Aiguilles calcaires des Dolomites dressées au-dessus des alpages et des forêts, Italie

Italie

Au nord de l’Italie, là où les Alpes se hérissent de tours, de murailles et de pics dénudés, s’étendent les Dolomites (en italien, Dolomiti), inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Corbusier ne décrivait-il pas cette chaîne comme « la plus belle œuvre architecturale au monde » ? En parcourant ces sentiers, on comprend vite pourquoi : depuis le col Rodella, le panorama s’ouvre sur le Sassolungo, le « Caillou long », dont les pics aiguisés dessinent un horizon en dents de scie où la lumière vient se réfléchir. Ces montagnes s’appelaient autrefois Monti Pallidi, les « Monts Pâles » — un amas de coquillages et de corail engloutis, il y a 250 millions d’années, au fond d’un paléo-océan.

Plus bas, une route pittoresque serpente à travers le Val di Fassa, entre la Marmolada, le groupe du Sella et le Catinaccio. Au bord de l’Avisio on se prélasse à écouter l’eau murmurer, tandis que le village de Canazei, perché à 1465 mètres, déploie ses chalets aux balcons fleuris et son clocher à bulbe. C’est aussi l’une des rares vallées où l’on parle encore le ladin, cette langue rhéto-romane que des villages d’irréductibles font vivre sous un drapeau bleu comme le ciel, blanc comme la neige, vert comme les prairies. Ne vous étonnez pas si le même refuge se dit Rifugio, Hütte ou Ütia. Pour prolonger la balade, jetez un œil à mes escapades européennes.

Randonnée, via ferrata, escalade, parapente : il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux, sur des chemins qui furent d’abord ceux des muletiers, des contrebandiers, puis des militaires de la Grande Guerre. On croise encore les vestiges d’anciens postes d’observation accrochés à la verticalité des parois, soldats de pierre défiant le ciel. Au petit matin, quand la roche calcaire s’embrase et rougeoie, on tient sans doute là l’un des plus beaux spectacles des Alpes.

Récits et conseils sur mes voyages et découvertes en Italie

  • Italie

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Questions les plus posées pour les voyages en Italie

Un seul massif pour toute l’Italie de ce blog, mais il tient debout depuis 250 millions d’années : les Dolomites, ancien fond marin dressé à la verticale. Les questions ci-dessous portent sur ses sommets, sa langue de vallée et sa lumière du soir.

Où se trouvent exactement les Dolomites en Italie ?

Entre le Trentin-Haut-Adige et la Vénétie, autour du Val di Fassa. Le massif porte le nom italien de Dolomiti et se répartit entre plusieurs vallées, dont ce Val di Fassa qui regroupe sept communes et fonctionne comme une station de vacances d’été et surtout d’hiver. J’ai posé mes valises à Canazei, capitale de cette vallée, un village perché à 1465 mètres d’altitude, point de départ de mon séjour dans les Dolomites italiennes. De là, tout se joue en montant. Les Dolomites ont d’ailleurs été un front de la Grande Guerre, entre 1914 et 1918, ce que les sentiers rappellent encore par endroits. Mes autres destinations du continent sont dans mes voyages en Europe.

Pourquoi les Dolomites sont-elles classées au patrimoine mondial ?

Le massif est inscrit à l’UNESCO depuis juin 2009. Sa matière première explique beaucoup : ces montagnes se seraient formées il y a environ 250 millions d’années, à partir d’un amas de coquillages, de corail et d’algues. Autrement dit, on marche sur un ancien fond marin dressé à la verticale, et c’est cette origine sédimentaire qui donne aux parois leur teinte si particulière. La roche raconte une mer disparue. Pour un autre chapitre de géologie européenne, celui du feu plutôt que du corail, allez voir mes paysages extrêmes d’Islande. Tout ce que j’ai parcouru ailleurs figure dans le reste des étapes du continent.

Quels sont les principaux sommets et parois des Dolomites ?

La Marmolada, le Sassolungo et le Sass Pordoi tiennent le haut de l’affiche, et je les ai approchés un par un dans mon carnet des Dolomites. La Marmolada, surnommée Reine des Dolomites, culmine à 3343 mètres. Le Sassolungo atteint 3181 mètres et aligne une dizaine de pics compris entre 2787 et 3181 mètres. Depuis le col Rodella, à 2485 mètres, on peut entreprendre l’ascension vers le Sass Pordoi, dont les cotes s’échelonnent entre 2239 et 2952 mètres. Le passo de Pordoi, lui, se tient à 2239 mètres et se trouve relié par téléphérique au sommet du Sass Pordoi, ce qui permet de gagner la hauteur sans y passer la journée. D’autres reliefs volcaniques attendent dans mes montagnes d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Qu’est-ce que l’Alpe de Siusi et que peut-on y voir ?

Le plus grand pâturage d’altitude d’Europe, présenté comme tel : 57 kilomètres carrés à 1850 mètres de moyenne. On y croise des troupeaux de chevaux, des vaches Grises des Alpes et des vaches des Highlands, qui paissent dans un décor de prairies ouvertes. Les grands espaces du nord se lisent dans mes hivers en Laponie. C’est là que j’ai eu ma plus belle surprise : un mouvement furtif, je me retourne d’instinct, plus rien, puis en scrutant mieux les alentours je repère une marmotte juchée sur un rocher. Avec sa fourrure brune claire poivrée de noir, elle se fondait dans la pierre et passait presque inaperçue. Les landes sauvages, elles, sont dans mes échappées en Écosse.

Quelle langue parle-t-on dans les vallées des Dolomites ?

Le ladin, une langue reconnue par l’Union européenne. On l’entend dans le Val di Fassa, le Val di Gardena, le Val di Badia et la vallée de Livinallongo, c’est-à-dire dans les vallées mêmes où l’on marche. Ce n’est pas une curiosité de musée : la chaîne publique italienne RAI diffuse chaque semaine 4h30 d’émissions dans cette langue. Pour d’autres accents européens, jetez un œil à mes régions françaises. Une langue de vallée, toujours vivante. Du côté de l’Atlantique, l’accent change encore dans mon île-jardin de Madère.

Qu’est-ce que l’enrosadira dans les Dolomites ?

Le rougeoiement des sommets à l’aube et au crépuscule. C’est le rendez-vous que je ne manquerais sous aucun prétexte, et il ne coûte qu’un réveil matinal ou une fin de journée passée dehors. Le reste du temps, les prairies occupent les yeux : edelweiss, ancolie des Dolomites, nigritelle noire, une petite orchidée au parfum de vanille, œillet des Alpes, achillée des Alpes et gentiane des Dolomites. Côté table, je recommande le pestolato, un fromage local parfumé au poivre et à la grappa, ainsi que le beurre et le fromage d’alpage. Un seul mot d’ordre pour finir : ralentir, et savourer le silence de ce massif. D’autres reliefs du sud se racontent dans mes montagnes de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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