Sæll,

Hvad segirdu gott ? Moi, perso það gengur vel ! Hé, oui,  si vous comptez toujours vous inscrire à l’école des elfes, il faudrait veiller à travailler un peu votre islandais… Mais reprenons notre balade au cœur de cette île mystérieuse chère à Jules Verne. Le lac Mývatn ou « lac des mouches » est situé dans le Nord-Est de l’Islande dans les environs du volcan Krafla. Le nom du lac vient des nuées d’insectes (les « Chironomidae« , ressemblant beaucoup à des moustiques et communément confondus avec ces derniers) qui peuplent les bords du lac en été. Ces diptères ne piquent pas mais ont la désagréable habitude de s’infiltrer partout dès qu’on s’immobilise quelques instants… Cet endroit est donc aussi un paradis pour les oiseaux: vous n’aurez aucun mal à y dénicher un petit Arlequin plongeur, un Plongeon imbrin ou un Garrot d’Islande. Au sud du lac, se trouvent les pseudo-cratères de Skútustaðir. Ces pseudo-cratères, bien que ressemblant à des cratères classiques n’ont en réalité jamais éjecté de lave. Ils ont été créés il y a 2000 ans par des explosions de vapeur qui ont eu lieu lors du contact de la lave avec l’eau du lac; quand la lave se met à recouvrir l’eau du lac, l’eau au contact de la lave en fusion s’est transformée en vapeur qui, sous la pression, a percé la croûte de lave visqueuse en explosant (un peu comme de la purée sur le feu !) formant un pseudo-cratère.

Cascade Hafragilsfoss

Cascade Hafragilsfoss

Des cascades, encore et toujours ! Sur la rivière Jökulsá á Fjöllum (ou « rivière glaciaire des montagnes »), vous trouverez des chutes d’eau… en cascade. Tels les trois mousquetaires, répondant aux doux noms de Dettifoss, Selfoss et Hafragilsfoss, chacune des trois cascades a une personnalité et une histoire à part entière. Dettifoss, avec ses eaux brunâtres, est la chute d’eau réputée la plus puissante d’Europe avec un débit moyen de 200 m³/s, assurément l’une des plus renommées et sans conteste l’une des plus visitées. Quelques chiffres permettent de mieux assimiler son gigantisme:  large de 100 mètres, elle tombe d’une hauteur de 44 mètres au fond d’un canyon qu’elle a creusé dans le basalte. En amont, se trouve Selfoss, une cascade constituée d’une multitude de petites chutes d’eau (d’une hauteur de 10 mètres en moyenne) qui s’étendent sur une centaine de mètres formant un arc de cercle. A 2,5 kilomètres en aval de Dettifoss, se trouve Hafragilsfoss, 27 mètres de haut auréolée de couleurs ahurissantes. Les flots tumultueux proviennent de la fonte du Vatnajökull et charrient des tonnes de débris glaciaires qui donnent à l’eau un aspect brun et sale…

En remontant le cours de la Jökulsá á Fjöllum vers le sud, on découvre le canyon d’Ásbyrgi, long de 3,5 kilomètres et large d’1 kilomètre, en forme de fer à cheval (seule une vue aérienne permet de se rendre compte de la forme en arc de cercle). Selon la légende, il s’agirait de l’empreinte du sabot de Sleipnir, le cheval à huit pattes du Dieu Odin… Vu les dimensions du canyon, on imagine le gigantisme de ce cheval mythique. En réalité, c’est un ancien lit de la rivière Jökulsá á Fjöllum, emprunté par les crues cataclysmiques issues du Vatnajökull il y a des milliers d’années.. Au cœur de ce canyon se trouve un petit lac aux reflets verts nommé le Botnstjörn, entouré d’une végétation abondante dont une forêt de bouleaux. Si l’on veut prendre un peu de hauteur et embraser un panorama sur la gorge de Jökulsa et les forêts qui entourent Ásbyrg, il faut gravir le Rauðhòlar, une superbe montagne aux flancs rouges et noirs qui tranchent avec le vert éclatant de la mousse qui pousse sur les roches volcaniques.

Volcan Raudholar

Volcan Raudholar

Un petit retour à la civilisation avant de plonger pour un voyage au centre de la terre… islandaise. Nichée au bord de la baie de Shaky, la ville d’Húsavík est mondialement reconnue comme l’un des meilleurs sites du monde pour les amateurs de baleines. Des séchoirs à poissons signalent l’arrivée à Húsavík, un port de pêche qui sent le Grand Nord (enfin, c’est plutôt l’odeur de morue qui est omniprésente !) et duquel on a une vue magnifique sur le fjord et les montagnes enneigées en toile de fond. Allez, en route vers les Hauts Plateaux intérieurs…! Le désert de Sprengisandur est constitué de terre et de cailloux. Parfois la piste longe un lac totalement exempt de végétation (comme le lac Porisvatn). La vue s’étend au loin sur les calottes étincelantes des glaciers. La végétation, rare, se rassemble autour des cours d’eau où mousses vertes fluorescentes et épilobes roses contrastent violemment avec le gris environnant. Il faut traverser de nombreux gués (environ 10), certains nécessitant un repérage à pied préalable pour voir où le niveau est le moins profond, mais finalement en suivant les bonnes trajectoires ça passe très facilement. Et oui, encore une cascade (promis, c’est l’avant-dernière). La chute d’Aldeyjarfoss s’est frayée un passage dans une vieille coulée de lave révélant de magnifiques orgues basaltiques couverts de lichens oranges. On observe très clairement la superposition de deux couches d’orgues basaltiques. Celle du dessus est irrégulière et chaotique car la lave s’est refroidie rapidement tandis que la partie inférieure présente des colonnes très régulières. Ces dernières se sont refroidies plus lentement ce qui a permis une contraction régulière de la lave.

Du haut de ses 1491 mètres, la masse noire du volcan Hekla domine le sud de l’Islande. C’est le plus connu et le plus redouté des volcans islandais. Il a mauvaise réputation et fut longtemps considéré comme une des entrées de l’enfer avec le Stromboli. Son sommet a été vaincu tardivement en 1750 et les pionniers n’ayant constaté aucune trace du diable, il fait maintenant l’objet d’ascension quand le temps est dégagé. Son sommet couvert de neige est souvent dans les nuages. Ce volcan a déjà connu une vingtaine d’éruptions majeures pendant les temps historiques et est toujours actif. Alternant des phases explosives et effusives, il est capable lors d’une même éruption d’expulser des panaches de cendres à des kilomètres de hauteur tout en vomissant des fontaines de lave. Il a déjà tué et tuera encore, ensevelissant des fermes, empoisonnant les pâturages et les cours d’eau avec des fluorures ou projetant d’immenses blocs à grande distance. Ses éruptions sont difficiles à prévoir car les séismes annonciateurs ne se font sentir que dans l’heure qui précède.

Lac Frostastadavatn

Lac Frostastadavatn

A proximité du camp de Landmannalaugar, dans un paysage sombre et désertique de projections volcaniques minuscules (lapilli) et de blocs épars, entourés de petites montagnes nues, recouvertes d’un duvet de mousses et de lichens, se niche le lac de Frostastaðavatn dans lequel se reflète une montagne de rhyolite orange et verte, le Suðurnámur. L’ensemble prend un aspect encore plus dantesque un jour de pluie et de vent violent, masquant les contours des paysages, ne les découvrant qu’au moment d’une acalmie passagère. C’est aussi ça l’Islande: un temps imprévisible et un vent inlassable d’où cette boutade « si vous n’aimez pas le temps qu’il fait, attendez dix minutes ». L’intérieur du pays est un territoire immense et austère, au climat rude, inhabité, sauf peut-être par des trolls mais c’est sans doute la plus belle région d’Islande. Le Landmannalaugar, c’est une explosion de couleurs, de formes insolites, de variétés de paysages et de curiosités géologiques. Les couleurs sont extraordinaires, une richesse chromatique à faire pâlir le peintre le plus blasé: le noir, le jaune pâle, le jaune vif en passant par le bleu et le rouge, on entre dans un univers onirique époustouflant, de soufre, de roches et de lave. On se croit sur une autre planète. Les possibilités de randonnées sont nombreuses et les paysages et l’ambiance changent au fil des heures, de la météo et de la saison. C’est une  immersion en pleine nature, dans une vallée époustouflante située entre des montagnes de rhyolite colorées et un mur de lave figée, le Laugahraun. A ses pieds, on se baigne dans un ruisseau alimenté par des sources d’eau chaude  et froide perdues au milieu des herbes, des boutons d’or et des linaigrettes arctiques…

Geysir - Le Strokkur

Geysir – Le Strokkur

Après cette escapade au centre de la terre islandaise, je vous propose de terminer notre voyage par le populaire « Cercle d’or » qui comprend le parc national de Þingvellir, la cascade Gullfoss, et la zone autour de geyser GeysirLa cascade Gullfoss (« chute d’or ») est alimentée par les eaux de la rivière Hvtà (« rivière blanche ») qui fait une chute de 32 mètres en deux paliers successifs avant de tomber dans une gorge étroite bordée d’orgues basaltiques. Deuxième site de ce cercle privé et prisé, la zone géothermale de Geysir. Ce geyser dont le nom signifie « celui qui jaillit » en islandais a donné son appellation à tous les geysers du monde. Dans les années 1900, Geysir jaillissait régulièrement à 60 mètres de haut. De nos jours, il ne jaillit plus que quelquefois par an à grand renfort de savon qui a pour but de faire baisser la tension superficielle de l’eau et faciliter ainsi le passage de la phase liquide à la phase gazeuse. Par contre, à côté de lui, le Strokkur (« la baratte ») a la régularité d’un métronome. Toutes les huit minutes environ, le geyser expulse sa colonne d’eau à 20 mètres de hauteur pour le plus grand plaisir des photographes assemblés en cercle autour de lui. Mais ce qui est le plus apprécié est la magnifique bulle bleu turquoise qui surgit juste avant que la vapeur ne la transperce. Aucun autre geyser ne présente cette particularité ! La visite de Þingvellir est incontournable. Devenu parc national en 1930 et repris sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2004, ce site est du plus haut intérêt tant historique que géologique. Ici on assiste en direct à la dérive des continents, l’Amérique se séparant de l’Europe. Chaque rive se trouve sur une plaque tectonique différente. La faille de l’Almannagja déchire le paysage sur plusieurs kilomètres et c’est dans ce cadre spectaculaire que les islandais créèrent le premier parlement au monde, l’Alþing, en 930. L’Alþing, est institué à Þingvellir dans un cadre magnifique. Au centre de ce lieu se dresse le Lögberg (Roc de loi) où se tient le juriste qui conseille les goðar, les paysans et les marchands et qui mémorise et récite les lois et les règles de procédure. La constitution islandaise est unique en son temps: pas de police, pas d’armée, pas de roi mais juste une répartition du pouvoir entre les boendr (chefs fermiers) qui se chargent de défendre les intérêts du peuple de leur district.

Enfin, ce tout d’horizon islandais ne serait pas complet sans une baignade dans le Lagon Bleu (ou Bláa Lónið), une expérience à vivre absolument ! Le décor du Bláa Lónið est irréaliste: imaginez une étendue d’eau d’un bleu incroyable, perdue au milieu des champs de lave avec comme bruit de fond le sifflement des jets de vapeur de la centrale géothermique toute proche. Et vous êtes là, en plein air avec une température extérieure plutôt frisquette, à patauger dans cette eau à 40°C enveloppé d’un nuage de vapeur. L’eau puisée  à  2 kilomètres de profondeur et chauffée par le magma à 240°C, arrive par canalisations à la surface à 70°C. Cette eau, chargée de silice en suspension, est naturellement riche en sels minéraux et en algues bleu-vert, ce qui lui donne sa couleur bleu turquoise laiteuse même par mauvais temps… Cette eau est réputée pour ses propriétés curatives (eczéma et psoriasis). C’est sûr, on quittera l’Islande guéri de tous nos maux… mais ce ne sont que des mots !

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