Molo Kunjani, comme on dit en Xhosa !

Avant dernière étape du périple, le parc national des chutes d’Augrabies. Ce parc s’étire sur 50 kilomètres le long de l’Orange River et il abrite des chutes spectaculaires (mais peu puissante en cette saison hivernale) ainsi qu’un écosystème unique en son genre. Venue de Namibie, l’Orange River suit son cours pour se précipiter du haut de 56 mètres dans le ravin qu’elle a creusé au cours des derniers 500 millions d’années. Des lézards multicolores (une espèce endémique du lieu) se détachent sur le granit rose qui jouxte les chutes, tandis que des oiseaux chassent les insectes entre les parois.

Une randonnée de quelques heures permet de découvrir un étrange et magnifique univers minéral: à l’horizon de nombreuses collines dont le noir tranche avec le rouge orangé ambiant; ces formations de roche volcanique refusent catégoriquement de s’éroder aussi vite que leurs voisines (elles ont comme peau protectrice des particules de fer, de manganèse et de titane… bien mieux que n’importe quelle crème anti-âge, il faut bien l’avouer!). On escalade un piton rocheux qui s’avance entre les bras de la rivière: au confluent des deux canyons, la vue est splendide et des nouvelles cascades se dévoilent.

Parc national des chutes d’Augrabies, Moon Rock

Puis direction Moon Rock, une espèce de dôme de granit aux trois quarts enterré, de près de 100 mètres de long. En y regardant de plus près, la roche a la structure d’un oignon; à certains endroits, la couche supérieure craque et laisse apparaître la couche inférieure. D’autres sentiers serpentent entre les montagnes, où poussent la vigne et le Kokerboom (ou Aloe Dichotoma), un arbre spécifique à la région. Les mots afrikaans koker signifient « carquois », et boom « arbre »; son nom vient du fait que ses branches et son écorce sont utilisées par les San pour faire des carquois. C’est dans ce magnifique univers que nous croisons quelques-uns des étranges habitants… Un Steenbok, qui nous suit à distance (nous sommes sans doute sur son territoire). Cette magnifique petite antilope est reconnaissable à ses grandes oreilles et à ses grands yeux qui lui confèrent un regard empreint de douceur. Et c’est alors, « horresco reference » qu’un groupe de girafes est à quelques pas de nous … Là, ne serait-ce pas un girafon ? On en reste littéralement bouche bée devant cette rencontre inattendue, tout comme ce Vervet.

Parc national des chutes d’Augrabies, Girafon

Mais nous voilà déjà repartis pour l’ultime et dernière étape du voyage, le semi-désert du Kalahari: Objectif Dune comme dirait Hergé ! Le Kalahari (déformation du mot « kgalagadi » qui signifie « grande soif » ou « se dessécher« ) s’étend entre les bassins des fleuves Zambèze et Orange. Il couvre une large partie du Botswana ainsi que le sud-est de la Namibie et le nord-ouest de l’Afrique du Sud sur une superficie d’environ 900 000 km2. Il se caractérise par d’immenses étendues de sable rouge dans lesquelles on peut avoir la chance de voir déambuler l’Outarde kori, l’oiseau capable de voler le plus lourd du monde ! Si cette mer de sable rougeâtre qui s’étend à l’horizon créée une impression de vide, ce n’est que « La grande illusion ».

Dans le semi-désert du Kalahari, l’Outarde kori

La vie du Kalahari est prolifique et la faune circule librement, migrant d’un pays à l’autre. De grands troupeaux d’herbivores comme les bubales, les gnous ou les springboks (mais sans leur ballon ovale, ni leur maillot vert et or) sillonnent le désert à la recherche d’eau et de jeunes pousses. Que ce soit pour fuir ou pour jouer, le springbok fait d’incroyables bonds, la tête baissée, le corps courbé et les pattes raides. Ce n’est pas pour rien que son nom signifie littéralement « la chèvre qui saute ». Autres petits mammifères répandus dans ces vastes étendues de sable, d’herbes sèches, parsemées ici et là de quelques arbres épineux, la mangouste jaune et la famille suricate (oui, comme dans le film du même nom !).

Au Kalahari, Springbok

Les énormes troupeaux d’herbivores qui envahissent ce désert, sont suivis de près par des colonies d’insectes et des meutes de prédateurs… Le chacal à chabraque est reconnaissable à son pelage noir qui couvre le cou, le dos et la queue. Son nom lui vient du mot turc « çaprak » qui désigne la couverture en peau de mouton que les hussards de Napoléon plaçaient sous la selle de leur cheval. Selon l’espèce, les méthodes de chasse diffèrent mais la technique la plus usitée consiste à poursuivre la proie jusqu’à l’épuisement, puis à lui mordre les tendons pour la faire tomber: Cruel Reality of Nature dixit Buckehead ! Même si aujourd’hui, les grands félins sont en effectif plus restreint, ils sont toujours présents… au Kalahari. Imaginez-vous au milieu de ce désert mythique, personne d’autre que vous à des centaines de kilomètres à la ronde, de vastes étendues d’herbes sèches, parsemées ici et là de quelques arbres épineux, le silence, le ciel immense, le jour qui commence à décliner et les prédateurs sauvages comme seule compagnie: tiens là, un guépard et ici une lionne et ses deux lionceaux; un félin qui passe sa journée à l’abri en attendant la fraîcheur de la nuit pour chasser… On s’attendrait presque à ce que cet « animal lecteur » nous dise: « j’aimerais poursuivre cette conversation mais j’ai un vieil ami pour le dîner.  »

Allez, je vais être Hardy (Françoise) et je vous donne rendez-vous dans une autre vie: « Fin du dernier acte/Qui m’a fait décoller/Il faut qu’on parte/Même si je garde une impression d’inachevé…  » (Françoise Hardy – Rendez-vous dans une autre vie)

Ngoxolo.

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