Lolma…  heu, bonjour à vous aussi m’dame Hopi, du clan des coyotes

Um hinhinta ?… on va très bien, merci (Pi nu’ qahinta)

Et voilà, c’est reparti… « On rêvait d’une autre terre / Qui resterait un mystère » (Téléphone – Je rêvais d’un autre monde)… je crois que là, on a glissé au bon endroit ! Look deep, deep into nature, and then you will understand everything better (Albert Einstein). On a suivi les conseils de ce cher Albert avec une expérience de totale solitude dans un endroit reculé en plein « Wilderness »… Le Blue Canyon est situé dans un secteur totalement épargné par le tourisme sur une réserve indienne Hopi enclavée dans celle des Navajos (les quelques milliers de personnes qui composent cette ethnie possèdent une culture très différente de leur voisins (langue, religion, habitat…)… Toute la réserve indienne est occupée par les Navajo…Toute ? Non ! Car une enclave peuplée d’irréductibles Hopi résiste encore et toujours à l’envahisseur ! Compte tenu de la difficulté d’accès à ce site via une piste difficile à trouver et non entretenue (Ah, les joies du sable mou), il faut être équipé d’un vrai 4×4 (merci à Evelyne du clan des coyotes, notre guide Hopi du jour)… Le chemin de terre craquelée qui conduit au Blue Canyon commence sur votre droite (si vous venez de Gallup) ou sur votre gauche (si vous venez de Tuba City) à peu près au « mile marker 256 » sur la route 264… aucune signalisation, bien sûr donc assurément manquable ! Bref, vous l’aurez compris, c’est un endroit paumé sans aucun chemin de randonnée, à explorer par soi même… pour être totale communion avec l’âme de cette terre étrange et fascinante !

Blue Canyon

Blue Canyon

A l’approche du site, on ne peut que s’émerveiller devant ce long alignement de roches bicolores qui semblent blotties les unes contres les autres. Ensuite, on se laisse porter au gré de ses pas et de son imagination en admirant ces roches rouges striées de blanc, ces rochers patinés par le temps aux formes douces et arrondies. Regardez là, cette multitude de petits rochers qui forment une bande de joyeux drilles et ici encore le rocher du chanteur Renaud profondément mécontent « pour un phare un peu amoché ou pour un doigt tendu bien haut« . Mais il faut Partir Partir / Pour ailleurs – ah, mettez Julien Clerc en sourdine, vous partiriez de là vous ? Un deuxième arrêt dans un endroit qui n’est mentionné sur aucun guide touristique mais qui franchement vaut le « petit » détour: Coal Mine Canyon situé à la limite de la frontière Hopi et Navajo. OK, pas franchement facile à trouver car il n’y a pas d’indications hormis celles glanées sur le net « A partir de Tuba City, prendre le route 264 vers le sud est pendant 16 miles. Il y a alors un semblant de piste qui part sur la gauche vers le nord« . Mais quand on arrive sur le site Waooooooou; Coal Mine Canyon est un canyon constitué de Hoodoos et Badlands colorées qui évoquent Bryce Canyon par certains côtés et en fin de journée alors qu’un orage menace dans le lointain, les couleurs sont tout simplement époustouflantes.

Coal Mine Canyon

Coal Mine Canyon

Retour à la civilisation… Ici, c’est presque le métro parisien aux heures de pointe… des touristes de toutes nationalités se bousculent sur les bords du Grand Canyon, Parc National depuis 1919. Le premier mot qui vient en tête devant un tel spectacle est naturellement immensité ou gigantos: le Grand Canyon s’étend sur environ 450 kms de long entre le lac Powell et le lac Mead pour une largeur qui varie de 5,5 kms à 30 kms; sa profondeur maximale est d’environ 2 000 mètres (gigas abyssal !). Il y a 6 millions d’années le fleuve Colorado, qui prend sa source dans les Montagnes Rocheuses et se jette dans le Golfe de Californie après avoir parcouru 2 333 kms (sacré distance !), commença à creuser le plateau pour lui donner sa forme actuelle. Les forces géologiques continuent aujourd’hui encore à sculpter le Grand Canyon, la rivière creusant le fond et l’érosion attaquant ses parois: yes, he’s alive ! Le canyon est superbe et l’avoir juste pour soi serait un vrai privilège… Enfin, faut par rêver comme dirait Philippe Gougler…

Lake Powell

Lake Powell

Si on veut du « Wilderness », du vrai sortons des sentiers classiques et plongeons au cœur de Grand Staircase-Escalante National Monument. Notre point d’entrée vers ce retour à la nature est le lac Powell qui tient son nom du major John Wesley Powell qui fut le premier homme à descendre le Colorado, en 1869. C’est un des plus grands lacs artificiel du monde; il fait partie de la Glen Canyon National Recreation Area créée en 1972 qui s’étend du Sud de Page en Arizona jusqu’au Nord de Canyonlands à plus de 250 kms à vol d’oiseau. Glen Canyon est aisément reconnaissable à ses 3200 kms de rivage coloré de parois de grès teintées de blanc, rouge et orange offrant un contraste saisissant avec le bleu du lac Powell ! La région regorge de canyons comme Cathedral Wash qui est tout d’abord assez large puis qui se rétrécit petit à petit pour s’apparenter à un slot canyon. Découvrir le Colorado à la sortie du wash procure un plaisir immense: c’est un des très rares endroits où vous pouvez admirer cette rivière en étant seuls, mis à part quelques éventuels rafters que vous verrez éventuellement passer juste devant vos yeux.

Grand Staircase Escalante

Grand Staircase Escalante

Autre canyon qui débouche cette fois sur le lac Powell, Wiregrass canyon offre de magnifiques parois sculptées par l’eau et des hoodoos (cheminées de fées) aux formes évocatrices comme ce guerrier spartiate qui nous surveille du coin de l’œil alors que nous progressons dans le canyon. Pour les fans de cheminées de fée, la partie sud de Grand Staircase Escalante Monument est l’endroit rêvé car regorge de ces formations rocheuses aux formes étranges et multicolores : blanc, rouge ou marron. Il n’y a pas de sentier à suivre, on explore la zone comme on le souhaite. Certains hoodoos sont vraiment impressionnants (plus de 7 mètres de haut), d’autres ont des formes photogéniques: regardez celui-ci, on s’attend presque à ce qu’il s’anime et qu’il parle !

Ah, je crois qu’on va rester un bon moment dans ce monde qui stimule notre imagination… je crois qu’on est en train de devenir carrément « Stone » !


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