On quitte l’Est pour rejoindre notre dernière étape de découverte (snif, snif): le parc de Ranomafana. Ce parc national créé en 1991, tient son nom du village de Ranomafana qui signifie « eaux chaudes »; le village est donc connu pour ses sources thermales, se trouvant à 7 kms de l’entrée du parc. Le parc est couvert par une forêt tropicale humide primaire et secondaire. Il est connu pour être une zone très riche en biodiversité mais encore assez mal connu, au point que plusieurs scientifiques sont en permanence envoyés en mission dans le parc pour étudier les espèces peu connues ou encore inconnues à ce jour. Si l’on devait faire une course aux chiffres, rappelons seulement que le parc compte 115 espèces d’oiseaux, 90 espèces de papillons, 350 espèces d’araignées (moins fun), 106 espèces d’amphibiens, 58 espèces de reptiles ou encore 43 espèces de mammifères… La faune et la flore y figurent parmi les plus variées tout en étant uniques au monde.

Parc de Ranomafana - Caméléon Brookesia nasus

Parc de Ranomafana – Caméléon Brookesia nasus

En matière de végétation, on rencontre diverses plantes médicinales, ainsi que diverses variétés d’orchidées, des plantes carnivores, et des fangeons géants. L’animal le plus observé dans le parc est le lémurien car on y trouve pas moins de 12 espèces dont le Sifaka Edouard…(qui décline généralement l’invitation à se faire photographier en bondissant d’un arbre à l’autre) mais on y croise aussi l’insecte Giraffa, le caméléon Brookesia nasus (qui ressemble à une feuille morte) ou le caméléon Caluma Nasuta (pas plus grand qu’un doigt de la main, la preuve !). Les animaux iconiques de l’île ne sont maintenant plus un secret pour nous !

Paysage des Hautes-Terres

Paysage des Hautes-Terres

Après cette visite, on reprend la direction de la capitale Tana par la RN25 – après quelques kilomètres, petit arrêt à la chute Andriamamovoka – puis la RN7… Le paysage des Hautes-Terres s’impose à nouveau: la terre rouge, les villages aux maisons groupées… Et au milieu coule une rizière ! On croise beaucoup de petits chariots de bois sur la route qui transportent toutes sortes de marchandises… Sur le bord la route, des enfants s’entraînent au foot avec un ballon « home-made ». Posons un dernier regard sur les fabriques de tuiles ou de briques faites à partir des boues de la rizière qui pullulent autour de la capitale…C’est en 1831, que fut introduite à Madagascar par Jean Laborde, la technique de cuisson des briques et des tuiles. Dès le 19ème siècle, l’utilisation de cette technique se généralise dans l’architecture des Hautes Terres, répondant ainsi à une demande urbaine. L’argile de la rivière est extraite avec des pelles à bois, malaxée, souvent  avec  les pieds nus, pour être ensuite moulée. Puis, on la laisse sécher au soleil. Une fois sèches, les tuiles sont tapotées avec un bout de bois plat pour être bien aplaties. La cuisson se fait ensuite au four à bois. Cette fabrication artisanale engendre une grande consommation de bois et d’énormes pertes d’énergies.

Arrivée sur Tananarive

Finissons par une courte visite de Antananarivo ou Tananarive (ou Tana pour les intimes) la capitale où  la plupart des taxis, tous de couleur crème sont des 2CV, des 4L ou des RN5… on a même vu une Peugeot 203 en très bon état garée dans une rue de Tana. En malgache « Antananarivo » signifie « la ville des milles ». Au 17ème siècle le roi décida de chasser les tribus de la colline et de se l’approprier, en se protégeant (dit la légende) derrière quelques mille guerriers… Dans la haute ville le palais de la reine est le monument le plus visité, il est l’emblème de la ville. On y trouve aussi les maisons traditionnelles en bois, La Poste (si, si c’est écrit Paositra !) ainsi que l’ancien palais du premier ministre. Au détour d’une rue, nous croisons un étrange transporteur de briques… La ville est bâtie comme toutes les places fortes au sommet d’une colline, mais les habitations se sont étendues sur les collines voisines (18 collines aujourd’hui), pour ensuite en investir les coteaux et viabiliser au fil des siècles les marécageuses en contre bas. Si on voulait résumer l’impression que donne cette ville, on pourrait dire… une Ville Haute, une Ville Basse, des toits de tuiles, des vieilles bicoques couleur rouille côtoyant d’anciennes maisons coloniales, des boutiques et des ateliers d’artisanat des embouteillages, de la pollution et de la misère; Tananarive est un condensé de tous ces aspects !

Tananarive

Tananarive

Mais il est l’heure d’aller à l’aéroport pour le vol de retour. Veloma, la Grande Ile et merci pour tous les moments passés en ta compagnie. Si l’on devait donner une conclusion à ce voyage ce serait sans doute que Madagascar est un pays qui ne se visite pas mais se découvre au rythme lent (Mora, Mora) qui est le sien… c’est une île à plusieurs facettes qui allient couleurs d’Afrique et mystères d’Asie, où la faune et la flore sont vraiment uniques.  Et puis le mot de la fin serait sans doute: « on ne fait pas un voyage, c’est le voyage qui nous fait ou nous défait. Il nous invente » (David Le breton)… Madagascar fait indéniablement partie de ces destinations qui confirment cette sentence.


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