San Francisco couramment abrégé en SF ou plus familièrement en Frisco est certainement l’une des plus belles villes de la côte Ouest des Etats-Unis. Allez, détendez-vous, fermez les yeux et imaginez-vous pendant une dizaine de minutes au volant d’une Ford Mustang Fastback… 10 minutes et 53 secondes, c’est le temps total de la scène de la course-poursuite de Bullitt à travers les rues de San Francisco, avec Steve McQueen au volant de la fameuse Ford Mustang Fastback. La scène débute dans le quartier de Fisherman’s Wharf, où vous auriez pu prendre le temps de vous prélasser au soleil comme ces nombreux lions de mer tout en respirant l’air du large et en observant les manœuvres des bateaux de pêche entrant ou sortant du port. Fisherman’s Wharf, à l’origine un quai de pêcheurs et de marchands de poissons, est aujourd’hui l’endroit le plus visité de la ville. Aux nombreux restaurants de poissons dont un Bubba Gump (Cours Forrest, cours !) se sont ajoutés des centres commerciaux comme le Pier 39 qui fût construit avec les matériaux de plusieurs quais désaffectés, des magasins de souvenirs et d’artisanat.

San Francisco, Lions de mer

C’est ici que notre route croise celle de la ligne de tramway historique F. Partant de Market Street, la ligne relie Fisherman’s Warf à Castro en empruntant Embarcadero, une voie longeant la côte. Les voitures viennent des quatre coins du pays : San Francisco, Los Angeles, New-York, Chicago, Kansas City, Cincinnati, Louisville, Boston etc. Les grands jours, on sort même des voitures plus exotiques, originaires d’Italie, du Japon ou encore d’Australie. Seuls les machines et les essieux ont été adaptés à leur nouveau parcours. Pour le reste, les couleurs des voitures, les affiches publicitaires de l’époque, les sièges en bois vernis ont été conservés… Tiens, voilà une voiture de tram de couleur verte et la suivante est de couleur acier poli… et là juste derrière, dans le lointain, on en voit une autre qui est de couleur orange… L’idée de cette de ligne de tram aux wagons historiques et d’époque, a vu le jour en 1983 lorsque la ville de San Francisco a décidé d’organiser un « festival du trolley » pour l’été auquel beaucoup de villes américaines ont contribué. Le festival eut un tel succès, qu’il fût renouvelé l’année suivante, et ainsi de suite jusqu’en 1987 où cette exposition temporaire estivale se transforma en un usage permanent… Mais les secondes sont comptées au volant de notre Mustang… tic-tac, 7 minutes 42 secondes … On remonte déjà à vive allure vers le centre-ville avec des rues qui montent (ou descendent) à plus de 30 degrés, comme la fameuse Lombard Street qui est devenue l’un des symboles de la ville. Nous sommes dans le quartier de Russian Hill, une des quarante collines de San Francisco. En fait, Lombard Street fait 4,5 kilomètres de long mais elle est célèbre pour une toute petite partie sinueuse (un pâté de maisons)et très fleurie (de nombreux massifs ornent la rue depuis les années 1920). Cette portion de rue comporte plusieurs lacets très serrés sur une pente de 28%… soit 100 mètres et 8 virages !

San Francisco, Lombard Street

Les paysages connus défilent en arrière-plan d’une façon hallucinante… on reconnait au passage, silhouettés sur la baie de San Francisco, l’île d’Alcatraz, et la célèbre Coit Tower (au sommet de Telegraph Hill), une tour cylindrique de 64 mètres de hauteur, inaugurée en 1933… Ce monument, hommage aux pompiers de San Francisco, a été bâti grâce aux dons de Lillie Hitchcock Coit, veuve d’un banquier fortuné et fervente admiratrice des soldats du feu de la ville. En regardant la tour, on ne peut s’empêcher de penser que la Coit Tower ressemble à l’embout d’une lance d’incendie et de nombreuses personnes pensent que la tour a été dessinée dans ce but… malgré les dénégations des architectes. La statue placée devant la tour est dédiée à Christophe Colomb. Depuis Telegraph Hill, on a une très belle vue sur la ville: le Golden Gate Bridge, l’île Alcatraz, le Bay Bridge, Russian Hill et le Financial District.

Vroum, vroum… Prêt à continuer la poursuite ? Mais je sens que vous avez déjà mal au cœur… Allez, puisque vous n’êtes pas des fous du volant, continuons la visite en transports en commun, mais pas n’importe lequel ! Avez-vous déjà voyagé à bord d’un « monument national » ? Non ? Alors il est grand temps de monter à bord d’un des célèbres cable-car, ces tramways tirés par des câbles enfouis dans la route qui ne dépassent guère les 15 km/h. Ces pièces de musée rénovées (déclarés monuments historique nationaux en 1964) sont opérationnelles en permanence sur 3 lignes (Powell-Hyde, Powell-Mason et California Street). Les cable-car n’ayant pas de marche arrière, ils doivent être tournés à la main à la fin de la ligne pour faire demi-tour. Mais ils fonctionnent aussi bien qu’au premier jour (le 2 aôut 1873) celui où Andrew S. Hallidie a conduit le premier cable-car dans la descente de Clay Street…

San Francisco, Cable-Car

Autre monument incontournable de San Francisco, le Golden Gate Bridge qui doit son nom à l’or qui fut découvert dans la région vers 1850, or qui contribua grandement au développement de San Francisco. Autrefois nommé « le pont impossible à construire », le Golden Gate Bridge fut finalement inauguré le 27 mai 1937 après quatre années de construction et de lutte acharnée contre les différents éléments : les vents violents et incessants, les marées dangeureuses, le brouillard marin (corrosif) fréquent. Il est aisément reconnaissable à sa couleur « orange international », choisie pour sa résistance au soleil, aux intempéries et pour sa visibilité dans le brouillard. Chaque semaine, une équipe de peintres en utilise 2 tonnes pour son entretien ! Cette structure à suspension unique de 2737 mètres de longueur totale, est fixée au sol par deux immenses piliers qui culminent à 227 mètres au-dessus des eaux du détroit. Le Golden Gate Bridge figure aujourd’hui parmi les sept merveilles du monde moderne.

Mais quittons l’atmosphère embrumée du Golden Gate Bridge pour partir à la rencontre d’un autre symbole de la ville de San Franscisco, la Transamerica Pyramid, le plus haut gratte-ciel de la ville. Située dans le quartier des affaires au croisement de Colombus Street et de Montgomery Street, cette tour aux formes futuristes d’une hauteur de 260 mètres pour 50 étages (324 mètres en comptant l’antenne) fût construite par William Pereira dans les années 1969-1972. Bien sûr ce bâtiment n’a rien de comparable à la pyramide de Gizeh car elle n’a de pyramidale que son chapeau pointu… turlututu… qui s’illumine la nuit venue: San Francisco s’embrume / Quand San Francisco s’allume / San Francisco, où êtes-vous / Lizard et Luc, Psylvia, attendez moi… (San Francisco – Maxime Le Forestier). Justement, où se trouve donc cette fameuse maison bleue de la chanson ? Serait-elle cachée parmi les célèbres Painted Ladies d’Alamo Square aux 710 à 720 Steiner Street ? Cet alignement de maisons victoriennes, construites entre 1892 et 1896 par Matthew Kavanaugh et peintes de différentes couleurs est qualifié de « paysage de carte postale ». C’est l’un des endroits le plus photographié de San Francisco… alors prenez le temps d’admirer cette magnifique rangée de sept maisons sans oublier de vous balader dans le quartier qui regorge de demeures colorées à l’architecture remarquable. Avez-vous noté la particularité des fenêtres ? Elles sont souvent en avant de la façade des maisons ce qui permettait d’avoir des pièces plus lumineuses à l’époque où les maisons étaient construites en séquoia, un bois très sombre.

San Francisco, Painted Ladies

Autre quartier intéressant pour son architecture, le Civic Center qui accueille les institutions légales et culturelles. On y trouve le superbe City Hall (Hôtel de Ville) avec sa coupole dorée impressionnante, haute de 94 mètres, largement inspirée de celle de la Basilique de Saint-Pierre de Rome. Tournant le dos à la Van Ness Avenue, le City Hall s’ouvre sur un petit square très agréable entouré de nombreux buildings bien alignés : le Symphony Hall, le Herbst Theater, la bibliothèque, un musée … Mais notre Mission de visite touche à sa fin… Si le centre-ville financier et historique de San Francisco offre du panorama, de la montée et descente de nombreuses rues qui ont fait la notoriété de certains feuilletons télévisés, et des maisons colorées à l’architecture remarquable, nous ne pouvions quitter la ville sans visiter Mission District, le premier quartier de San Francisco, un des plus exotiques et bigarrés. Dans ce quartier hispanique, haut en couleurs, impossible de rater Balmy Alley, une petite allée où l’on trouve la plus grande concentration de peintures murales de San Francisco. Il y a tant de fresques murales dans cette petite rue que l’on se sait plus où donner de la tête; les thèmes de ces « Street Arts » sont très variés : résistance indienne, victimes du SIDA, cinéma mexicain, mangas japonais… il en existe pour tous les goûts. Tiens, sympa comme porte de garage ! Ce quartier coloré, artistique, vibrant et toujours en mouvement offre des fresques à chaque coin de rues… Ne manquez surtout pas le Women’s Building, haut de trois étages, représentant des femmes du monde entier (déesses, maternité, portraits etc.). Dans votre chasse au « Street Art », n’hésitez quand même pas à vous arrêter dans l’une des nombreuses taquerias (restaurants de tacos) pour vous régaler. Une petite anecdote pour les francophones mélomanes et pour mettre fin au suspense insoutenable de la chanson, c’est dans ce quartier que se situe la fameuse maison bleue de Maxime Le Forestier, repeinte en bleu récemment et sur laquelle a été apposée une plaque ! Enfin nous ne pouvions décemment pas quitter San Francisco sans visiter son plus vieux bâtiment, Mission Dolorès. C’est à cet endroit que le 9 juin 1776, deux Pères franciscains (Pères Palou et Cambon) venus du Mexique voisin célébrèrent la messe devant une modeste cabane, la Mission Dolorès, cinq jour avant que ne soit signée la Déclaration d’Indépendance. Le lieu reçoit le nom de San Francisco en l’honneur de saint François d’Assise, fondateur de l’ordre des franciscains. Ainsi naît la métropole que l’on connaît aujourd’hui… Les murs en adobe d’un mètre vingt d’épaisseur ont permis à ce bâtiment de résister au tremblement de terre de 1906. Les poutres en bois de séquoia qui soutiennent le toit sont d’origine et sont maintenues par des lanières de cuir. Le plafond est décoré d’anciens motifs indiens Ohlone et les colonnes qui semblent être faites de marbre, sont en réalité en bois. Quant à la basilique voisine (à sa droite) qui ressemble à une église mexicaine avec ses ornementations baroque, elle a été détruite en 1906 suite au tremblement de terre avant d’être reconstruite en 1918.

Mais il est grand temps de quitter la ville et les brumes de San Francisco et de partir à la rencontre de l’Océan Pacifique via la 17-mile Drive… On the road again, again (On the road again – Bernard Lavilliers) !


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