Passer la frontière

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« Faudrait passer la frontière / Aller au-delà / Sans faux pas / Voir ce qu’il y a juste derrière… »  (Donoré – Passer la Frontière).. Passons donc cette frontière pour aller découvrir l’altiplano bolivien qui paraît-il est « la » région à visiter. Et c’est vrai que cela dépasse l’imaginaire, le mien comme le vôtre: une nature sans fin, un voyage grandiose au milieu de décors sortis tout droit d’une autre planète, mais qui se mérite… c’est une région au climat aride, où les sommets et autres Salars côtoient l’infini; il fait partie sans nul doute parmi les plus beaux paysages au monde !

Juste après avoir traversé la frontière bolivienne, on se retrouve à admirer, à 4 320 m d’altitude, la Laguna Verde aux reflets bleus-verts, nichée au pied du magnifique volcan Licancabur (encore lui, mais vu de son autre profil, le profil bolivien !). Elle offre un paysage d’une beauté à couper le souffle. Sa couleur est due à l’importante concentration de carbonate de plomb, d’arsenic, de calcium et de soufre dans ses eaux (tout pour vous inciter à prendre un bon bain !). Au lever du jour, lorsque le vent se lève et soulève les sédiments, le lac vire du brun profond au vert émeraude en quelques instants. C’est entre 12h et 14h que la coloration verte est la plus marquante. L’endroit est, en journée, constamment exposé au vent, qui fouette l’eau et génère une mousse blanche se déposant sur les bords. A côté de la laguna Verde se trouve la Laguna Bianca, ces deux lagunes se rejoignant par un petit détroit. Tout comme la laguna Verde, la laguna Bianca doit son nom aux minéraux  présents dans ses eaux. On ne se lasse pas de profiter des jeux de couleurs et de reflets de cette lagune…

Laguna Bianca

Sur l’altiplano bolivien, il faut compter avec un ciel pur, un soleil aveuglant aux rayons ultra violets qui brûlent la peau, une atmosphère raréfiée où le moindre mouvement demande plus d’efforts, des espaces colorés où la vue porte à l’infini où pointent des cônes enneigés, où l’eau bout à 70°; mais surtout avec les services de bons guides/chauffeurs Boliviens qui sont les seuls à détenir les itinéraires des cartes routières; dessinées dans leur cerveau… On traverse le désert de Dali, situé à 4750 m d’altitude, dont le paysage est surréaliste. Ici, la terre regorge de minéraux ce qui donne aux paysages des couleurs surnaturelles. Il est nommé ainsi pour sa grande ressemblance avec les célèbres tableaux de Salvador Dali. Les formations rocheuses érodées par l’action du vent possèdent des formes plus que surprenantes, comme sculptées par l’artiste lui-même ? Dans ce désert minéral, d’apparence hostile pour toute forme de vie, on croise au détour du chemin des troupeaux sauvages de vigognes (de la famille des camélidés – un genre de chameau sans bosse si vous voulez) mais aussi l’un de leur prédateur… Mister Fox: « The fox had done running / And the beast is at bay / He’d run them in circles / By the end of the day » (Sting – The End of the Game).

Vigogne

Au pied du Cerro Polques, voici les Thermes de Polques, un petit bassin où l’eau est à 30°C alors qu’à l’extérieur les températures sont nettement inférieures… On est toujours à 4300 mètres d’altitude ! On se baigne dans un petit bassin ou on trempe simplement les pieds dans l’eau chaude pour le plaisir tout en s’émerveillant devant le paysage de la Laguna Salada.

Sol de Manana

Cinquante kilomètres de plus et nous rejoignons à 4870 mètres d’altitude les solfatares de Sol de Manana. C’est un ensemble très impressionnant de 2 km² de mares de boue bouillonnante et de fumeroles. C’est un paysage de couleurs mais aussi des sons… Tendez l’oreille et écoutez: ici ça siffle, ça fume, ça bouillonne, ça marmite ! Attention où l’on pose les pieds, car aucune protection n’existe. C’est à vous à rester prudent. Et il y a aussi cette petite odeur qui plane… un parfum enivrant de soufre ! Comme d’habitude pourrait-on dire: chaud dedans, froid dehors ! Des restes de l’hiver font face à l’ensemble de Sol de Manana: d’étranges pics attendent sans doute l’ultime coup de “glace” du printemps !

Laguna Colorada
Laguna Colorada

Nous arrivons à la Laguna Colorada, un moment tellement attendu depuis le début du voyage. On reste littéralement stupéfait et ébloui devant une telle splendeur. Pourtant j’avais regardé des photos auparavant mais la réalité en est tout autre… D’un magnifique rouge vif (lorsque le vent se lève et brasse les eaux de la lagune), ce lac peu profond, entouré de montagnes, couvre une superficie de 60 km², à 4 278 mètres d’altitude. Il tient sa couleur de la présence d’algues et de planctons qui se développent dans ces eaux riches en minéraux. La lagune accueille de nombreuses colonies de flamants roses qui prolifèrent faute de prédateurs. Dans les Andes, il existe trois espèces de flamants : le flamant du Chili qui possède un bec blanc à bout noir (mesurant jusqu’à 1 m de hauteur et se nourrissant de crustacés), le flamant de James (le plus petit des trois) et le flamant des Andes (le plus grand avec un bec jaune et noir), qui comme le flamant de James, se  nourrit d’algues. En plus des colonies de flamands roses, un troupeau de lamas (petits et grands) broutent tranquillement au bord de la lagune… rêve ou réalité… on ne sait plus très bien où donner de la tête (qui d’ailleurs cogne très fort… ah, les joies du mal de l’altitude !).

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