donne pas le doux nom de Fifine par exemple. Pour celles et ceux qui ne connaitrait pas le Troll Hébus ou Puitépée Troll ou Haïwépa Troll ou Pröfy Troll, tous originaires de Phalompe, petit village de Souardie sur la planète Troy, n’hésitez pas à feuilleter les BD Lanfeust ou Trolls de Troy :-).

Welcome to South australian outback ! Un petit arrêt à Quorn avant de rejoindre les Flinders Ranges, une bourgade de l’outback avec plus de corbeaux que d’habitants où il règne une ambiance de Far West. La rue “Railway Tce“ constitue une leçon d’histoire et apparaît dans de nombreux films australiens tournés entre 1950 et 1987 comme Sunday Too Far Away (1975), Gallipoli (1980), The last frontier (1985)… je vous rassure, moi non plus je n’ai vu aucun de ces films.

Une journée commence à Wilpena Pound, couronne des Flinders Ranges pour partir à la découverte du charme intemporel des montagnes de l’outback. Une forteresse de roc ocre se détache sur le ciel, maillon d’une longue chaîne d’imprenables remparts naturels qui rougeoient dans le soleil levant. Le massif se replie sur lui-même d’une boucle qui enserre en son cœur une vallée légèrement boisée: difficile d’imaginer un bassin naturel elliptique de 80 km2, flanqué de crêtes rocheuses avant de l’avoir vu ! Les chaînes des Flinders, qui sont les plus grandes de l’état, forment un paysage ocre et brun. La succession de couches de roches sédimentaires couvrant 120 millions d’années de l’histoire terrestre de Brachina Gorge est tout simplement extraordinaire.

Flinders Ranges

Flinders Ranges – Brachina Gorge

Les rivières sont généralement asséchées (comme à Bunyeroo Gorge) et les arbres assoiffés mais le paysage reste splendide ! En se baladant à travers les plaines vallonnées du parc on découvre sa faune abondante: un émeu bayant aux corneilles, une succession de petits groupes de wallabies, le nez au vent et les oreilles en alerte. Entre les parois déchiquetées des gorges se détachent les silhouettes de rapaces qui se laissent planer en cercles dans les courants d’air chaud. Parmi eux, l’aigle d’Australie, le plus grand du pays avec une envergure de plus de 2 mètres ailes déployées.

Les hommes, eux aussi, vivent dans les Flinders, à commencer par les “Adnyamathanha“, ou “peuple du roc“. Habitants traditionnels et millénaires de ces terres difficiles, les “Adnyamathanha“ rassemblent cinq groupes aborigènes partageant une même culture, et une même langue. Malheureusement, ici aussi, l’Histoire se répète: terre volée et sang versé, au 19ème siècle les peuples du roc ont beaucoup souffert de leurs rencontres avec les premiers européens, venus établir élevages de moutons et exploitations minières. Aujourd’hui, plus de 40.000 km² de terres ont été officiellement restitués aux “Adnyamathanha“, et ils sont encore nombreux à vivre dans une région dont les falaises et les cavernes sont recouvertes des gravures et des peintures de leurs ancêtres.

Gammon National Park

Gammon National Park – Montagnes escarpées

Mais continuons notre progression vers le nord en direction du Gammon National Park qui se compose de gorges profondes, de montagnes escarpées, de cours d’eau bordés d’eucalyptus et de pois du désert de Sturt. Une nature si sauvage que l’on peut se retrouver nez à museau avec un kangourou impressionnant au détour d’un chemin de randonnée ! Et quand vient le crépuscule, le coucher de soleil est à couper le souffle.

The ancient aura of the Flinders invites all travellers to visit. As you drive past Rawnsley Bluff and Wilpena Pound you’d be forgiven for thinking that it can’t get better than this. But of course it can 

So, catch ya later 🙂

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