5
(2)

Du Sahara du « Petit Prince » aux abysses polaires du Grand Arctique, du Chili à la Californie, de la Jordanie à la Namibie, de l’Australie à la Bolivie, le désert s’étend aux quatre coins du globe et presque partout il gagne du terrain, notamment en raison du réchauffement climatique. Aujourd’hui, presque un tiers de la surface émergée de notre planète bleue, soit environ 50 millions de km2ou l’équivalent du continent asiatique, est recouverte de désert de sable, de pierre, de sel ou glace selon les continents, les latitudes et les longitudes.

« J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence. »
(Antoine de Saint-Exupéry)

Dans l’inconscient collectif, le désert nous renvoie l’image d’une étendue brûlante, exposée en permanence à un soleil de plomb et recouverte d’épaisses couches de sable où la végétation a toutes les difficultés du monde à survivre. Cette image est un peu réductrice tant la diversité des déserts est infinie: brûlants (Désert Lybique) ou glacés (Antarctique), extraordinaires par leurs couleurs (le Namib ou White Sands), arborant des pierres sculptées par le vent (Wadi Rum), les déserts affichent superbement leur différence ! Mais qu’est-ce qu’un désert alors ? Le mot désert est dérivé du latin « desertum » qui désigne un lieu vaste, abandonné, livré à la solitude… Les écosystèmes désertiques se caractérisent par la rareté de leurs précipitations. Parmi les déserts hyperarides ou déserts absolus (moins de 50 mm de précipitations par an) on trouve le Sahara et le désert de l’Atacama. Les rosées matinales, constituent bien souvent l’unique ressource en eau de surface pour la biodiversité. La faune et la flore y sont rares. Les plantes sont la plupart du temps grasses ou succulentes et les animaux sont constitués d’insectes, de reptiles, de rongeurs et de quelques oiseaux nocturnes.

« Parler du désert, ne serait-ce pas, d’abord, se taire, comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages, mais de notre silence ? »
(Théodore Monod)

Fascination et sentiment d’isolement, silence et plénitude: faire un voyage dans le désert constitue une expérience en soi, unique et inoubliable. Au-delà de ses caractéristiques géologiques, chaque désert vous ouvre les portes d’une culture et d’un mode de vie qui lui sont propres… Nous vous invitons à découvrir les multiples visages du désert à travers cette sélection de nos endroits préférés sur les quatre continents: immensités de sable, paysages rocheux, vastes étendues caillouteuses, plateaux ou encore grands lacs salés. Êtes-vous prêt pour cette traversée du désert ?

 

Les déserts de sable: un océan de vagues immobiles ou presque…

Les déserts de sable, ce sont des dunes vertigineuses qui se métamorphosent au gré des vents, des crêtes qui filent à l’infini et une féerie de couleurs qui changent au fil de la journée. Ici, le vent ride les dunes telle la houle sur le sable et le soleil fait de même sur la peau des Bédouins. Après le passage du vent, les dunes chantent parfois. Quelques dizaines de dunes dans le monde sont connues pour être des dunes chantantes. Ce phénomène serait dû à la forme des grains de sable, particulièrement homogène, qui leur permettraient de dévaler les pentes en parfaite synchronisation. Le son peut atteindre 110 décibels soit autant que la musique d’une salle de concert !

 

Le Désert d’Arabie: sur les traces de Lawrence d’Arabie

Deuxième plus grand désert de sable du monde après le Sahara (9 millions km2), le désert d’Arabie (2 330 000 km2) s’étend sur 9 pays: l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, l’Irak, la Jordanie,  le Koweït, le Qatar, les Émirats Arabes Unis, le Sultanat d’Oman et le Yémen. C’est dans cet océan de sable cerné de montagnes entre Afrique et Asie que s’est jouée la célèbre épopée d’un lieutenant anglais nommé T.E Lawrence…

Aux premières heures du jour, le désert du Wahiba Sands s’illumine: les dunes se colorent de dégradés d’orange.

Les sables de Wahiba (ou Ramlat al-Wahiba), situés dans le Sultanat d’Oman, forment un océan de sable isolé en bordure de la côte est sur une superficie d’environ 12 500 km2. Avec ses dunes aux dégradés d’ocre et de rouge qui peuvent atteindre jusqu’à 250 mètres de hauteur et ses djebels escarpés, le désert omanais se distingue surtout par sa situation méridionale ouverte sur la mer d’Arabie. Dans cette grande étendue de sable, les températures oscillent de -10°C à +60°C en fonction des saisons. À la nuit tombée, le fabuleux ciel étoilé et le silence quasi mystique qui s’installent, procurent un sentiment de sérénité à nul autre pareil. Et les levers et couchers de soleil comptent certainement parmi les plus beaux de la planète !

Le désert du Wadi Rum offre des paysages à couper le souffle, avec son sable rouge, ses falaises gigantesques et ses dunes orangées.

Situé au sud de la Jordanie, le désert du Wadi Rum est le territoire de la tribu bédouine des Zalabiah. Ce trésor désertique a été inscrit par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’humanité en 2011. Aujourd’hui encore, Lawrence d’Arabie, de son vrai nom Thomas Edward Lawrence, alimente l’imaginaire du Wadi Rum, plus d’un siècle après son épopée. Votre visite passera forcément par la source de Lawrence, camp de base de l’équipe du tournage du film puis la maison de Lawrence, aux alentours de laquelle furent tournés les plans larges les plus célèbres du film « Lawrence d’Arabie ». Après avoir marché sur les traces de Lawrence ou de Rey (héroïne de Star Wars), vous pourrez pleinement apprécier les dunes de sable rouge, le labyrinthe de falaises sculptées par les éléments, les arches de pierre, les étroits canyons et même les nombreux pétroglyphes. Au crépuscule, les montagnes de grès, déjà rouge au naturel, semblent s’enflammer. Ce spectacle magique se prolonge en soirée autour d’un feu de camp où l’on déguste du thé à la sauge (le whisky des Bédouins parait-il) au son de la rababa.

 

Le Désert de Kalahari: le territoire des Bochimen (ou Sans)

Pays du peuple des Sans (Bochimen), le désert de Kalahari ou Kgalagadi est une immense étendue semi-désertique de 900 000 km2entre le Botswana, la Namibie et l’Afrique du Sud. Lui aussi à son film culte: « Les dieux sont tombés sur la tête ». Vous vous souvenez sûrement de cette scène où une bouteille de Coca-Cola est négligemment jetée d’un avion et atterrit dans le Kalahari ! Les Bushmen sont fascinés par ce cadeau des dieux qui leur permet d’écraser leurs aliments, de travailler leurs peaux et de faire de la musique jusqu’à ce que celui-ci devenu objet de convoitise, sème la zizanie dans la tribu.

Dans les immenses étendues de sable ocre du désert du Kalahari dans lesquelles, on peut avoir la surprise de se retrouver nez à bec avec un émeu !

Le nom de Kalahari se traduit en langue tswana par « la grande soif » ou « lieu sans eau ». Bien qu’il ait un climat désertique, le Kalahari n’est pas vraiment un désert: c’est plutôt une gigantesque plaine sablonneuse avec des chutes de pluies et de la végétation dense par endroits, mais sans eau en surface, ni dans la terre. Toute pluie se draine immédiatement dans les sables profonds, ne laissant au sol aucune humidité. Cependant, les précipitations assez régulières qui se produisent chaque année, permettent à un très grand nombre de mammifères, oiseaux dont des émeus, reptiles et amphibiens, plantes et insectes de prospérer. Mais le roi du Kalahari est incontestablement le lion, qui est, ici, plus grand, plus puissant, plus majestueux que nulle part ailleurs !

 

L’ancestral désert du Namib: le plus vieux désert de la planète Terre

Situé au sud-ouest de la Namibie, le désert du Namib s’étire à perte de vue le long de l’océan atlantique sur plus de 2 000 kilomètres sur une largeur oscillant entre 50 et 160 kilomètres. Inscrit depuis 2013 au patrimoine mondial de l’UNESCO, le désert du Namib est un vieillard puisque les scientifiques lui estiment l’âge avancé de 80 millions d’années…

« Le désert c’était l’infini mis à la portée des hommes. »
(Le sang du temps – Maxime Chattam)

Les étendues de sable infinies du désert du Namib s'étalent sous nos yeux ébahis et nous nous sentons libres comme des oiseaux au-dessus de ces dunes enchanteresses.

Les 81 000 km² de dunes du Namib figurent parmi les plus hautes du monde (plus de 300 mètres de hauteur) et sa palette de couleurs varie du rose à l’orange vif. Ces dunes vertigineuses se métamorphosent au gré des vents dominants, les crêtes filent à l’infini et une féerie de couleurs assure le show au fil de la journée. Enfin, le désert du Namib figure parmi les plus arides au monde. Il n’y pleut presque jamais, ce qui rend les conditions de vie ou de survie très difficiles. Un courant d’eau froid (le courant de Benguela), qui remonte le long des côtes, empêche les nuages de pluie de se former. D’où une aridité presque absolue…

 

White Sands: la beauté des dunes de sable blanc

Situé dans le bassin de Tularosa au Nouveau-Mexique, le parc national de White Sands aux Etats-Unis, est le plus vaste désert de gypse du monde. Les 800 km2 de dunes blanches comme neige, parsemées de yuccas verts, contrastent avec le bleu du ciel. En raison de sa couleur blanche, le sable n’est pas chaud, même en plein été. Vous pouvez donc essayer de marcher pieds nus… mais attention aux coups de soleil ! Le parc national propose 5 randonnées différentes dont l’Alkali Flat Trail (une boucle de 8 kilomètres) où l’on se retrouve seul au milieu des dunes. Ces dunes changent constamment sous l’effet du vent: elles grandissent puis s’abaissent mais progressent toujours lentement et implacablement. Quatre genre de dunes peuvent être observées dans le parc national: les dunes en dôme, les dunes «Barchan », les dunes transversales et les dunes paraboliques.

A White Sands, les dunes blanches comme neige, parsemées de yuccas verts, contrastent avec le bleu du ciel.

 

Les déserts de pierre:  une étendue désertique de formations rocheuses

Le désert de pierre est le type de paysage désertique le plus répandu: il est constitué de larges étendues de graviers et de rochers arrondis par l’érosion éolienne. Très peu de végétation y survit…

« Dieu créa le désert, puis furieux il lui jeta des pierres. »
(Proverbe Arabe)

 

Le désert du Grand Bassin: le plus grand désert d’Amérique du Nord

Situé dans l’ouest des États-Unis, le désert Grand Bassin couvre une superficie de 518 000 Km2 couvrant une bonne partie du Nevadaet de l’ouest de l’Utah, ainsi qu’une petite partie du sud de l’Idaho, de l’est de la Californie et du sud de l’Oregon. Il est classé comme un désert froid, sa hauteur variant de 1200 à 3000 mètres d’altitude. Le Grand Bassin inclut aussi le désert des Mojaves (40 000 km2) avec ses paysages montagneux entrecoupés de larges plaines rocailleuses qui regroupe 4 parcs nationaux les plus réputés de l’Ouest des États-Unis: la Vallée de la Mort, le Grand Canyon, Zion et Joshua Tree. L’un des points les plus chauds de ce désert est bien sûr « La Vallée de la Mort » avec ses dunes de sable, ses célèbres Zabriskie point et Devil’s Golf course (Le terrain de golf du diable) où les cristaux en formation forment un paysage inhospitalier,

Dans la Vallée de la Mort Zabriskie Point offre une vue sur un paysage multicolore, rayé de jaune, de beige et de blanc crème en raison de la présence de différents minerais.

Faisant aussi partie du Grand Bassin et situé dans le désert de la Sierra Nevada en Californie, Mono Lake offre d’envoûtantes formations calcaires vieilles d’environ 13 000 ans. Les fameuses tufas (prononcer « toofah ») ressemblant à d’étranges silhouettes tordues surgissant des eaux. Mono Lake est 2,5 fois plus salé que l’océan, mais aussi bien plus alcalin. L’écrivain Mark Twain l’avait qualifié de « Mer Morte de l’Ouest ».

Mono Lake est un lac salé situé dans le désert de la Sierra Nevada en Californie, connu pour ses célèbres formations calcaires appelées tufs ou Tufa.

 

Le désert des Pinacles: une armée de pierres dans le désert

Le désert des Pinacles (Pinnacles Desert), situé au sud-ouest de l’Australie, est parsemé de formations calcaires à l’allure étrange qui font penser à des menhirs naturels. Ces concrétions calcaires, qui se dressent jusqu’à une hauteur de 4 mètres, datent de 30 000 ans, selon les géologues. La formation de ces pénitents de pierre reste débattue par les scientifiques mais la théorie la plus communément admise est qu’il s’agit d’une accumulation de coquilles d’animaux marins. Ce seraient des milliers de coquillages qui auraient constitué l’étonnante matière première de ces rocs sculptés petit à petit par l’érosion, leur donnant à chacun une forme singulière. Chaque pinacle est unique et chaque moment de la journée dévoile un nouvel aspect de leurs personnalités. Pour mieux apprécier la richesse de l’endroit, il faut revenir le visiter à toute heure de la journée…

Situé au cœur du parc national de Nambung, le désert des Pinacles est l’un des paysages les plus étrange de l’Australie, avec des milliers de piliers de calcaire qui surgissent du sol dont les plus hauts peuvent atteindre quatre mètres.

Pour les populations indigènes, les Nyungar, l’endroit est un lieu sacré. Selon la légende, cet endroit était réservé aux femmes qui venaient y enfanter. Un jour de jeunes hommes auraient transgressé l’interdiction et auraient été punis par les Dieux: ils auraient été ensevelis vivants jusqu’à devenir ces pinacles de pierres.

 

Le Grand Désert de Victoria: le plus grand désert d’Australie

Le Grand désert de Victoria est une étendue désertique de 424 000 km2, soit 5% du pays, à cheval sur l’Australie occidentale et l’Australie méridionale. C’est l’explorateur Ernest Giles qui baptisa cette région en 1875 en l’honneur de la reine Victoria. Le Grand désert de Victoria se compose principalement de plaines pierreuses et sableuses avec de nombreuses espèces d’arbustes et d’autres plantes, de petites dunes de couleur ocre de 5 à 20 mètres de hauteur et de lacs salés. C’est l’un des meilleurs endroits pour voir le diable épineux (Moloch horridus), une espèce de lézard endémique au désert australien. Mais le Grand désert de Victoria abrite aussi une centaine d’espèces de geckos, de scinques, de serpents et de varans.

Le Grand désert de Victoria se compose principalement de plaines pierreuses et sableuses, couleur ocre, avec de nombreuses espèces d'arbustes et d'autres plantes.

 

Le Désert d’Atacama: le désert le plus aride du monde

Situé au Chili, le désert d’Atacama logé entre l’océan et la Cordillère des Andes, est considéré comme l’une des régions les plus arides de la planète. C’est un plateau rocheux stérile de plaines salines, sable et volcans actifs. Certaines zones de l’Atacama sont considérées comme des « déserts absolus », d’autres sont plus hospitalières.

Depuis le sommet de La Duna Mayor, cette dune grise et ocre du désert d’Atacama, on a une vue sublime sur la Vallée de la Lune et notamment sur El Anfiteatro.

Lagunes bleutées, geysers, végétation jaunâtre, immenses étendues rocheuses, terres craquelées par la chaleur, volcans frôlant les 6 000 mètres d’altitude, le désert d’Atacama concentre une grande variété de paysages. Dans la Vallée de la Lune située à 2400 mètres d’altitude, c’est un paysage lunaire qui attend le visiteur avec des dunes ciselées par le vent et d’étranges formations rocheuses. Des canyons, des crêtes pointues et des rivières de sel s’étendent à perte de vue. Les minéraux en abondance apportent aux rochers une palette de couleurs incroyable.

 

Le désert de Siloli: un hommage à Salvador Dalí

Culminant à près de 5 000 mètres d’altitude au cœur du Sud-Lipez en Bolivie, le désert de Siloli enchante les voyageurs par son décor surréaliste qui semble tout droit sorti de l’imagination de Salvador Dalí ! Profitez du silence envoûtant de ce désert dont les couleurs varient du rouge au marron et qui est peuplé de sculptures naturelles étranges. En plein désert de Siloli, se dresse l’Árbol de Piedra, une extraordinaire formation rocheuse d’arbre en pierre. Ce monument naturel ciselé durant des milliers d’années par les vents, s’élève à près de 5 mètres de haut.

Au cœur du Sud-Lipez en Bolivie, le désert de Siloli offre des couleurs qui varient du rouge au marron évoquant un décor surréaliste tout droit sorti de l'imagination de Salvador Dalí !

 

Les déserts de sel: mettez un grain de sel dans vos voyages…

On les appelle « salars » en Amérique du Sud ou « pans » en Afrique. Les déserts de sel sont des lacs qui se sont évaporés pour ne laisser que les sédiments salés (chlorures, sulfates, nitrates, borates, etc.). Ils sont fréquents dans les milieux arides où les étendues d’eau ne résistent pas longtemps à une forte évaporation. Cette évaporation intense concentre tous les minéraux venus du sol, et en premier lieu, le sel, qui forme une croûte épaisse parfois de plusieurs mètres.

 

Le Salar d’Uyuni: le plus vaste désert de sel au monde

Avec une superficie de quelque 10 580 km2, le Salar d’Uyuni, aussi appelé Salar de Tunupa (dans la tradition aymara), est le plus vaste désert de sel du monde. Perché à 3 650 mètres d’altitude, il se niche au cœur des hauts plateaux boliviens au milieu des volcans millénaires. Il s’est formé il y a environ 10 000 ans, par l’assèchement progressif du Lago Minchin, un lac préhistorique géant. La croûte de sel varie de 2 à 120 mètres d’épaisseur. On extrait ce sel à raison de 25 000 tonnes par an mais pas seulement. Le lac renferme aussi du bore et d’autres éléments comme le lithium très recherché. Il y a sûrement un peu de cette grande étendue de sel dans votre ordinateur portable ou votre smartphone… car le Salar de Uyuni regroupe un tiers des réserves de lithium exploitables de la planète !

Le Salar d’Uyuni est une immensité blanche, plate jusqu’à la ligne d’horizon où l’on aperçoit la courbe des volcans. Les formations de sel ont cristallisé pour créer une fresque géométrique de toute beauté.

Les formations salines sont toujours fascinantes car elles sont une manifestation d’ordre et de géométrie régulière au sein même de la nature. Ces quasi-hexagones, qui structurent la surface des lacs salés créent une sorte de « Land Art » spontané mieux que ne l’aurait fait aucun artiste.

Dans l’immensité blanche du Salar d’Uyuni, quelques îlots volcaniques, hérissés de cactus millénaires de 10 mètres de haut, comme la Isla del Pescado.

En plein milieu du Salar d’Uyuni se trouve l’île d’Incahuasi, surnommée la « Isla del pescado » (l’île du poisson), composée de roches calcaires. On y découvre même des restes de coraux et de coquillages. L’endroit est couvert de cactus géants, qui grandissent d’un centimètre par an. Certains dépassent les dix mètres !

 

Le lac Eyre: un lac salé géant au cœur de l’Australie

Occupant une surface de plus de 9000 km², le lac Eyre – ou Kati Thanda, comme il est connu des populations locales aborigènes, semble surgir tel un mirage au milieu du désert australien. Le lac Eyre a été aperçu pour la première fois par un Européen en 1840: l’explorateur britannique Edward John Eyre qui lui a donné son nom. Situé à 13 mètres en dessous du niveau de la mer, il y tombe moins de 125 millimètres d’eau par an… La plupart du temps, on ne voit que du sel à perte de vue: un immense plateau monotone et blanc sous un ciel tout aussi infini et souvent bleu ! Le lac offre de vastes surfaces plates et dures comme du béton. C’est ici que Donald Campbell et son Bluebird CN7 ont atteint la vitesse de 648,72 km/h…

Situé à 13 mètres en dessous du niveau de la mer, le lac Eyre en Australie, est un immense plateau de sel monotone et blanc sous un ciel tout aussi infini et souvent bleu.

Ici subsistent certaines des dernières sources artésiennes qui jaillissent au sommet d’un petit monticule: les Mound Springs. Les précipitations de sels et de minéraux, ainsi que l’érosion des sables et des argiles du pays environnant, ont créé ces monticules en forme de dôme. Ce sont de véritables curiosités dans cette immensité blanche et saline… De petits étangs d’environ 2 mètres de diamètre, entourés d’une couronne de végétation où l’eau sort par résurgence … totalement surréaliste !

 

Le Pan d’Etosha: un immense lac asséché dans le parc national d’Etosha

Couvrant environ 4800 km ², soit près d’un quart du parc national d’Etosha, le pan d’Etosha est un vaste lac asséché recouvert de sel en Namibie. Le pan d’Etosha et sa région furent découverts par les explorateurs suédois Charles Andersson et britannique Francis Galton en 1851 accompagnés de membres de la tribu Ovambo. Dans le langage de la tribu Ovambo, « Etosha » signifie « grand endroit blanc ». Durant la saison des pluies, le pan se remplit d’eau, créant ainsi une oasis verdoyante qui attire les flamants roses et les grues couronnées. Pendant la saison sèche, le soleil se reflète sur les monticules d’argile et de sel, créant de nombreux mirages et un décor surréaliste.

Situé dans le parc national d’Etosha en Namibie, le pan d’Etosha est un vaste lac asséché recouvert de sel. Pendant la saison sèche, le soleil se reflète sur les monticules d’argile et de sel, créant de nombreux mirages.

 

Le Grand Lac Salé: le plus grand lac salé du continent nord américain

Profitez d’un passage à Salt Lake City, lors d’un voyage aux Etats-Unis pour découvrir le Grand Lac Salé (Great Salt Lake). Surnommé « la mer Morte américaine », il est le vestige d’un lac préhistorique, le Lake Bonneville. Avec une superficie moyenne de 4400 km2, ce lac endoréique, c’est à dire qu’il ne s’écoule vers aucun océan, est le quatrième plus grand lac salé au monde. Antelope Island, avec une superficie de 109 km2, est la plus grande des dix îles situées dans le Great Salt Lake.

Le Grand Lac Salé (Great Salt Lake) est parfois surnommé « la mer Morte américaine ». Situé au nord-ouest de Salt Lake City, le lac est fréquenté par de de nombreux oiseaux migrateurs.

Le Grand Lac Salé se situe à une altitude de 1280 mètres et son climat est très rude, avec une amplitude des températures pouvant aller de -30 degrés l’hiver à +42 degrés l’été. Pendant l’été 2021, le niveau le plus bas du lac a été atteint. Aux abords du lac, une énorme plage blanche s’étend: il s’agit du fond qui devrait être recouvert d’eau, preuve que le Grand Lac Salé s’évapore peu à peu !

 

Le Salar d’Atacama: le plus grand lac salé du Chili

Le Salar d’Atacama est une immense dépression saline de 3 200 km2 (long de 100 kilomètres pour 80 de large), dominé par les silhouettes de volcan. Les croûtes de sel forment des vaguelettes rugueuses comme pétrifiées et l’épaisseur du sel peut atteindre 1 500 mètres par endroit. Le Salar d’Atacama forment un relief unique qui, sous l’effet des vents de sable, prend des teintes ocre, rose et beige. Le salar abrite aussi de magnifiques lagunes comme la lagune Cejar ou la lagune Tebenquinche, aux eaux salées, limpides et colorées. Ces lagunes offrent un spectacle inoubliable lorsque les volcans et le ciel s’y reflètent ou que des flamants roses s’invitent dans ce décor totalement irréel.

Le Salar d’Atacama abrite de magnifiques lagunes qui offrent un spectacle inoubliable lorsque les volcans et le ciel s’y reflètent et que des flamants roses s’invitent dans le décor.

 

Découvrez mes autres articles consacrés aux beautés minérales de notre belle planète !

  •         Article à venir

 

 

Si vous aimez cet article, n’hésitez pas à le partager et à l’épingler sur Pinterest !
 

Quelle a été l'utilité de cet article ?

Cliquez sur les étoiles pour l'évaluer !