
Cité-État posée à la pointe de la péninsule malaise, Singapour se laisse d’abord regarder comme une mégalopole futuriste au climat subtropical : il y fait chaud, plus de 30°C, et humide, avec ces fortes averses qui tombent presque chaque jour sans jamais s’éterniser. Surnommée The Green City, la ville laisse la nature s’immiscer partout, aux pieds des gratte-ciel et jusque sur leurs toits — c’est là tout le vertige de cette course à la démesure. En Malais, Singapore signifie « la cité du Lion », et le Merlion, statue à tête de lion et corps de poisson, veille sur la baie face au quartier d’affaires. Ce coin du monde s’inscrit pour moi dans un plus large voyage en Asie, entre ferveur des temples et prouesses d’architecture.
Au-dessus de la baie de Marina, les trois tours de Marina Bay Sands portent le SkyPark à 225 mètres, avec sa piscine à débordement suspendue au-dessus de la ville. Un peu plus loin, l’Art Science Museum ouvre sa corolle en forme de lotus sur l’eau, et la Grande roue de Singapour culmine à 165 mètres, la plus haute du monde. Mais l’endroit à ne manquer sous aucun prétexte, ce sont les Gardens by the Bay : quand la cime des arbres artificiels apparaît, un autre monde semble s’ouvrir, tout droit sorti de la planète Pandora.
Une fois rassasié de buildings, Singapour offre un second visage dans ses quartiers ethniques. À Arab Street, un dédale de maisons colorées s’étire près de la grande mosquée du Sultan, dans des fragrances de parfums et d’encens qui montent des encensoirs dorés. Quelques rues plus loin, Little India se regarde, se respire et s’écoute : épices, saris colorés, rythmes envoûtants, un kopi ho en terrasse. Et puis Chinatown, ses lampions, son marché et son temple de la Relique de la Dent de Bouddha, où l’on croise l’incontournable Xiangqi, ces échecs chinois qu’on appelle aussi « échecs des éléphants ».
Hasard du calendrier, j’y étais à l’époque du Mid Autumn, la fête des lanternes associée à Chang E, la déesse de la Lune. Les rues, les ponts et les jardins comme le Chinese Garden étincelaient alors de milliers de lanternes de papier — des poissons, des Lions, des Dragons, des Cygnes, de vraies petites merveilles de créativité. Au menu de la fête, les Mooncakes, à peine 8 cm de diamètre mais d’une densité qui impressionne au poids : plus beaux à regarder que bons à croquer.
SingapourUne fois rassasié des immenses buildings futuristes, Singapour offre un second visage lorsqu’on déambule dans ses quartiers « ethniques ». Arab Street est un dédale de maisons colorées, de petites rues commerçantes animées de jour comme de nuit qui s’étend à proximité de la majestueuse mosquée du Sultan. Cette mosquée, la plus grande de Singapour, érigée en…
SingapourLadies & gentlemen, Partons à la découverte d’une ville… enfin d’un pays ou encore d’une île en ne visitant qu’un seul lieu: Singapour. La cité-État asiatique surnommée « The Green City » est un ensemble de gratte-ciel dans lequel la nature s’immisce partout. Les espaces verts qui ont pris place aux pieds des grands buildings et sur…
Une ville qui tient sur une île, et deux visages : les trois quartiers dits ethniques d’un côté, la baie et ses super arbres de l’autre. Entre les deux, quatre langues officielles, une pâtisserie de fête et un café qu’il faut savoir commander.
Trois quartiers dits ethniques, à parcourir à pied. Arab Street d’abord, où la Mosquée du Sultan, la plus grande de la ville, a été érigée en 1825. Little India ensuite, avec le temple Sri Veeramakaliamman construit en 1885 et la mosquée Majid Abdul Gafoor, achevée en 1910 et restaurée depuis. Chinatown enfin, où se dresse le Buddha Tooth Relic Temple et où j’achète mes souvenirs : c’est le parcours de Arab Street, Little India et Chinatown. Little India se regarde, se respire et s’écoute, et le mieux reste de s’installer à la terrasse d’un café pour savourer l’instant. Tout se fait à pied. Le reste de mes étapes est dans mes voyages en Asie et Moyen-Orient.
Une pâtisserie du Mid Autumn Festival, d’environ 8 centimètres de diamètre et 3 centimètres de haut. La pâte se fait à partir de lotus, de haricots sucrés ou de figues, et le moule imprime des motifs si nets qu’on hésite à entamer le gâteau. Mon verdict, après essai : on n’a pas trop envie de le manger, parce que c’est moins bon que beau. C’est au Chinese Garden que se déploient les lanternes de cette fête, une soirée racontée dans mes lanternes du Chinese Garden. On y croise aussi des joueurs d’échecs chinois, un jeu qui aligne 16 pièces par joueur, dont 1 Général, 2 Mandarins et 2 Éléphants. Les traditions du continent voisin se lisent dans mes carnets de Chine.
Le SkyPark, perché à 225 mètres. Le Marina Bay Sands se compose de 3 tours de 57 étages, construites et ouvertes en 2010, et la plateforme qui les relie couvre 1,2 hectare avec 250 variétés d’arbres et 650 variétés de plantes, le point de vue qui ouvre ma promenade autour de la baie. La piscine à débordement mesure 150 mètres de long et contient 1,4 million de litres d’eau. Depuis là-haut, on repère l’Esplanade, le centre de spectacle dont la forme rappelle deux durians, le Art Science Museum en forme de tulipe ouverte, et la grande roue de la ville, haute de 165 mètres contre 135 mètres pour celle de Londres. Les palais du sous-continent sont dans mes récits de voyage en Inde.
Un parc de plus de 100 hectares, ouvert fin juin 2012. Il héberge environ 200 000 plantes venues de tous les continents, ce qui en fait un inventaire botanique autant qu’un jardin de promenade. Les fameux super arbres sont au nombre de dix-huit et mesurent de 25 à 50 mètres de haut ; onze d’entre eux fonctionnent sans alimentation énergétique externe. Une passerelle suspendue à 25 mètres du sol les relie, et c’est de là que la ville prend sa vraie mesure, comme le montre le parcours des super arbres. Le Merlion, statue à tête de lion et corps de poisson, reste le symbole de celle que l’on surnomme The Green City. Les hauteurs himalayennes attendent dans mes itinéraires au Népal.
L’anglais, le mandarin, le malais et le tamoul. Les quatre s’entendent au fil des quartiers, et il faut y ajouter le singlish, un anglais singapourien teinté de mandarin qui surgit dès que la conversation s’accélère. C’est ce même mélange que l’on retrouve d’un quartier à l’autre, entre Arab Street, Little India et Chinatown. Le tamoul, lui, vient du sous-continent que je parcours dans l’Inde du triangle d’or. Sentosa, dont le nom signifie île paisible en malais, en donne un autre exemple. La langue s’entend jusque dans les cours du mausolée que je visite dans ma matinée au Taj Mahal.
Plus de 30°C, avec 56 % d’humidité relative. La pluie tombe presque quotidiennement, mais en averses qui durent rarement plus d’une heure, ce qui laisse largement le temps de sortir entre deux. Sentosa, l’île-parc reliée par monorail, sert de soupape : elle compte 4 parcs d’attractions, dont Universal Studios Singapore, ainsi que des plages, un aquarium, un parc à papillons, un zoo, une piste de luge et un simulateur de vagues. On y va pour la journée. Pour un climat de désert plutôt que de moiteur, voyez mes échappées au sultanat d’Oman. Sur les marchés de la ville, en revanche, j’ai croisé des anguilles et des tortues vivantes, et des grenouilles. Et pour l’altitude sèche du Mustang, lisez le trek du plancher des dzos.




Comment commander un café à Singapour sans se tromper ?
Demandez un « kopi », pas un « coffee ». La nuance compte : si vous dites coffee please, on vous sert un café au lait concentré sucré, alors que le café traditionnel local s’appelle kopi. Pour la version glacée, ajoutez peng, et vous obtenez un kopi peng, ce que je commande dès que la chaleur devient sérieuse. À Little India, c’est un kopi ho que j’ai pris en terrasse, le temps de regarder passer le quartier, une leçon de vocabulaire glanée dans les mots de comptoir en Asie. Trois mots suffisent au comptoir. Le grand voisin du nord se raconte dans la Chine du Fujian à Shanghai.